Visite au musée militaire de Calgary — Partie II

Partie II : régiments, guerres mondiales, bataille de l’Atlantique, Enigma, ONU, Afghanistan… Le musée militaire de Calgary relie histoire, mémoire et diversité, et rappelle avec force le prix humain des conflits et le devoir de ne jamais oublier.

Régiments fondateurs, conflits mondiaux, marine, diversité des héritages et mémoire du sacrifice

Si la première partie de la visite m’a réconciliée avec l’idée même d’un musée militaire au Canada, cette seconde moitié du parcours m’a surtout fait comprendre pourquoi ce lieu marque autant. Ce lieu raconte une histoire continue, cohérente, et profondément humaine. Une histoire qui relie Calgary au reste du monde, des premiers temps de l’Ouest aux conflits contemporains, en passant par les guerres mondiales, la guerre froide et les missions de maintien de la paix.


Calgary, point stratégique et berceau de régiments majeurs

Au terme de la visite, on repart avec une idée: Calgary n’est pas seulement une ville de l’Ouest tournée vers les Rocheuses, la modernité et l’énergie. C’est aussi un point stratégique dans la structure militaire du Canada — et un véritable berceau de régiments emblématiques.

Le musée explique très bien la naissance et l’identité de plusieurs corps majeurs:

  • Les Lord Strathcona’s Horse (Royal Canadians) : une unité de cavalerie devenue armée blindée, associée à l’histoire de l’Ouest et aux traditions militaires canadiennes.
  • Les Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (les “Patricias”) : ce régiment tire son nom de la princesse Patricia de Connaught, petite-fille de la reine Victoria. Créé en 1914, il est devenu l’un des régiments les plus prestigieux du pays, engagé dans les deux guerres mondiales, en Corée, puis dans de nombreuses opérations internationales.
  • Les Calgary Highlanders : leur nom et leurs traditions renvoient directement aux Highlands écossais. Kilt, tartan, cornemuses, cérémonial, symbolique : tout rappelle la filiation culturelle écossaise. Mais leur histoire est profondément canadienne : Italie, Normandie, Caen, Falaise, libération des Pays-Bas… Leur blason, leurs couleurs, leurs uniformes et leurs décorations racontent cette double identité — héritage du Commonwealth et enracinement canadien.

Le lien avec la Grande-Bretagne, la famille royale et le Commonwealth est omniprésent. Le hall dédié à Elizabeth II n’est pas une simple anecdote : il symbolise une filiation historique, un héritage institutionnel, et un imaginaire militaire qui traverse le temps.


Quand la propagande a façonné l’Ouest

Un des aspects les plus intéressants du musée est la manière dont il relie l’histoire militaire à l’histoire du territoire. On y voit très clairement comment l’installation à l’Ouest n’a pas été seulement une aventure individuelle, mais aussi un projet structuré — porté par des discours, des campagnes d’affichage et une véritable propagande destinée à attirer des populations, développer des fermes, peupler et consolider l’Ouest canadien.

Cette partie remet en perspective un point essentiel : l’armée n’est pas uniquement un instrument de guerre. Elle participe aussi à une logique de structuration territoriale et de construction nationale.


Les guerres mondiales : Italie, Normandie, Caen, Falaise, Pays-Bas

La Seconde Guerre mondiale est racontée avec une force particulière, notamment parce que le musée parvient à rendre la guerre concrète, physique, humaine. Les campagnes ne sont pas résumées en dates : elles sont incarnées par des images, des scènes reconstituées, des objets, des parcours.

On traverse notamment :

  • La campagne d’Italie, avec des reconstitutions de rues et de scènes urbaines qui donnent une idée très concrète de ce que signifie combattre dans des environnements bâtis — et du rôle qu’y ont joué des régiments comme les Highlanders.
  • La Normandie : le D-Day, puis la participation à la libération de Caen et de Falaise.
  • La campagne de Hollande, et la libération des Pays-Bas.

L’une des images qui frappe le plus est celle des soldats prenant leur petit-déjeuner le 6 juin 1944, juste avant d’être largués. On voit, sur certains visages, la peur ou l’inquiétude — parce qu’ils savent qu’ils peuvent ne pas en revenir. Ce sont ces détails-là qui donnent toute sa force au musée : le moment humain, juste avant l’Histoire.


