Stampede Bowl : quand Calgary transforme un match de football en célébration albertaine

Découvrez le Stampede Bowl à Calgary : un match des Stampeders où football canadien, chevaux, cowbells, traditions albertaises et ambiance familiale se rencontrent.

À la télévision, on voit probablement un match de football canadien. Depuis les tribunes du McMahon Stadium, l’expérience est plus riche. Elle est dans le bruit des cloches qui s’élève après un touchdown. Dans les drapeaux rouges qui surgissent devant les gradins. Dans les papas, les grands-pères et les enfants qui agitent des pompons sans se poser de questions. Dans cette cavalière qui traverse le terrain au galop, bannière des Stampeders au vent, pendant que les feux d’artifice éclatent derrière elle.

Bienvenue au Stampede Bowl.

Ce match est encore une tradition toute jeune. La première édition a eu lieu en juillet 2025. Cette année marquait donc seulement la deuxième édition du Stampede Bowl. L’an dernier, nous y étions déjà, sans vraiment comprendre que Calgary était peut-être en train d’installer un nouveau rendez-vous annuel. Cette fois, le message était plus clair : ce n’est pas un simple match placé avant le Stampede. C’est une manière d’ouvrir la saison du Stampede à la façon de Calgary. Cette année les adversaires/invités étaient les Argonautes de Toronto.

Un match de football, oui. Mais pas seulement.

Le Stampede Bowl n’est pas intéressant parce qu’il permettrait de raconter les règles du football américain. D’autres, spécialistes de ce sport, le feraient mieux que moi. Ce qui m’a frappée, c’est plutôt la façon dont le match absorbe les codes de la ville et de la province.

À Calgary, le football ne se contente pas d’être du football. Il emprunte au monde du ranch, au Stampede, à la culture western, à l’esprit de communauté et à cette façon très nord-américaine de transformer un événement sportif en fête populaire et en spectacle. Le résultat est étonnant, mais jamais dissonant. Ce n’est pas une caricature de cowboys posée sur un match. C’est plus subtil que cela. Tout semble venir naturellement : les chapeaux, les chevaux, les cloches, les drapeaux, la musique, les familles, les bénévoles, les supporters en rouge. On est dans un stade, mais Calgary parle son langage.

McMahon Stadium, un lieu qui a déjà son histoire

Le match se déroule au McMahon Stadium, un stade qui fait partie de l’histoire sportive de Calgary. C’est ici qu’a eu lieu la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de 1988. Rien que cela donne au lieu une place particulière dans l’imaginaire de la ville. On y voit encore la torche olympique d’ailleurs. Aujourd’hui, le stade est la maison des Calgary Stampeders, mais aussi celle de l’équipe de football de l’Université de Calgary (U of C comme on l’appelle ici), les UCalgary Dinos, reconnaissables à leur symbole de taureau furieux avec son anneau dans les naseaux.

Ce n’est pas un stade ultra-moderne comme ceux que l’on associe parfois à la NFL. Il a quelque chose de plus simple, plus petit, de plus direct. Les gradins sont rouges et bleus, les structures sont visibles, le public est proche du terrain. On sent que le lieu appartient aux habitués autant qu’à l’équipe. J’ai aussi remarqué un détail important : une loge entière est réservée aux personnes à mobilité réduite, très bien placée, avec une vraie visibilité sur le terrain. Pas reléguée dans un coin. Pas traitée comme une option. Intégrée au stade.

Le match commence avant le match : le tailgating

Avant même d’entrer dans le stade, l’ambiance est déjà lancée sur le parking. C’est le principe du tailgating, cette tradition nord-américaine qui consiste à s’installer près de son véhicule avant le match. On arrive avec son truck, on ouvre le coffre, on sort de quoi manger, parfois un barbecue, des boissons, des chaises pliantes. On discute, on grignote, on se met en condition. Le match n’est pas seulement ce qui se passe entre le coup d’envoi et le coup de sifflet final. C’est une sortie complète. Et là encore, cela dit quelque chose de la culture locale : on ne vient pas uniquement consommer un spectacle. On vient prendre sa place dans une ambiance.

Quand un touchdown déclenche un galop

Dans beaucoup de stades, un touchdown déclenche de la musique, des cris, des écrans lumineux. À Calgary, il déclenche aussi le galop d’une cavalière. À chaque touchdown des Stampeders, une cavalière, cheveux au vent, traverse le bord du terrain à toute vitesse avec le drapeau rouge de l’équipe. Les feux d’artifice partent en arrière-plan, les supporters se lèvent, les cloches se mettent à sonner. C’est spectaculaire, mais surtout très cohérent. Le cheval n’est pas un accessoire posé là pour faire couleur locale. Il est au cœur de l’imaginaire du Stampede, de l’histoire ranch de l’Alberta, du nom même des Stampeders.

Ce moment résume presque tout : le sport professionnel, la culture western, l’identité albertaine et le sens du spectacle réunis en quelques secondes.

Les cowbells : le bruit de Calgary

Dans les gradins, on n’entend pas seulement des applaudissements. On entend aussi des cloches. Des cowbells. Des vraies petites cloches rouges aux couleurs des Stampeders, que les supporters agitent dès qu’il faut encourager l’équipe ou célébrer une action. Évidemment, nous sommes repartis avec la nôtre. Et je peux dire qu’elle sonne bien et fort! Une cloche rouge, avec le cheval blanc des Stampeders. Pas l’objet le plus discret du monde, mais probablement l’un des souvenirs les plus justes de cette soirée.

Parce qu’au fond, cette cloche raconte mieux l’ambiance qu’un maillot ou une casquette. Elle dit le bruit du stade. Elle dit le côté ranch assumé. Elle dit aussi cette manière très calgarienne de faire la fête sans trop se prendre au sérieux.

Des drapeaux, des pompons et des supporters qui jouent le jeu

À chaque moment fort, les drapeaux surgissent dans les tribunes. De grandes bannières rouges des Stampeders se lèvent devant les supporters. Elles ondulent au-dessus des gradins, pendant que le stade crie et que les cowbells résonnent. Mais l’image qui m’a le plus amusée, ce sont peut-être les pompons. Pas seulement dans les mains des cheerleaders. Dans les mains des enfants, des mères, des pères, des grands-pères, des supporters en maillot et chapeau de cowboy. Tout le monde participe. Personne ne semble se demander si c’est ridicule. C’est précisément ce qui rend l’ambiance attachante.

Il y a une vraie ferveur. De vrais fans. Des maillots portés avec fierté. Des habitués qui connaissent les chants, les moments, les rituels. Et l’atmosphère reste joyeuse, familiale, bon enfant. On n’est pas dans une grosse machine intimidante. On est dans une fête populaire.

La “World’s Fastest Cow” : l’humour local en plein milieu du terrain

À la pause, le stade a droit à une animation très sérieusement baptisée World’s Fastest Cow. Le principe ? Une course contre une personne déguisée en vache. Cette année, le concurrent de la fameuse “vache” était un ancien grand nom du football. Et tout le stade jouait le jeu. Parce qu’ici, faire courir une « vache  » sur un terrain de football pendant le Stampede Bowl n’a rien d’absurde. C’est presque logique. C’est exactement ce type de détail qui ne se transmet pas vraiment à la télévision. Sur un écran, on voit une animation. Dans le stade, on comprend l’esprit : un mélange d’autodérision, de références ranch, de spectacle familial et de plaisir collectif.

Des cheerleaders, une fanfare et un stade qui ne laisse jamais retomber l’énergie

Entre deux actions, les cheerleaders des Stampeders prennent le relais. Portés, acrobaties, pancartes “Make some noise” et “Get loud”, chorégraphies, sourires. Tout est fait pour maintenir l’énergie. Il y a aussi la musique, les écrans géants, les animations avec le public. Et puis il y a le groupe musical du Stampede. Plusieurs fois récompensé au niveau mondial. Je suis une grande admiratrice de leurs performances, il s’agit du Calgray Stempede Showband. Talentueux, précis, très présent. Là encore, on n’est pas seulement dans un match. On est dans une mise en scène complète, où chaque pause devient un prétexte à rappeler que le Stampede approche.

Une cavalière, un drapeau canadien et l’hymne

L’un des moments les plus marquants a eu lieu pendant l’hymne national, en tout début de rencontre. Une cavalière a traversé le stade à toute vitesse avec le drapeau canadien. Le public debout, le grand drapeau sur le terrain, la musique, les chapeaux, le cheval lancé au galop : difficile de faire plus canadien. Et difficile de faire plus albertain. Ce moment aurait pu être trop solennel. Il ne l’était pas. Il était impressionnant, mais simple. Spectaculaire, mais sans lourdeur. À l’image de l’événement.

Une ville qui célèbre aussi ceux qui la font vivre

Le Stampede Bowl ne se limite pas aux joueurs et au spectacle. Au cours du match, deux personnes de la communauté ont été mises à l’honneur sur l’écran géant. L’une est connue comme beer guy pendant les matchs. L’autre, en fauteuil roulant, accueille les spectateurs lors des rencontres. Tous deux vivent avec un handicap. Tous deux font partie de l’expérience du stade. Et ce soir-là, ils ont reçu le White Hat du maire de Calgary, ce chapeau blanc emblématique remis aux personnes qui incarnent l’hospitalité et l’esprit de la ville.

J’ai trouvé ce moment très parlant. Dans un stade, on applaudit évidemment les joueurs. Mais ici, on a aussi pris le temps de célébrer ceux qui rendent le lieu vivant, accueillant, humain. Cela ajoute une autre dimension à l’événement. Le Stampede Bowl ne raconte pas seulement le folklore western. Il raconte aussi une certaine idée de la communauté et du vivre ensemble dans la diversité.

