Et si on parlait de John WARE?

John Ware, ancien esclave devenu cow-boy légendaire, a marqué l’histoire de l’Alberta par sa résilience, son expertise du bétail et son intégrité. Un héros méconnu à (re)découvrir.

🐎 John Ware : le cow-boy noir qui a marqué l’histoire de l’Alberta

John Ware, figure légendaire de l’Ouest canadien, est un pionnier noir dont le parcours force l’admiration. Son lieu de naissance fait l’objet de versions divergentes. Certains affirment qu’il serait né esclave en Caroline du Sud entre 1845 et 1850. Cependant sur son certificat de mariage, John lui même a indiqué être né dans le Tennessee. Il a grandi dans un contexte difficile. Après la guerre de Sécession, il devient un homme libre, en 1865. Ayant acquis des compétences en tant que cowboy au Texas, il décide de se diriger vers le nord avec des troupeaux de bétail 🐄.

Une arrivée marquante au Canada

En 1882, il est arrive au Canada, dans le district de l’Alberta, avec une équipe et un troupeau comptant des milliers de bovins, ils ont pour destination le Bar U ranch (article à venir sur ce site historique). Il y gère des troupeaux pour des grandes entreprises, et il a rapidement acquis une réputation pour son expertise en matière de bétail et son travail acharné 💪. En 1888, il finit par établir son propre ranch dans le secteur de Sheep creek, près des installations de Quorn et devient, à force de travail, un éleveur prospère, propriétaire de plus d’une centaine de bovins.

Pourquoi est-il populaire ?

John Ware était respecté pour ses compétences exceptionnelles en tant que cowboy et éleveur. Il était connu pour sa force, son courage et son intégrité. Malgré les préjugés raciaux de l’époque, il a gagné le respect de ses pairs et est devenu une figure respectée dans la communauté du ranch et des éleveurs. Son histoire est une histoire de persévérance et de réussite face à l’adversité.

Sa vie personnelle

John Ware a épousé Mildred Lewis, une institutrice afro-canadienne, née en Ontario. Leur union a été célebrée en 1892 à Millarville en Alberta, Ensemble, ils ont eu sept enfants dont cinq qui survivront à l’âge adulte. La famille a connu des épreuves, notamment lorsque leur maison a été emportée par une inondation en 1902, mais a continué à bâtir une vie solide dans les Prairies canadiennes. Mildred a soutenu son mari dans le développement de leur exploitation, notamment en tenant la comptabilité de l’exploitation, car elle savait lire et écrire, à la différence de son époux. En tant qu’ancienne enseignante Mildred apprit à lire et à écrire à ses enfants. Elle mourut à l’âge de 34 ans (seulement) emportée par une pneumonie. John ne lui survécut que 5 mois. Leurs enfants furent élevés par leur grand mère à la disparition des parents.

Passage à la postérité

L’histoire de John Ware a été transmise de génération en génération, et il est devenu une légende dans l’Ouest canadien. Son histoire a été racontée dans des livres 📚, des films 🎬 et des documentaires, et il est devenu un symbole de la diversité et de la résilience.

En 2022, John Ware a été officiellement désigné personnage historique national par le gouvernement du Canada 🇨🇦.

Fin de vie

John Ware est décédé tragiquement en 1905 lorsqu’un de ses chevaux a trébuché dans un terrier de blaireau, le faisant tomber. Il repose aujourd’hui au cimetière de Millarville, au sud-ouest de Calgary. Sa tombe est un lieu de mémoire toujours visité.

Son importance en Alberta

John Ware a contribué de manière significative à l’industrie du ranch en Alberta, et il a aidé à établir les bases de l’économie de la province. Il a également joué un rôle important dans le développement de la communauté de Calgary 🏙️, et il était connu pour sa générosité et son esprit communautaire.

Des bâtiments, des rues et des prix portent son nom

Plusieurs lieux et institutions en Alberta portent son nom, notamment le Mont Ware et le Ware Creek Trail dans la région de Kananaskis. À Calgary, on trouve le John Ware Building qui accueille le SAIT (Université Technique du Sud de l’Alberta) Il existe également un Prix John Ware, qui récompense les contributions significatives à la communauté.

Influence sur les techniques d’élevage

John Ware était connu pour ses compétences exceptionnelles en matière de bétail, et il a développé des techniques innovantes pour gérer les troupeaux. Il prônait un traitement humain des animaux 🐂 et a contribué à faire évoluer les pratiques d’élevage vers plus de durabilité et de respect.

Des relations marquées par le respect

John Ware a vécu et travaillé sur des terres traditionnelles autochtones, et il est reconnu pour avoir entretenu des relations respectueuses avec les peuples autochtones de la région 🌍. Son habileté avec le bétail et son intégrité lui ont valu le respect de tous ceux qui le connaissaient. Les Blackfoot lui avaient donné le surnom de « Matoxy Sex Apee Quin » qui se traduit en anglais par « bad black white man ». Ce nom exprimait à la fois sa différence visible, sa position singulière dans un monde dominé par les colons, et le respect qu’il inspirait par sa force et son courage. Ici le bad est à comprendre comme « impressionnant, redoutable »; il était un homme noir, mais exerçant une activité d’homme blanc.

Héritage partagé

L’histoire de John Ware est un rappel que l’histoire de l’Ouest canadien est une histoire partagée, façonnée par les contributions de personnes de diverses origines. Son parcours souligne l’importance de la diversité dans la construction de l’identité albertaine.

Ressources pour aller plus loin

  • 🎬 Documentaire à voir : John Ware Reclaimed (CBC, 2020), réalisé par Cheryl Foggo
  • 📖 Lecture recommandée : John Ware de Grant MacEwan
  • 📚 Version jeunesse : How John Ware Saved the Cattle Drive de J. Patrick Lewis

« L’histoire de John Ware nous rappelle que l’Ouest n’a jamais été blanc uniquement. Il a été noir, autochtone, métis, et courageux. »
Cheryl Foggo