Parachutistes : le poids réel du risque

Les mannequins de parachutistes exposés grandeur nature sont saisissants. On les voit prêts à sauter, chargés de leur paquetage. Des dizaines de kilos de matériel. Et tout de suite, une pensée s’impose : ils vont peut-être se casser une jambe à l’atterrissage, se blesser, mourir, être capturés ou ne jamais rentrer. Le risque n’est pas abstrait. Il est tangible.

C’est à ce moment-là qu’on comprend aussi pourquoi les vétérans sont honorés, et pourquoi le respect n’est pas une posture : c’est la reconnaissance d’un coût humain réel.


La marine et la bataille de l’Atlantique

La section consacrée à la marine est particulièrement impressionnante, et elle rappelle un volet parfois moins connu : la bataille de l’Atlantique. Le musée montre le rôle stratégique du Canada dans la protection des convois alliés et la lutte contre les sous-marins allemands. Torpilles, mines navales, équipements, artillerie, objets de bord : l’Atlantique apparaît comme un champ de bataille invisible mais décisif — et le Canada comme un acteur majeur, avec un lourd tribut humain.

Un détail symbolique m’a particulièrement marquée : le canon naval “Saskatchewan”. Il porte une identité de province intérieure, avec ses couleurs jaune et vert et ses épis de blé, comme un rappel que l’effort collectif et la mémoire de la guerre traversent tout le pays, jusqu’aux Prairies.


Enigma : la guerre de l’information

Le musée ne se limite pas au combat et aux armes. La section Enigma rappelle que la guerre est aussi une guerre du renseignement, du calcul, du décryptage, de l’intelligence stratégique. Cette partie est fascinante parce qu’elle déplace le regard : la victoire dépend aussi de ceux qu’on ne voit pas — et de batailles silencieuses menées avec des chiffres, des codes, des machines et du temps.


Diversité des héritages : une armée plurielle

Un autre point fort du musée, et l’un des plus touchants, est la manière dont il rend hommage aux origines multiples qui composent l’armée canadienne. Des vitrines sont consacrées à différents héritages : soldats noirs, autochtones, juifs, musulmans, asiatiques, caribéens, indiens…

Le rôle des femmes est également présent, documenté, assumé — notamment celui des femmes autochtones engagées. Cela donne une profondeur supplémentaire : la mémoire militaire devient aussi mémoire sociale, mémoire d’inclusion, mémoire de trajectoires longtemps invisibilisées.


ONU, maintien de la paix et conflits récents

Le musée raconte aussi le Canada contemporain : Sarajevo, Angola, Rwanda, Haïti, missions de maintien de la paix aux côtés de l’ONU. Le prix Nobel de la Paix de 1988 est évoqué, et l’identité canadienne comme acteur du peacekeeping est pleinement assumée.

La représentation du soldat en Afghanistan est l’une des scénographies les plus fortes : les taches rouges qui l’entourent sont en réalité des coquelicots — hommage aux soldats canadiens tombés sur ce théâtre d’opération — et ils forment le drapeau canadien. Ce n’est pas une mise en scène guerrière. C’est un geste de mémoire, de deuil, de respect. Une manière de rappeler, sans mots, le prix humain de l’engagement.


Ne pas oublier : la mémoire comme responsabilité

Au fil du parcours, un message revient, explicitement ou en filigrane : ne pas oublier. Ne pas oublier les sacrifices. Ne pas oublier les vies que représentent les guerres. Ne pas oublier que derrière les objets, il y a des personnes. Des familles. Des destins. Des générations.

Ce musée ne fait pas l’apologie de l’armée. Il montre qu’une armée peut être nécessaire parce qu’un conflit peut surgir, et qu’il faut être prêt. Mais il rappelle surtout, avec force, qu’il faut tout faire pour éviter un nouveau conflit mondial. Et dans le contexte actuel, ce rappel prend une résonance particulière.

En sortant, on comprend pourquoi ce musée mérite plusieurs visites : parce que tout est dense, bien expliqué, documenté. Parce que la collection est immense. Mais surtout parce qu’on ne ressort pas seulement avec des informations. On ressort avec une réflexion.

Un musée riche. Profond. Éducatif. Et, pour moi, une très grande/bonne surprise.