Pas un match comme les autres

Ce soir-là, les Stampeders affrontaient les Argonauts de Toronto. Il y avait un score, des actions, des touchdowns, des supporters attentifs au jeu. Mais pour ma part, ce n’est pas ce que je retiens d’abord. Le Stampede Bowl n’est pas encore une vieille tradition. Il n’en est qu’à sa deuxième édition. Mais justement, c’est ce qui le rend intéressant : on a l’impression d’assister à la naissance d’un rituel.

Un rituel très calgarien. Pas un simple match avant le Stampede.

Une manière de dire que, pendant cette période de l’année, même le football se met à parler le langage de l’Alberta.

Je pensais aller voir un rodéo.

J’ai assisté au First Nations Rodeo & Relay de Calgary. Une soirée où le rodéo rencontre les traditions autochtones, les chevaux, les familles et l’esprit des Prairies.

Il y a des soirées dont on connaît déjà le scénario, ou en tout cas c’est ce que l’on croit. On sait à peu près ce qu’on va voir, ce qu’on va vivre, et ce qu’on va raconter ensuite.

Je pensais que celle-ci en faisait partie. En somme des chevaux. Des cow-boys. Des taureaux. Quelques épreuves de rodéo. Et probablement une ou deux belles photos pour mon fil photos et fin de l’histoire.

Je me suis trompée.


Samedi soir, les gradins du GMC Stadium se remplissent doucement. Autour de moi, beaucoup de chapeaux de cowboys. Des familles. un public varié. Une dame autochtone passe devant nous vêtue d’un magnifique regalia.

À l’entrée, les immenses lettres rouges l’annoncent déjà.

YAHOO.

Pas Yee-haw. Le rodéo de Calagary a pour cri de ralliement Yahoo, les vrais savent.


Puis le spectacle commence. Des personnalités liées à l’organisation du Rodéo prennent la parole et déclarent le rodéo ouvert, à leurs côtés des membres éminents des communautés autochtones. Des chants autochtones résonnent dans le stade.

Les premières épreuves commencent. Le programme annonce du team roping, du saddle bronc, du steer wrestling…

Au fil du spectacle je comprends quelque chose, certains concurrents reviennent. Le même concurrent apparaît en tie-down roping, puis plus tard dans une autre discipline. On découvre donc des athlètes capables d’exceller dans plusieurs spécialités au cours d’une même soirée.


Puis arrive le barrel racing. Je suis sensible aux performances des femmes, surtout dans ce milieu que l’on s’imagine très masculin. J’attendais cette épreuve. Sur l’écran géant, les noms défilent.

Parmi eux :

Quinley Inman.

Je ne sais pas encore qu’elle n’a que dix ans. Dix ans. Elle termine pourtant deuxième de sa série face à des concurrentes bien plus expérimentées. À moins de trois dixièmes de seconde de la première. Pendant quelques secondes, tout le stade oublie son âge. Elle n’est plus « la petite ». Elle est une concurrente et déja une très grande.


Quelques minutes plus tard, un autre nom attire mon attention. Jayce Carlson. Le speaker raconte qu’elle est championne. Puis il ajoute presque en passant qu’elle est aussi survivante d’un cancer du sein. Ce soir-là, les biographies racontent en disent au moins autant que les chronomètres.


Un peu plus tard encore, je remarque Cam Ousley. Puis Dontre’ Goff. Deux cow-boys noirs. Tous deux originaires de l’Oklahoma. L’un est double champion du monde. Hollywood nous a raconté une certaine histoire de l’Ouest. Le stade et la réalité en racontent une autre.


Les représentants des Premières Nations prennent la parole en milieu de soirée. Un discours retentit.

On entend ceci, pendant que des chevaux courent dans l’arène.

« The horse is a relative (le cheval est un parent/un membre de notre famille).

It is a helper (il est une aide).

It reflects the value of generosity. (il incarne la générosité)»

Ces mots m’interpellent Un relative. Pas un partenaire. Pas un outil.

Un parent.

Quelques minutes plus tard, c’est le bison, et nos avons eu la chance d’en voir un dans l’arène; on mesure alors sa force sa taille.

« It gave us the means to live upon this land (il nous a dinné les moyens de vivre sur cette terre).

It is a teacher (il est un enseignant).

Through it, we learn humility. (à travers lui nous apprenons l’humilité)»

Je note les phrases presque mot pour mot dans mon téléphone, tant ils me surprennent et m’émeuvent. J’étais juste venue voir du rodéo. Voilà qu’on me parle de générosité, d’humilité et de respect.


Entre deux compétitions, personne ne quitte vraiment son siège. Il n’y a pas « l’entracte ». À la place, un hoop dancer entre dans l’arène. Les cerceaux deviennent aigle, papillon, serpent. Puis viennent les chanteurs, accompagnés des tambours, ainsi que les danseuses en regalia. Ces prestations ne sont pas un intermède. Elles font partie de la soirée. Au même titre que le rodéo.


Puis arrive la dernière épreuve. On m’avait dit d’attendre le relay race.

Le présentateur explique les règles, mais on se dit qu’à voir en vrai ce sera étonnant. Les avertis sont impatients. Quant à nous, les novices on comprend pourquoi dès le premier changement de cheval. Tout semble partir dans tous les sens. Les chevaux arrivent au galop après un tour d’hippodrome. Les cavaliers sautent à terre. Ils remontent sur une nouvelle monture sans selle ni étriers.

Dans la cacophonie, Un cheval repart tout seul. Un cavalier retombe. Une équipe passe de la première à la dernière place en quelques secondes.

Le stade entier est debout.

C’est un joyeux bazar. Mais un joyeux bazar parfaitement orchestré. Et surtout…On encourage tout le monde. Même les derniers.


Quand les vainqueurs montent sur scène, ils ne repartent pas avec une coupe. Ils repartent avec une immense boucle de ceinture finement ouvragée. Dans le monde du rodéo, c’est bien ça le trophée. C’est un morceau d’histoire que l’on porte à la taille.


En quittant le stade, je repense à cette phrase entendue au tout début.

« Tonight, we honour the spirit of the prairie. (ce soir nous honorons l’esprit des prairies) »

Je crois que c’est précisément ce que j’ai vu. Pas un spectacle folklorique. Pas une carte postale du Far West. Mais une soirée où le sport, les familles, les chevaux, les bisons, les chants, les enfants, les champions, les anciens et les Premières Nations racontent ensemble une histoire des Prairies. Une histoire de cette terre que nous habitons.

Le Stampede ne commence pas en juillet

Bien avant les rodéos et les concerts, Calgary entre doucement dans la saison du Stampede. Retour sur un Stampede Breakfast organisé sur le territoire Tsuut’ina, entre traditions de l’Ouest, bénévolat, Premières Nations et esprit communautaire.

Qui dit: Calgary Stampede, dit dix jours de festivités qui transforment la ville chaque mois de juillet. Les rodéos, les concerts, les chapeaux de cow-boy, la parade d’ouverture et les célèbres pancakes font partie de l’imaginaire collectif.

Pourtant, les Calgariens le savent bien : le Stampede ne commence pas en juillet. Il s’installe progressivement dans la ville dès le mois de juin. Au fil des semaines, les choses vont crescendo. La ville est pavoisée. Les bénévoles reprennent du service, les associations communautaires commencent à communiquer autour de leurs premiers événements, les Miss Stampede multiplient les apparitions publiques et le premier Stampede Breakfast rassemble habitants et visiteurs autour d’une tradition typiquement albertaine.

Après les longs mois d’hiver, c’est aussi le retour de la vie à l’extérieur et d’une forme de vie sociale. Les terrasses se remplissent à nouveau quand le temps le permet. Les familles ressortent. On profite enfin des longues journées ensoleillées qui font tant aimer l’été albertain et le ciel unique de l’Alberta. C’est dans cette atmosphère de renaissance saisonnière que nous avons participé au premier Stampede Breakfast de la saison, organisé sur le territoire de la Nation Tsuut’ina.

Et cette matinée s’est révélée digne d’un article, alors que je ne l’avais pas anticipé du tout.

Bien plus que des pancakes

Participe à un Stampede Breakfast, c’est une démonstration de l’énergie déployée par les bénévoles. Alors que l’événement officiel n’a pas encore commencé, des dizaines de personnes donnent déjà de leur temps pour accueillir les visiteurs, préparer les repas, jouer de la musique, tenir des stands et faire vivre l’esprit du Stampede.

Cette générosité est l’une des choses qui me touchent le plus dans l’Ouest canadien. Tout semble organisé autour de l’idée de rassembler.

Autour de nous, les familles profitaient du soleil, les enfants découvraient les chevaux et notamment les Percherons attiraient les regards, les tours en calèche faisaient le bonheur des plus jeunes et la musique country live résonnait dans l’air, depuis une camion aménagé en scène musicale. On pouvait également découvrir de l’artisanat autochtone, avoir des goodies du Stampede, apprendre à manier le lasso ou encore assister à des démonstrations de danse en ligne

Plus qu’une fête, le Stampede célèbre un héritage. Celui des « ranchers », des éleveurs, des agriculteurs et de tous ceux qui ont contribué à façonner l’Alberta moderne. Ici, le monde de l’Ouest n’est pas un folklore sorti d’un musée. Il fait encore partie du quotidien de nombreuses familles et continue d’influencer profondément l’identité de la province.

Un lieu hautement symbolique

Le choix du lieu n’avait rien d’anodin. Ce premier Stampede Breakfast de la saison se tenait au Seven Chiefs Sportsplex and Jim Starlight Centre, sur le territoire de la Nation Tsuut’ina. C’est à dire sur le territoire d’une réserve autochtone. La présence des deux représentantes du Stampede m’a particulièrement plue: Miss Calgary Stampede et Miss Calgary Stampede First Nations Princess servaient côte à côte le petit-déjeuner aux visiteurs.

L’image était simple, mais forte.

Les Premières Nations sont les premiers habitants de ces terres. Les voir accueillir les visiteurs chez eux à l’occasion de l’un des événements les plus emblématiques de Calgary porte une dimension symbolique évidente. L’esprit de partage est une réalité dans ce sens là. Ce n’est pas seulement une invitation. C’est une participation active à une célébration qui fait aujourd’hui partie de l’identité de toute la région, et à laquelle ils ont été associés dès l’origine il y a plus de 100 ans.

J’ai trouvé beau de voir cette place leur être reconnue, et tout aussi beau de les voir l’occuper avec autant d’hospitalité.

Une surprise inattendue

Là je vais être honnête, j’abordais cette visite au sein d’une réserve avec une certaine réticence. Il y a quelque années, nous nous étions arrêtés dans une autre réserve autochtone en Alberta, pour y faire de l’essence. Je me souviens des bâtiments, des lieux, mais aussi du sentiment qui m’avait habitée en repartant. Nous n’y avons rencontré aucune hostilité.

Au contraire.

Mais j’avais été profondément attristée par l’impression de dénuement, d’isolement et de lourdeur qui se dégageait du lieu. Comme si les personnes que nous croisions portaient un poids invisible. Cette expérience m’avait bouleversé et fendu le cœur. C’est donc avec ce souvenir en tête que je suis arrivée sur le territoire Tsuut’ina. Et quelle différence.

Le mot qui me vient : la dignité

En découvrant le Seven Chiefs Sportsplex, ses installations sportives, ses patinoires, ses salles de conditionnement physique, ses espaces communautaires et les nombreux programmes destinés aux jeunes, j’ai ressenti un immense soulagement. Le bâtiment rend hommage aux chefs historiques de la Nation Tsuut’ina (Les Chefs Crowchild, Starlight, Big Belly; Big Plume…) tout en regardant résolument vers l’avenir .

Des jeunes jouaient au hockey. Des familles profitaient des installations. Des activités communautaires se déroulaient tout autour de nous. En quittant les lieux, je me suis tournée vers mon mari et je lui ai dit : « Quel bonheur de voir ça. »

Le mot qui m’est venu à l’esprit était simple.

La dignité.

Non pas le luxe. La dignité.

Des infrastructures qui permettent à une communauté de se rassembler. Des équipements qui donnent aux jeunes des opportunités. Des espaces dont les habitants peuvent être fiers. Des lieux qui disent à une communauté qu’elle mérite ce qu’il y a de mieux pour ses enfants. C’est exactement ainsi que les choses devraient être.

L’esprit du Stampede

En repartant, je me suis dit que cette matinée résumait finalement assez bien ce que j’apprécie dans le Stampede. Bien sûr, il y a les rodéos, les concerts et les festivités. Mais derrière tout cela, il y a surtout des gens. Des bénévoles qui donnent de leur temps. Des communautés qui ouvrent leurs portes. Des familles qui se retrouvent. Des moments de partage

Le Stampede n’avait pas encore commencé officiellement. Pourtant, son esprit était déjà bien là.

TELUS Spark Science Centre : L’éveil scientifique pour les petits curieux 🧪🚀

Envie d’une aventure scientifique en famille ? Découvrez le TELUS Spark Science Centre à Calgary ! Entre expositions interactives, cinéma immersif à 360°, le robot à sensations ROSIE et un focus fascinant sur les astronautes albertains, c’est le lieu idéal pour éveiller la curiosité des petits et grands. 🧪🚀

Le TELUS Spark Science Centre, c’est un temple du savoir, dédié à la vulgarisation de la science: c’est une aventure immersive où l’apprentissage et l’amusement fusionnent ! 🌍✨ C’est un lieu que nous visitons régulièrement avec ma famille depuis 2021. Ici, on touche, on teste, on manipule et on explore! C’est l’occasion idéale de plonger dans un univers fascinant et d’expérimenter la science de manière ludique, concrète et accessible à tous.

Preuve de sa qualité pédagogique exceptionnelle, le centre est une destination phare pour les sorties scolaires. Voir des groupes d’élèves s’émerveiller devant les concepts scientifiques confirme la pertinence et le sérieux de ce lieu pour susciter les vocations.

🧑‍🔬 Pourquoi les enfants (et les parents !) vont adorer :

  • Expositions interactives : Des experiences grandeur nature pour jouer avec l’électricité, percer les mystères du corps humain ou même simuler un tremblement de terre ! 🤩⚡
  • ROSIE, le grand frisson de l’atrium : Impossible de la rater en arrivant ! Trônant fièrement dans l’atrium, ROSIE est un impressionnant robot doté d’un bras articulé qui se transforme en véritable manège. Sensations fortes garanties dignes d’une fête foraine pour les plus téméraires ! 🎢🤖
  • Ateliers STEM & scientifiques sur place : Le point fort du centre réside dans sa dimension humaine. Des scientifiques passionnés animent des ateliers interactifs directement pour les enfants. Qu’il s’agisse de construire des robots ou de tester des réactions chimiques, vos petits curieux se glissent dans la peau de vrais chercheurs en herbe ! 🧠💡🔬
  • Des invités passionnants (Rangers et experts) : Au-delà des laboratoires, le centre invite régulièrement des acteurs de terrain. Nous avons notamment pu y rencontrer des rangers venus des parcs de la province. Ils expliquent leur travail quotidien avec passion : la préservation des espèces locales, la lutte contre les incendies… Une sensibilisation parfaite à l’écologie ! 🌲🐻
  • Films au Planétarium : Embarquez pour un voyage cosmique inoubliable grâce à un film produit par le planétarium de Saint-Étienne ! Grâce à une technologie de projection ultra-réaliste à 360°, l’illusion est totale : c’est comme si on y était. 🚀🌌
  • Cinéma immersif : Le centre propose des expériences visuelles variées. On trouve une salle de cinéma immersif unique où les films sont projetés sur l’ensemble des murs à 360°. On se retrouve enveloppé par l’image, pour une déconnexion totale durant quelques minutes ! 🚀🌌
  • Aires de jeux sensationnelles : Après avoir bien stimulé leur cerveau, les enfants peuvent se défouler dans Brain Playground, une aire de jeux intérieure aux structures ultra-fun, ou explorer le grand espace extérieur ! 🎈

🚀 L’Alberta, terre de géants de l’espace

Le TELUS Spark est aussi le reflet d’une province profondément tournée vers l’innovation et l’aventure spatiale. Saviez-vous que l’Alberta est une formidable pépinière de scientifiques et d’astronautes ?

Lors de notre passage, l’accent était mis sur des figures inspirantes qui font briller le Canada dans les étoiles :

  • Joshua Kutryk : Cet astronaute albertain s’apprête à décoller dès septembre 2026 pour une mission de 6 mois à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS). Une immense fierté locale !
  • Jeremy Hansen : Figure incontournable de l’espace, il a marqué l’histoire en participant à la mission historique Artemis II autour de la Lune. Tout comme Joshua Kutryk, Jeremy a forgé ses compétences exceptionnelles de pilote de chasse en Alberta, sur la célèbre base militaire de Cold Lake. Une véritable terre de formation pour les héros de l’espace !
  • Jenni Gibbons : Originaire de Calgary même, elle incarne la nouvelle génération de l’Agence spatiale canadienne et montre aux jeunes Calgariens que l’espace est à portée de main.

De quoi donner des étoiles plein les yeux aux enfants et, qui sait, créer de futures vocations d’astronautes !

INFO PRATIQUES 🎟️

  • Tarifs : L’entrée varie selon l’âge et les expositions temporaires.
  • Abonnement annuel : Fortement recommandé et très vite rentabilisé pour les familles locales ou les petits curieux qui ne se lassent jamais d’expérimenter !
  • Adresse : 📍 220 St. George’s Dr NE, Calgary, AB T2E 5T2, Canada

🛍️ Le passage obligé : La boutique de souvenirs (Gift Shop)

Avant de repartir, impossible de ne pas faire un tour par la boutique du centre. C’est une véritable mine d’or pédagogique ! Loin des gadgets futiles, on y trouve une sélection pour prolonger l’expérience à la maison : de peluches d’animaux, des jeux d’expérimentation, ainsi qu’un super rayon librairie. Les enfants y trouveront des ouvrages inspirants, notamment les célèbres livres de la série Ada Twist, la scientifique (parfait pour nourrir l’ambition de nos petits chercheurs !). 📚🧸

👉Si vos enfants sont du genre à poser mille questions sur le monde qui les entoure, le TELUS Spark est LE lieu incontournable à Calgary où ils pourront expérimenter, toucher, et enfin obtenir des réponses… tout en s’amusant ! 😃🔬

 

🎶 Studio Bell à Calgary : là où la musique canadienne prend vie 🎵

Studio Bell, au cœur de Calgary, est bien plus qu’un musée. Ce lieu spectaculaire célèbre la musique canadienne sous toutes ses formes : pop, rock, country, musiques autochtones et classiques. Entre architecture audacieuse, Halls of Fame, instruments, expériences interactives et spectacles vivants, Studio Bell relie le passé et le présent pour rendre la musique accessible, vivante et profondément humaine.

À Calgary, au cœur d’East Village, un bâtiment se détache. Avec ses volumes audacieux, atypiques et son allure sculpturale, le Studio Bell ne ressemble ni à un musée classique, ni à une simple salle de concert. Et c’est précisément ce qui fait toute sa force.

Studio Bell est le siège du National Music Centre (NMC), une institution nationale entièrement consacrée à la musique canadienne 🎼. Ici, la musique est exposée : elle est racontée, expliquée, jouée et vécue. C’est un lieu de transmission autant que de célébration.


🇨🇦 Un projet culturel d’envergure nationale

L’idée de créer un centre national dédié à la musique canadienne naît au début des années 2000. L’ambition est claire : offrir un espace capable de préserver la mémoire musicale du pays tout en la rendant accessible au grand public. Après des années de réflexion, de partenariats publics et privés et d’engagement du milieu artistique, le Studio Bell ouvre officiellement ses portes en 2016.

Ce projet n’est pas le fruit d’une initiative isolée, mais bien d’une vision collective 🤝. Soutenu par la Ville de Calgary et par de nombreux acteurs culturels, le NMC s’inscrit dans une démarche à long terme, fidèle à une certaine idée canadienne de la culture : construire avec le temps, transmettre avec pédagogie et inclure toutes les voix.


🧱 Une architecture qui donne une forme à la musique

L’architecture du Studio Bell est une expérience en soi. Imaginé par le cabinet Allied Works Architecture (en collaboration avec des architectes canadiens), le bâtiment joue sur les volumes, les textures et les hauteurs. Terre cuite, béton et métal se répondent . La complexité de la structure du lieu peut désorienter d’ailleurs, un peu comme à la Fondation Vuitton.


🎓 Pourquoi le Studio Bell existe?

Le Studio Bell n’a jamais été pensé comme un musée figé. Sa vocation est avant tout éducative 📚. Le centre cherche à expliquer la musique sans jamais la rendre élitiste. On y découvre comment fonctionne la voix humaine, ce qui distingue une soprano d’un baryton, comment naît un son, comment il est capté, transformé et diffusé.

Le Studio Bell est aussi un immense travail de mémoire 🗂️ : instruments historiques, partitions, enregistrements rares, technologies anciennes et modernes… Le lieu compile et conserve des trésors musicaux, tout en les replaçant dans leur contexte social et culturel. La musique apparaît alors comme un véritable fil conducteur de l’histoire canadienne.


🌍 La diversité musicale canadienne à l’honneur

L’un des aspects les plus marquants de la visite est la manière dont Studio Bell embrasse toute la diversité musicale du Canada. Aucun genre n’est mis au-dessus des autres. La pop côtoie le rock, la country dialogue avec la chanson francophone, la musique classique trouve sa place aux côtés des musiques autochtones et des scènes contemporaines 🎤🎸🪶.

Cette pluralité reflète parfaitement l’identité canadienne : un pays façonné par les croisements culturels, les langues et les héritages multiples. Ici, la musique devient un langage commun, capable de relier les territoires, les générations et les cultures.


🏆 Rendre hommage aux créateurs : les Halls of Fame

Le Studio Bell abrite notamment le Canadian Songwriters Hall of Fame et le Canadian Country Music Hall of Fame. Ces espaces rendent hommage à celles et ceux qui ont marqué l’histoire musicale du pays, qu’ils soient auteurs, compositeurs ou interprètes 🏅.

On y croise des figures emblématiques comme Shania Twain, Luc Plamondon, Céline Dion, Leonard Cohen ou encore Nickelback 🎶. Ces espaces rappellent une réalité souvent oubliée : derrière chaque succès se trouvent des créateurs dont le travail, parfois discret, mérite reconnaissance et transmission. Et derrière certains succès planétaires se trouvent aussi des artistes canadiens.


🎹 Instruments, inventions et expérience immersive

Au fil de la visite, on découvre des instruments rares, parfois inattendus, ainsi que des inventions canadiennes liées à l’enregistrement et à la diffusion du son 📻. Radios anciennes, consoles, dispositifs expérimentaux : le Studio Bell raconte aussi l’évolution de notre rapport à la musique.

Et surtout, le visiteur n’est jamais passif. Des espaces interactifs permettent de jouer, d’expérimenter, d’entrer dans des cabines d’enregistrement ou encore d’essayer différents instruments. La musique devient alors une expérience concrète, accessible à tous les âges 👧🧑‍🦱.


🎭 Un lieu historique… mais profondément vivant

Ce qui distingue véritablement le Studio Bell, c’est son caractère vivant. Tout au long de l’année, le centre accueille concerts, conférences et performances. Des événements comme Rock the Nation ou des formats pédagogiques autour de l’opéra viennent rappeler que la musique est un art qui se partage 🎟️✨.

Des initiatives portées par des collectifs comme Alberta Vocal Arts contribuent par exemple à rendre l’opéra plus accessible, en expliquant les arias, les voix et les récits, tout en conservant leur puissance émotionnelle 🎼.


🧠 Musique, bien-être et science

L’un des espaces les plus marquants pour moi est celui qui explore le lien entre musique et bien-être 💛. Des pratiques ancestrales des Premières Nations aux recherches contemporaines en neurosciences, le centre montre comment la musique a toujours été utilisée pour apaiser, soigner et rassembler.

Aujourd’hui, ces intuitions sont étudiées de manière scientifique, notamment à travers la musicothérapie. Le Studio Bell établit un pont entre savoirs traditionnels et science moderne, rappelant que la musique est bien plus qu’un divertissement : c’est un outil profondément humain.


🌉 Un pont entre le passé et le présent

Le Studio Bell réussit un bel équilibre : il ne fige pas le passé, mais ne l’oublie jamais. Il célèbre sans nostalgie excessive, explique sans simplifier à outrance et rend hommage sans exclure. En ce sens, il incarne parfaitement une certaine vision canadienne de la culture : inclusive, pédagogique et vivante 🍁.

Visiter le Studio Bell, c’est comprendre que la musique ne se contente pas d’être écoutée. Elle se transmet, se partage et se vit 🎶.


50 ans de passion sur scène : une soirée au StoryBook Theatre de Calgary

Depuis 50 ans, le StoryBook Theatre fait vivre la comédie musicale à Calgary grâce à une troupe passionnée et de nombreux bénévoles. Une belle découverte culturelle.

Nous avons découvert le StoryBook Theatre un peu par hasard, lors de vacances de fin d’année. Nous allions voir Chity, Chity Bang bang. Pour être honnête, nous ne savions pas vraiment ce que nous allions découvrir, car nous connaissions le nom de la pièce mais pas l »histoire, ou les chansons. Nous pensions assister à un spectacle sympathique très confidentiel, loin de nous imaginer que nous allions être aussi impressionnés.

La surprise a été totale.

Depuis cette première soirée, nous y sommes retournés régulièrement. Au fil des saisons, nous avons vu plusieurs productions : Beauty and the Beast, Miracle on 34th Street, School of Rock, Once on This Island, Chicago et d’autres encore. Au total, presque une dizaine de spectacles.

Chaque fois, la même impression revient : derrière ces productions se cache un travail immense et une véritable communauté artistique. A noter que cette année, la troupe célèbre ses 50 ans d’existence.

Une troupe portée par l’engagement et le bénévolat

StoryBook Theatre est une belle incarnation de ce qu’est l’esprit collectif. Bien sûr, il y a les artistes sur scène solistes ou choristes. Mais derrière eux, il y a aussi un grand nombre de bénévoles qui participent à faire vivre chaque production.

Décors, costumes, organisation, accueil du public… une grande partie de ce travail repose sur des personnes qui donnent de leur temps pour que les spectacles existent. On remarque cet engagement lorsque l’on assiste aux représentations. Le théâtre vit grâce à leur engagement et leur présence: de la vente des cookies ou boissons durant les entractes, les validations de billets, les placements dans la salle…Ils sont la colonne vertébrale de ce lieu.

Une programmation très variée

La programmation du StoryBook Theatre est riche et variée. On y retrouve aussi bien des grandes comédies musicales familiales que des classiques de Broadway ou encore des spectacles inspirés d’autres cultures. Par exemple, Once on This Island s’inspire d’un conte populaire caribéen, tandis que d’autres productions comme Chicago, School of Rock ou Beauty and the Beast plongent dans des univers totalement différents. Cette diversité fait partie de l’identité du théâtre et permet d’attirer un public très large.

Des décors ingénieux et un vrai savoir-faire

Le spectacle que nous avons vu dernièrement, Anne of Green Gables (grand classique de la littérature canadienne, adapté en film, en série etc), en est un très bon exemple. La scène initiale représente l’extérieur de la maison aux pignons verts. Puis, en quelques instants, le décor pivote et révèle l’intérieur de la maison de Marilla et Matthew Cuthbert : la cuisine familiale, la table autour de laquelle on se retrouve, l’escalier menant à l’étage et la chambre sous le toit.

Ce système de décor mobile est particulièrement ingénieux et est utilisé pour chacun des productions. Ce qui permet de manière ingénieuse de ne pas être limité par la taille modeste de la scène . La transformation se fait sous les yeux du public, sans interrompre le rythme du spectacle. On ajoute des éléments, on en retire, on pivote, en musique, en chantant; de manière fluide.

Ce genre de réalisation demande évidemment un vrai savoir-faire. Le théâtre peut notamment compter sur le soutien d’entreprises locales comme Hannigan Paint & Decor, qui participent à la création des décors.

Des artistes amateur, mais un niveau remarquable

Entendons nous bien sur une chose, nul ne peut contester le niveau des interprètes qui interviennent dans les productions de StoryBook Theatre. Beaucoup d’entre eux ne sont pas des professionnels du spectacle. Ce sont des artistes amateurs passionnés qui s’investissent énormément dans leur pratique.

En Amérique du Nord, les activités artistiques sont souvent prises très au sérieux. On encourage les jeunes et les adultes à développer leurs talents, à s’engager dans des productions et à se dépasser. Même dans un cadre amateur, les répétitions sont exigeantes, les auditions sérieuses et chacun arrive sur scène avec une vraie préparation. Le résultat est souvent impressionnant.

Des auditions et un encouragement à la création

La troupe organise des auditions pour accueillir de nouveaux artistes et permettre à de nouveaux talents d’éclore et de rejoindre l’aventure. Mais l’encouragement ne s’arrête pas là. Les membres de la troupe sont également invités à s’essayer à l’écriture : écrire des textes, composer de la musique ou imaginer leurs propres projets. Certaines soirées sont ainsi consacrées à ces créations originales, permettant aux artistes de partager leurs œuvres avec le public. Une manière très concrète de nourrir la créativité et de faire émerger de nouvelles voix.

Diversité et inclusion sur scène

La diversité de la troupe est également à relever et à saluer. On y voit des artistes de tous horizons, des enfants, des adultes, des profils très différents réunis par la même passion pour la scène.

Lors du salut final, toute la troupe se rassemble pour remercier le public. Parmi eux, se trouvait récemment une jeune artiste en fauteuil roulant. Comme ses collègues chanteurs, elle vient saluer avec les autres comédiens, en toute simplicité; intégrée à la distribution. Un détail qui résume bien l’esprit du lieu : chacun trouve sa place dans cette aventure collective.

Le rôle important du mécénat et des partenaires

Comme beaucoup d’institutions culturelles, le StoryBook Theatre peut également compter sur le soutien de mécènes et de partenaires privés. Ces contributions permettent de financer une partie des productions, les décors, les costumes et les activités éducatives proposées par la compagnie. Sans cet engagement du tissu local — entreprises comme particuliers — de nombreuses initiatives culturelles auraient plus de difficultés à exister.

L’émotion d’une dernière représentation

Nous avons aussi eu la chance d’assister à la dernière représentation d’un spectacle. Et c’est un moment très particulier. Pendant plusieurs mois, la troupe vit une véritable aventure collective : les répétitions, les premières représentations, les ajustements au fil des soirs, les proches qui viennent voir le spectacle, les spectateurs qui reviennent.

Peu à peu, un lien se crée entre la scène et la salle. Lors de cette dernière soirée, l’émotion était palpable. On sentait que ce projet avait compté pour eux. Et au moment des applaudissements, cette émotion passait aussi dans le public. On réalise alors que le théâtre n’est pas seulement un spectacle que l’on regarde. Ce n’est pas que du divertissement, c’est aussi une aventure humaine.

Des spectacles présentés en anglais

Petite précision pour les lecteurs francophones : les spectacles sont présentés entièrement en anglais. Les dialogues, les chansons et les numéros musicaux sont donc tous joués dans cette langue. Cela peut paraître intimidant au premier abord, mais en pratique cela ne pose généralement pas de difficulté. Les histoires mises en scène sont souvent des classiques du théâtre musical ou des récits largement connus du public. Prendre quelques minutes pour se renseigner sur l’histoire avant la représentation peut être utile. Cela permet de garder facilement le fil du récit. Et surtout, la musique, la mise en scène et l’énergie des artistes permettent de suivre l’histoire même si l’on ne comprend pas chaque mot.

Une belle découverte à Calgary

Nous étions arrivés au StoryBook Theatre sans vraiment savoir à quoi nous attendre, mais sans a priori négatif non plus. Nous en sommes ressortis impressionnés. Depuis, nous continuons à suivre leurs productions avec beaucoup de plaisir. Chaque spectacle rappelle à quel point le théâtre, la comédie musicale peut être un projet collectif, porté par l’énergie des artistes, des bénévoles et de toute une communauté.

Après cinquante ans d’existence, la passion est toujours bien présente sur scène.

Infos pratiques

StoryBook Theatre
Une compagnie de théâtre communautaire spécialisée dans les comédies musicales et les spectacles familiaux.

Adresse
Beddington Theatre Arts Centre
375 Bermuda Drive NW
Calgary, Alberta

Site web
www.storybooktheatre.org

Instagram
@storybookyyc

Holt Renfrew : le luxe au cœur de Calgary

Holt Renfrew à Calgary : découvrez ce grand magasin de luxe en plein downtown, entre Hermès, Gucci, parfums de niche et élégance discrète à la canadienne. Une facette inattendue de Calgary.

Le Wild West rencontre les Galeries Lafayette

Pour ceux qui connaissent un peu l’ouest canadien, Calgary évoque souvent un décor de western : bottes en cuir, ranchs, pick-ups et grands espaces.
Une image qui a sa part de vérité — mais qui est loin de refléter toute la complexité de la ville.

Car au milieu des gratte-ciels du downtown (centre ville), juste à côté de Stephen Avenue, se cache une adresse que je n’attendais pas vraiment ici : Holt Renfrew, le grand magasin de luxe qui rappelle Le Printemps ou les Galeries Lafayette, mais version canadienne, version locale.

Et franchement ? Ca nous a fait plaisir.

Un grand magasin de luxe… en plein Wild West

Holt Renfrew, c’est plusieurs étages de mode, d’accessoires, de parfums, de maroquinerie et de pièces créateurs. Un vrai multimarques haut de gamme, autant pour les femmes que pour les hommes, qui sert d’écrin au luxe mondial.

De prime abord, on s’attend à voir ce genre d’offre à Montréal, Toronto ou Vancouver… mais à Calgary ? Et pourtant : oui.

Ambiance soignée et grands espaces lumineux rappellent les grands magasins comme on peut en voir en Europe: vaste choix, merchandising impeccable, articles choisis, et stands mis en scène. On est loin de l’imaginaire un peu cliché parfois que l’on projette souvent sur la ville.

Des marques ultra-luxe bien présentes

On remarque forcément la densité de marques internationales, de créateurs — exactement celles que beaucoup de Français ou d’européens connaissent déjà.

  • Hermès, avec une boutique actuellement plus petite mais en pleine expansion
  • Gucci
  • Louboutin
  • Zegna
  • Longchamp
  • Azzedine Alaïa
  • Maison Francis Kurkdjian
  • Maison Trudon, pour les bougies et les parfums, une marque qui reste assez rare en boutique physique ici.

Ce magasin est une porte d’entrée vers tout le luxe mondial, qui place donc Calgary sur la carte du monde des adresses ou des stops shoppings. Et mieux encore : si un article n’est pas disponible en rayon, comme certaines senteurs Trudon par exemple, il est possible de le commander puis de venir le récupérer en magasin. Preuve d’un service client très attentif, et c’est un bon prétexte pour revenir faire du lèche vitrine.

Le luxe existe bel et bien en Alberta, simplement de façon différente, moins voyante, moins démonstrative, plus naturelle.

Le service canadien : luxe sans snobisme

L’une des choses que j’ai le plus apprécié, c’est un vrai sens du service très attentif, sans le côté parfois un peu rigide (hautain?) qu’on peut retrouver dans d’autres lieux identiques.

Lors de ma visite, j’ai eu une discussion très agréable avec Isabelle, la responsable Hermès, une Française particulièrement chaleureuse et disponible.
On est loin du cliché du vendeur parisien pressé ou distant.

Ici, tout est fait pour que l’on se sente bien accueilli, libre de flâner, de regarder, d’essayer, de poser des questions, sans jamais avoir l’impression d’être jugé ou de ne pas être « à sa place ».

Cette atmosphère est profondément canadienne : polie, posée, respectueuse.
Et cela change énormément l’expérience du shopping de luxe.

Le luxe à la sauce albertaine : discret, naturel, intégré

C’est peut-être un des traits qui distingue Calgary .

Ici, les gens ont les moyens. On voit des sacs Longchamp, Louis Vuitton, Tory Burch, des montres Rolex, des accessoires élégants, des pièces bien choisies… mais rarement dans un esprit d’ostentation.

À Calgary, on peut tout à fait croiser quelqu’un avec une Rolex portée avec un hoodie, un jean et des bottines adaptées à la météo locale.
Le luxe n’est pas là pour impressionner. Il est là pour durer, pour la qualité, pour le plaisir personnel.

C’est une forme de luxe discret, qui correspond bien à l’identité de l’Alberta : un mélange de culture urbaine, d’élégance fonctionnelle, d’héritage rural et de proximité avec la nature.

J’aime beaucoup cette manière d’aborder les choses : ici, on peut aimer les belles pièces sans en faire une démonstration bruyante. Attention on peut aussi croiser des personnes plus voyantes.

Calgary : entre cowboys et haute couture

Ce qui rend Holt Renfrew si intéressant, c’est justement ce contraste permanent entre la culture cowboy, authentique et terrienne, et un accès direct aux grandes maisons du luxe mondial. En dix minutes, on peut quitter un restaurant à l’ambiance très locale… puis entrer chez Hermès ou découvrir les bougies Trudon au cœur du centre-ville.

C’est cela aussi, Calgary : une ville aux identités multiples, où l’esprit « Frontier » rencontre le luxe contemporain. C’est aussi ce qu’on peut aimer ici : cette dualité, cet équilibre, cette capacité à surprendre.

Pourquoi visiter Holt Renfrew lors d’un passage à Calgary ?

Parce que ce magasin raconte quelque chose d’essentiel, d’intéressant et inattendu sur la ville. Vous n’allez pas découvrir des choses inconnues, mais ce magasin donne à voir comment on intègre dans le tissu local ces références mondiales, comment parle le luxe dans ce bout du monde qu’est l’Alberta.

Calgary n’est pas seulement une ville de cowboys.
C’est une ville moderne, prospère, connectée au monde, qui assume aussi une certaine idée du raffinement — mais à sa façon.

Que l’on ait envie d’admirer les collections, de sentir des parfums versions collections privées, de repérer des marques connues ou simplement de mieux comprendre une facette plus sophistiquée de Calgary, Holt Renfrew mérite le détour.

Ne serait-ce que pour découvrir qu’au cœur de l’Ouest canadien, le luxe existe lui aussi — simplement avec plus de discrétion, et sans jamais perdre ce calme très canadien qui fait tout son charme.

Visite au musée militaire de Calgary — Partie II

Partie II : régiments, guerres mondiales, bataille de l’Atlantique, Enigma, ONU, Afghanistan… Le musée militaire de Calgary relie histoire, mémoire et diversité, et rappelle avec force le prix humain des conflits et le devoir de ne jamais oublier.

Régiments fondateurs, conflits mondiaux, marine, diversité des héritages et mémoire du sacrifice

Si la première partie de la visite m’a réconciliée avec l’idée même d’un musée militaire au Canada, cette seconde moitié du parcours m’a surtout fait comprendre pourquoi ce lieu marque autant. Ce lieu raconte une histoire continue, cohérente, et profondément humaine. Une histoire qui relie Calgary au reste du monde, des premiers temps de l’Ouest aux conflits contemporains, en passant par les guerres mondiales, la guerre froide et les missions de maintien de la paix.


Calgary, point stratégique et berceau de régiments majeurs

Au terme de la visite, on repart avec une idée: Calgary n’est pas seulement une ville de l’Ouest tournée vers les Rocheuses, la modernité et l’énergie. C’est aussi un point stratégique dans la structure militaire du Canada — et un véritable berceau de régiments emblématiques.

Le musée explique très bien la naissance et l’identité de plusieurs corps majeurs:

  • Les Lord Strathcona’s Horse (Royal Canadians) : une unité de cavalerie devenue armée blindée, associée à l’histoire de l’Ouest et aux traditions militaires canadiennes.
  • Les Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (les “Patricias”) : ce régiment tire son nom de la princesse Patricia de Connaught, petite-fille de la reine Victoria. Créé en 1914, il est devenu l’un des régiments les plus prestigieux du pays, engagé dans les deux guerres mondiales, en Corée, puis dans de nombreuses opérations internationales.
  • Les Calgary Highlanders : leur nom et leurs traditions renvoient directement aux Highlands écossais. Kilt, tartan, cornemuses, cérémonial, symbolique : tout rappelle la filiation culturelle écossaise. Mais leur histoire est profondément canadienne : Italie, Normandie, Caen, Falaise, libération des Pays-Bas… Leur blason, leurs couleurs, leurs uniformes et leurs décorations racontent cette double identité — héritage du Commonwealth et enracinement canadien.

Le lien avec la Grande-Bretagne, la famille royale et le Commonwealth est omniprésent. Le hall dédié à Elizabeth II n’est pas une simple anecdote : il symbolise une filiation historique, un héritage institutionnel, et un imaginaire militaire qui traverse le temps.


Quand la propagande a façonné l’Ouest

Un des aspects les plus intéressants du musée est la manière dont il relie l’histoire militaire à l’histoire du territoire. On y voit très clairement comment l’installation à l’Ouest n’a pas été seulement une aventure individuelle, mais aussi un projet structuré — porté par des discours, des campagnes d’affichage et une véritable propagande destinée à attirer des populations, développer des fermes, peupler et consolider l’Ouest canadien.

Cette partie remet en perspective un point essentiel : l’armée n’est pas uniquement un instrument de guerre. Elle participe aussi à une logique de structuration territoriale et de construction nationale.


Les guerres mondiales : Italie, Normandie, Caen, Falaise, Pays-Bas

La Seconde Guerre mondiale est racontée avec une force particulière, notamment parce que le musée parvient à rendre la guerre concrète, physique, humaine. Les campagnes ne sont pas résumées en dates : elles sont incarnées par des images, des scènes reconstituées, des objets, des parcours.

On traverse notamment :

  • La campagne d’Italie, avec des reconstitutions de rues et de scènes urbaines qui donnent une idée très concrète de ce que signifie combattre dans des environnements bâtis — et du rôle qu’y ont joué des régiments comme les Highlanders.
  • La Normandie : le D-Day, puis la participation à la libération de Caen et de Falaise.
  • La campagne de Hollande, et la libération des Pays-Bas.

L’une des images qui frappe le plus est celle des soldats prenant leur petit-déjeuner le 6 juin 1944, juste avant d’être largués. On voit, sur certains visages, la peur ou l’inquiétude — parce qu’ils savent qu’ils peuvent ne pas en revenir. Ce sont ces détails-là qui donnent toute sa force au musée : le moment humain, juste avant l’Histoire.


Parachutistes : le poids réel du risque

Les mannequins de parachutistes exposés grandeur nature sont saisissants. On les voit prêts à sauter, chargés de leur paquetage. Des dizaines de kilos de matériel. Et tout de suite, une pensée s’impose : ils vont peut-être se casser une jambe à l’atterrissage, se blesser, mourir, être capturés ou ne jamais rentrer. Le risque n’est pas abstrait. Il est tangible.

C’est à ce moment-là qu’on comprend aussi pourquoi les vétérans sont honorés, et pourquoi le respect n’est pas une posture : c’est la reconnaissance d’un coût humain réel.


La marine et la bataille de l’Atlantique

La section consacrée à la marine est particulièrement impressionnante, et elle rappelle un volet parfois moins connu : la bataille de l’Atlantique. Le musée montre le rôle stratégique du Canada dans la protection des convois alliés et la lutte contre les sous-marins allemands. Torpilles, mines navales, équipements, artillerie, objets de bord : l’Atlantique apparaît comme un champ de bataille invisible mais décisif — et le Canada comme un acteur majeur, avec un lourd tribut humain.

Un détail symbolique m’a particulièrement marquée : le canon naval “Saskatchewan”. Il porte une identité de province intérieure, avec ses couleurs jaune et vert et ses épis de blé, comme un rappel que l’effort collectif et la mémoire de la guerre traversent tout le pays, jusqu’aux Prairies.


Enigma : la guerre de l’information

Le musée ne se limite pas au combat et aux armes. La section Enigma rappelle que la guerre est aussi une guerre du renseignement, du calcul, du décryptage, de l’intelligence stratégique. Cette partie est fascinante parce qu’elle déplace le regard : la victoire dépend aussi de ceux qu’on ne voit pas — et de batailles silencieuses menées avec des chiffres, des codes, des machines et du temps.


Diversité des héritages : une armée plurielle

Un autre point fort du musée, et l’un des plus touchants, est la manière dont il rend hommage aux origines multiples qui composent l’armée canadienne. Des vitrines sont consacrées à différents héritages : soldats noirs, autochtones, juifs, musulmans, asiatiques, caribéens, indiens…

Le rôle des femmes est également présent, documenté, assumé — notamment celui des femmes autochtones engagées. Cela donne une profondeur supplémentaire : la mémoire militaire devient aussi mémoire sociale, mémoire d’inclusion, mémoire de trajectoires longtemps invisibilisées.


ONU, maintien de la paix et conflits récents

Le musée raconte aussi le Canada contemporain : Sarajevo, Angola, Rwanda, Haïti, missions de maintien de la paix aux côtés de l’ONU. Le prix Nobel de la Paix de 1988 est évoqué, et l’identité canadienne comme acteur du peacekeeping est pleinement assumée.

La représentation du soldat en Afghanistan est l’une des scénographies les plus fortes : les taches rouges qui l’entourent sont en réalité des coquelicots — hommage aux soldats canadiens tombés sur ce théâtre d’opération — et ils forment le drapeau canadien. Ce n’est pas une mise en scène guerrière. C’est un geste de mémoire, de deuil, de respect. Une manière de rappeler, sans mots, le prix humain de l’engagement.


Ne pas oublier : la mémoire comme responsabilité

Au fil du parcours, un message revient, explicitement ou en filigrane : ne pas oublier. Ne pas oublier les sacrifices. Ne pas oublier les vies que représentent les guerres. Ne pas oublier que derrière les objets, il y a des personnes. Des familles. Des destins. Des générations.

Ce musée ne fait pas l’apologie de l’armée. Il montre qu’une armée peut être nécessaire parce qu’un conflit peut surgir, et qu’il faut être prêt. Mais il rappelle surtout, avec force, qu’il faut tout faire pour éviter un nouveau conflit mondial. Et dans le contexte actuel, ce rappel prend une résonance particulière.

En sortant, on comprend pourquoi ce musée mérite plusieurs visites : parce que tout est dense, bien expliqué, documenté. Parce que la collection est immense. Mais surtout parce qu’on ne ressort pas seulement avec des informations. On ressort avec une réflexion.

Un musée riche. Profond. Éducatif. Et, pour moi, une très grande/bonne surprise.

Visite au musée militaire de Calgary — Partie I

Une visite inattendue au musée militaire de Calgary devient une véritable expérience culturelle : mémoire, transmission, histoire, aviation, guerre froide et récits humains s’entrelacent dans un musée profondément pédagogique et réfléchi.

Une entrée sans attente… et une vraie claque

Le musée m’avait été recommandé par une Calgarienne qui venait de le visiter et qui en parlait avec beaucoup d’enthousiasme, quant à moi, j’arrivais avec mes propres attentes. Ceux que l’on construit quand on a grandi en France/en Europe, avec une certaine idée de ce qu’est un musée : une ligne éditoriale claire, une cohérence thématique, une narration construite, un fil conducteur assumé.

Certaines de mes expériences précédentes au Canada m’avaient laissée mitigée. Un autre musée en particulier, m’avait donné cette impression de juxtaposition un peu trop éclectique: dinosaures, caribous empaillés, vaisselle anglaise du XVIIIe siècle, intérieurs canadiens du XIXe… Un mélange hétéroclite qui m’avait déstabilisée. En France, un musée est souvent pensé autour d’une thématique précise : histoire naturelle, histoire humaine, art, guerre, civilisation, sciences.

J’en profite d’ailleurs pour saluer (de nouveau) le Royal Alberta Museum d’Edmonton, j’y ai été réellement impressionnée par sa qualité muséographique, sa narration et sa rigueur scientifique.

Donc oui : j’étais sceptique.

Et puis il y a ce musée militaire de Calgary. C’était devenu un peu un élément du décor, on ne le voit plus à force de passr devant. Sans jamais s’y arrêter, ou lui donner sa chance.

Erreur!

C’est un musée transversal, profondément pédagogique, accessible à tous les publics, remarquablement bien pensé, et surtout extrêmement bien documenté.

Il ne s’adresse pas uniquement aux passionnés d’histoire militaire. Il parle de société, de mémoire, de transmission, de construction nationale, de guerre — mais aussi de paix.

L’approche est exhaustive, tous les corps d’armée sont représentés :

  • armée de terre,
  • armée de l’air,
  • marine,
  • forces spéciales,
  • forces de maintien de la paix,
  • unités de renseignement,
  • unités médicales,
  • unités logistiques.

La collection est très riche, mais surtout intelligemment organisée : rien n’est décoratif, rien n’est gratuit, tout est expliqué, contextualisé, relié.

On traverse les époques :

  • des campements de Sarcee,
  • aux débuts de l’installation militaire à l’Ouest,
  • à la création des grands régiments,
  • aux conflits mondiaux,
  • à la guerre froide,
  • jusqu’aux opérations contemporaines.

Il faut relever une chose d’emblée, c’est qualité de conservation : les avions restaurés, les appareils impeccablement entretenus, les cockpits accessibles, les commandes visibles, les instruments lisibles, les systèmes expliqués. On peut monter, observer, comprendre. Les carlingues sont décorées, les écussons d’escadrons racontent leurs identités, leurs devises, leurs héritages. Chaque détail participe à la narration.

Ici, on ne regarde pas de loin. On comprend.


L’armée de l’air, la guerre froide et la mémoire mondiale

La section aérienne est remarquable en tous points.

On y découvre l’évolution des appareils sur plusieurs générations. Les cockpits sont exposés dans un niveau de détail remarquable : commandes, instruments, systèmes de navigation, équipements de survie, sièges éjectables, dispositifs de sécurité. Les décorations de carlingues, le nose art, les marquages de cockpit, les écussons d’escadrons de la RCAF forment une véritable fresque symbolique où se mêlent héritage britannique, identité canadienne, mythologie, iconographie et culture militaire.

La guerre froide y est racontée avec intelligence, sans sensationnalisme. Une citation marque profondément la visite, celle de Nikita Khrouchtchev :

“The survivors of a nuclear war would envy the dead.” (1963) Les survivants d’une guerre nucléaire envieraient ceux qui sont morts »

Elle n’est pas là pour choquer, mais pour faire réfléchir. Le musée ne glorifie pas le conflit armé : il met en perspective.

On découvre aussi le rôle stratégique du Canada dans les bases aériennes canadiennes en Europe, notamment en Allemagne de l’Ouest, dans les zones frontalières de l’ancien bloc de l’Est, jusque dans des régions proches de Strasbourg. Le Canada n’est pas un acteur périphérique : il est un acteur central des équilibres géopolitiques du XXe siècle.

Moment absolument marquant de la visite : la rencontre avec un vétéran, ancien pilote de CF-104 Starfighter. Il nous parle de son parcours, de son engagement juste après le lycée, de ses études financées par l’armée, de sa formation, de son métier d’ingénieur électronique devenu pilote, de ses missions, de ses bases, de ses appareils. Il nous explique les différences entre les formations d’hier et celles d’aujourd’hui, les six mois de formation qui suffisaient autrefois, contre les parcours longs et complexes actuels.

Et là, l’expérience devient presque irréelle : l’un des appareils exposés dans la section guerre froide est un avion qu’il a lui-même piloté.

Ce n’est plus un musée.
C’est une scène de film et en même temps l’histoire rejoint le réel.

L’échange est unique. Rare. Incarné. Il force le respect. Il donne un visage aux vitrines, et aux personnes qui ont accepté de s’engager. Une voix aux objets. Une humanité aux machines.

Ce ne sont plus des collections.
Ce sont des vies.

Cette visite se poursuit dans la Partie 2, consacrée aux régiments fondateurs de Calgary, aux conflits mondiaux, à la marine, aux missions ONU et à la mémoire du sacrifice.

À suivre : Partie II — régiments fondateurs, campagnes de la Seconde Guerre mondiale, marine, Enigma, diversité des héritages, maintien de la paix, et la mémoire du sacrifice.

🦬 Head-Smashed-In Buffalo Jump : un site grandiose, spirituel et incontournable en Alberta

Plongez au cœur du site UNESCO Head-Smashed-In Buffalo Jump : culture Blackfoot, chasse au bison, légendes, rituels et paysages saisissants de l’Alberta.

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, Head-Smashed-In Buffalo Jump est l’un des lieux les plus puissants pour comprendre l’histoire des peuples Blackfoot (Niitsitapi), la relation sacrée avec le bison et l’ingéniosité millénaire des techniques de chasse qui ont façonné les Prairies pendant près de 6 000 ans.

C’est un site spectaculaire, mais aussi un lieu de mémoire. On y vient pour les paysages infinis, pour les bisons, pour la falaise… et on en repart avec un regard différent sur la manière dont les peuples autochtones vivaient en harmonie avec cet environnement. On découvre aussi un centre d’interprétation qui, malgré un contenu très riche, gagnerait aujourd’hui à être modernisé et à proposer davantage d’explications en français.

🌾 Un musée encastré dans la colline, face aux Prairies

La première surprise, c’est l’architecture du musée : le bâtiment est littéralement encastré dans la colline. Depuis le plateau, il se fond presque dans le relief, comme pour ne pas perturber la ligne naturelle des plaines. C’est un geste architectural fort, qui respecte le caractère sacré du paysage.

À l’intérieur, de grandes baies vitrées ouvrent sur une vue saisissante : les Prairies à perte de vue, une lumière changeante, un ciel immense. On imagine sans difficulté les immenses troupeaux de bisons, ou inii, qui se déplaçaient autrefois sur ces terres.

🪶 Niitsitapi, “les vrais humains” : les peuples Blackfoot

Head-Smashed-In Buffalo Jump se trouve sur le territoire des Niitsitapi, que l’on appelle souvent les Blackfoot. Le centre d’interprétation consacre plusieurs espaces à leur culture, à leur histoire et à leur présence aujourd’hui. On y apprend par exemple quelques mots de la langue :

  • Oki : bonjour
  • Inii : bison
  • Pis’kun : buffalo jump
  • Niitsitapi : “vrais humains”, les peuples Blackfoot
  • Naápiikoan : personne non-Blackfoot

Plusieurs panneaux évoquent aussi la vie actuelle des communautés Blackfoot, leurs drapeaux, les pow-wow, les célébrations et la façon dont cette culture continue de vivre aujourd’hui. C’est un point très positif du musée.

On remarque toutefois que certains textes de l’exposition utilisent encore le terme “Indian”, une terminologie héritée d’époques passées, aujourd’hui jugée inappropriée et blessante. On sent que le contenu mériterait une mise à jour pour refléter un vocabulaire plus respectueux et actuel.

🪨 L’origine du nom “Head-Smashed-In”

Le nom du site vient d’une ancienne légende Blackfoot. Un jeune garçon, fasciné par les bisons, voulait assister à la chasse de très près. Il se serait posté sous la falaise, dans une cavité rocheuse, pour voir les animaux tomber devant lui. Mais lors de la grande chasse, les bisons se sont précipités du haut de la falaise et les carcasses se sont accumulées. On raconte que le garçon aurait été retrouvé la tête écrasée, ce qui aurait donné au lieu son nom dramatique : Head-Smashed-In.

Au-delà de l’anecdote, cette histoire rappelle la puissance du bison, la force de la nature et le caractère sacré de ce paysage. On ne domine pas ce lieu : on cohabite avec lui.

💡 Le savais-tu ?

Pendant près de 6 000 ans, les peuples Blackfoot ont chassé le bison sur ce site sans épuiser les troupeaux. En quelques décennies seulement, la chasse européenne à une échelle quasi industrielle, a pratiquement fait disparaître les bisons des Prairies nord-américaines.

🐃 Comment fonctionnait un buffalo jump ?

Le buffalo jump n’était pas une chasse improvisée. C’était une opération extrêmement coordonnée, qui combinait connaissance fine du terrain, compréhension du comportement animal et rituels spirituels. Le mot blackfoot pour désigner ce type de site est Pis’kun.

🔸 Avant la chasse : chants et préparation spirituelle

Avant de conduire les bisons vers la falaise, la communauté faisait appel à une Femme dotée de dons spirituels. Par son chant, elle invoquait l’esprit du bison. Ce chant, dit-on, “voyageait sur la plaine” et établissait un lien entre les humains et les animaux. La chasse n’était pas qu’un acte de survie : c’était aussi un acte sacré.

🔸 Imiter le loup, rassurer comme un veau

Les bisons craignent naturellement les loups. Les chasseurs Blackfoot utilisaient cette connaissance à leur avantage :

  • Certains rabatteurs portaient des peaux de loups, dont l’odeur suffisait à affoler et orienter les bisons dans une direction donnée.
  • Un autre chasseur, plus petit, portait une peau de jeune bison. Son gabarit faisait croire au troupeau qu’il s’agissait d’un calf (veau) perdu ou en détresse. Les femelles, très protectrices, avaient tendance à se diriger vers lui.

Ces techniques reposaient sur une observation très fine du comportement animal : peur des prédateurs, instinct maternel, dynamique de groupe. Les troupeaux sont d’ailleurs menés par une femelle leader, que les autres suivent quasi systématiquement.

🔸 Les drive lanes : guider le troupeau vers la falaise

Sur le plateau, des rabatteurs se positionnaient en éventail pour empêcher les bisons de se disperser. Ils criaient, agitaient des peaux, utilisaient le relief et le vent pour orienter les animaux. Peu à peu, le troupeau se retrouvait canalisé dans des couloirs de rabattage, les drive lanes.

Dans le musée, une grande maquette du Pis’kun rend cette organisation très concrète. On y voit le plateau où paissent les bisons, puis la falaise, et enfin la zone de traitement des carcasses au pied du saut. La maquette montre le gathering basin, où les animaux étaient rassemblés, puis les drive lanes matérialisées par des cairns de pierres, de branches et de bouses. Le troupeau était conduit vers le bord, jusqu’au moment de panique où se produisait la stampede, la course désespérée qui projetait les bisons dans le vide. En bas, toute la communauté se mobilisait sur le kill site, puis dans la zone de transformation des carcasses. On réalise alors l’ampleur de la coopération nécessaire pour chaque chasse.

Un bison mâle adulte peut peser jusqu’à une demi-tonne, et un veau naît déjà autour de 40 kg. La force dégagée par une stampede de plusieurs dizaines d’animaux est difficile à imaginer… tant qu’on n’a pas vu ce site.

🔸 Après la chasse : respect absolu de l’animal

Pour les Niitsitapi, le bison n’était pas une simple “ressource” mais un parent non humain. Tout était utilisé :

  • viande fraîche ou séchée,
  • peaux pour les tipis, vêtements et mocassins,
  • tendons pour les arcs et les cordes,
  • os pour fabriquer outils, aiguilles et armes,
  • graisse pour la cuisine ou les lampes,
  • organes et estomac utilisés comme récipients naturels.

L’un des éléments les plus fascinants exposés au musée est la technique utilisée pour faire bouillir l’eau : les Blackfoot creusaient un trou qu’ils imperméabilisaient en broyant des os de bisons, avant d’y verser de l’eau chauffée avec des pierres brûlantes. Ingénieux, écologique et terriblement efficace.

🐕 Les chiens, compagnons indispensables des Blackfoot

Avant l’arrivée des chevaux sur les Plaines, les Niitsitapi vivaient et se déplaçaient avec l’aide précieuse de leurs chiens. Ces animaux étaient de véritables alliés du quotidien. Ils tiraient notamment un travois, une sorte de brancard composé de deux longues perches (les mêmes qui formaient l’armature du tipi) reliées entre elles.

Lorsque les groupes se déplaçaient, les perches du tipi étaient démontées et fixées derrière le chien, et la grande peau qui formait l’enveloppe du tipi était roulée et attachée dessus. Les chiens transportaient ainsi une partie du campement, permettant au groupe de voyager plus vite et plus loin.

Tout ce que les chiens ne pouvaient pas porter était réparti entre les hommes et les femmes, chacun contribuant à l’effort collectif.
On comprend alors à quel point la vie sur les Plaines reposait sur une organisation fine, où humains, chiens et bisons jouaient chacun un rôle essentiel.

📜 Les Blackfoot Winter Counts : un calendrier de mémoire

Un autre élément marquant de l’exposition est le panneau consacré aux Winter Counts. Il s’agit de calendriers pictographiques, parfois peints sur des peaux de bisons, où chaque année est résumée par un symbole :

  • une bataille,
  • une épidémie,
  • un hiver particulièrement rude,
  • un événement spirituel,
  • l’arrivée d’un groupe ou d’un objet nouveau.

Chaque pictogramme représente une année entière de souvenirs, racontée ensuite oralement par les gardiens de la mémoire. C’est un système d’archives à la fois artistique, historique et profondément humain.

✨ Napi, le Créateur et le filou sacré

Le musée consacre aussi un espace à Napi, figure centrale de la spiritualité Blackfoot. Napi est à la fois créateur, enseignant et filou sacré. La tradition raconte qu’il a :

  • créé les deux premiers bisons, l’un partant au nord, l’autre au sud,
  • modelé le premier humain à partir de boue,
  • doté les humains de dons et de responsabilités,
  • insisté sur le fait que nous ne devons pas être paresseux, mais faire notre part dans ce monde.

Cette histoire donne une profondeur supplémentaire à la relation entre les Niitsitapi, le bison et le paysage : tout est lié, tout a été pensé pour fonctionner ensemble.

🏛️ Un musée riche… mais qui vieillit

Le centre d’interprétation a beaucoup de potentiel : les contenus sont riches, les maquettes sont parlantes, les panneaux mettent en avant la culture Blackfoot et dénoncent clairement les ravages causés par la chasse massive et éffrénée européenne. On y voit par exemple les manteaux de chasseurs de peaux (hide hunters) et les témoignages du quasi-extermination du bison au XIXe siècle. Ces chasseurs ont décimé les populations de bisons, pour le simple plaisir de la chasse, estimant sans doute à tort que la ressource était inépuisable. On a des récits de carcasses de bisons empilées par dizaines et laissées à pourrir en plein air, par ces chasseurs peu soucieux de durabilité.

Mais lorsqu’on a précédemment visité le Royal Alberta Museum (RAM) d’Edmonton, la comparaison peut être au désavantage de ce site. Head-Smashed-In souffre d’un côté un peu ancien: typographie datée, vitrines un peu chargées, terminologie à actualiser et absence de panneaux en français. Rien qui empêche la visite d’être intéressante, mais assez pour donner envie d’une mise à jour à la hauteur de l’importance du site.

📅 Quand visiter Head-Smashed-In Buffalo Jump ?

Après cette visite, je recommanderais :

  • Septembre – octobre : probablement la meilleure période. Les températures sont encore agréables, les paysages d’automne sont magnifiques et le vent reste supportable.
  • Été (juillet–août) : sur le plateau, il peut faire très chaud et il y a peu d’ombre. Prévoyez chapeau, eau et crème solaire.
  • Juste après les premières neiges : c’est là que les routes secondaires, comme la 785, deviennent vraiment traîtresses.
  • En hiver : le site reste ouvert, mais les conditions sont rudes. À réserver aux plus motivés (et bien équipés).

📍 Infos pratiques

Adresse : 275068 Secondary Highway 785, Fort Macleod, Alberta, Canada.

Distance depuis Calgary : environ 1 h 30 à 2 h de route en voiture (selon le trafic et la météo).

Accès recommandé : privilégier la Highway 2. Éviter la route 785 en automne et en hiver : gravillons, neige fondue et ornières profondes peuvent rendre la conduite difficile et endommager la voiture.

Horaires : généralement ouvert du mercredi au dimanche, de 10 h à 17 h (fermé le lundi et le mardi – vérifier les horaires à jour avant la visite).

Tarifs indicatifs :

  • Adultes : 15 CAD
  • Seniors (65+) : 13 CAD
  • Jeunes (7–17 ans) : 10 CAD
  • Enfants (0–6 ans) : gratuit
  • Famille (2 adultes + jeunes) : 40 CAD

🚗 La route 785 : notre mésaventure à ne pas reproduire

Pour gagner quelques minutes, notre GPS nous a proposé de passer par la route 785. Mauvaise idée! Sur près de 23 km, nous avons roulé sur un mélange de gravillons et de neige fondue, avec des ornières profondes par endroits. Nous avons vraiment eu peur que la voiture ne s’embourbe ou ne cale.

Les gravillons sont aussi un risque pour la carrosserie et le pare-brise, surtout lorsqu’on croise d’autres véhicules. Résultat : une voiture repeinte couleur boue de la tête aux pieds, et un bon stress en prime. Clairement, je ne recommande pas cet itinéraire, surtout en automne et en hiver.

🧭 Bilan : un site qui marque durablement

Malgré un musée qui mériterait une modernisation et des panneaux à actualiser, Head-Smashed-In Buffalo Jump reste un lieu majeur en Alberta. On y comprend :

  • l’ingéniosité des peuples Blackfoot,
  • la profondeur de leur relation au bison,
  • la dimension spirituelle de la chasse,
  • l’ampleur des ravages causés par la colonisation et la chasse industrielle.

Entre la falaise, les plaines, les histoires de Napi, les Winter Counts et les reconstitutions du Pis’kun, c’est un endroit qui reste longtemps en tête. Si vous aimez l’histoire, les grands espaces et les cultures autochtones, c’est une visite à faire au moins une fois lors d’un séjour en Alberta. 🦬