Visite au musée militaire de Calgary — Partie I

Une visite inattendue au musée militaire de Calgary devient une véritable expérience culturelle : mémoire, transmission, histoire, aviation, guerre froide et récits humains s’entrelacent dans un musée profondément pédagogique et réfléchi.

Une entrée sans attente… et une vraie claque

Le musée m’avait été recommandé par une Calgarienne qui venait de le visiter et qui en parlait avec beaucoup d’enthousiasme, quant à moi, j’arrivais avec mes propres attentes. Ceux que l’on construit quand on a grandi en France/en Europe, avec une certaine idée de ce qu’est un musée : une ligne éditoriale claire, une cohérence thématique, une narration construite, un fil conducteur assumé.

Certaines de mes expériences précédentes au Canada m’avaient laissée mitigée. Un autre musée en particulier, m’avait donné cette impression de juxtaposition un peu trop éclectique: dinosaures, caribous empaillés, vaisselle anglaise du XVIIIe siècle, intérieurs canadiens du XIXe… Un mélange hétéroclite qui m’avait déstabilisée. En France, un musée est souvent pensé autour d’une thématique précise : histoire naturelle, histoire humaine, art, guerre, civilisation, sciences.

J’en profite d’ailleurs pour saluer (de nouveau) le Royal Alberta Museum d’Edmonton, j’y ai été réellement impressionnée par sa qualité muséographique, sa narration et sa rigueur scientifique.

Donc oui : j’étais sceptique.

Et puis il y a ce musée militaire de Calgary. C’était devenu un peu un élément du décor, on ne le voit plus à force de passr devant. Sans jamais s’y arrêter, ou lui donner sa chance.

Erreur!

C’est un musée transversal, profondément pédagogique, accessible à tous les publics, remarquablement bien pensé, et surtout extrêmement bien documenté.

Il ne s’adresse pas uniquement aux passionnés d’histoire militaire. Il parle de société, de mémoire, de transmission, de construction nationale, de guerre — mais aussi de paix.

L’approche est exhaustive, tous les corps d’armée sont représentés :

  • armée de terre,
  • armée de l’air,
  • marine,
  • forces spéciales,
  • forces de maintien de la paix,
  • unités de renseignement,
  • unités médicales,
  • unités logistiques.

La collection est très riche, mais surtout intelligemment organisée : rien n’est décoratif, rien n’est gratuit, tout est expliqué, contextualisé, relié.

On traverse les époques :

  • des campements de Sarcee,
  • aux débuts de l’installation militaire à l’Ouest,
  • à la création des grands régiments,
  • aux conflits mondiaux,
  • à la guerre froide,
  • jusqu’aux opérations contemporaines.

Il faut relever une chose d’emblée, c’est qualité de conservation : les avions restaurés, les appareils impeccablement entretenus, les cockpits accessibles, les commandes visibles, les instruments lisibles, les systèmes expliqués. On peut monter, observer, comprendre. Les carlingues sont décorées, les écussons d’escadrons racontent leurs identités, leurs devises, leurs héritages. Chaque détail participe à la narration.

Ici, on ne regarde pas de loin. On comprend.


L’armée de l’air, la guerre froide et la mémoire mondiale

La section aérienne est remarquable en tous points.

On y découvre l’évolution des appareils sur plusieurs générations. Les cockpits sont exposés dans un niveau de détail remarquable : commandes, instruments, systèmes de navigation, équipements de survie, sièges éjectables, dispositifs de sécurité. Les décorations de carlingues, le nose art, les marquages de cockpit, les écussons d’escadrons de la RCAF forment une véritable fresque symbolique où se mêlent héritage britannique, identité canadienne, mythologie, iconographie et culture militaire.

La guerre froide y est racontée avec intelligence, sans sensationnalisme. Une citation marque profondément la visite, celle de Nikita Khrouchtchev :

“The survivors of a nuclear war would envy the dead.” (1963) Les survivants d’une guerre nucléaire envieraient ceux qui sont morts »

Elle n’est pas là pour choquer, mais pour faire réfléchir. Le musée ne glorifie pas le conflit armé : il met en perspective.

On découvre aussi le rôle stratégique du Canada dans les bases aériennes canadiennes en Europe, notamment en Allemagne de l’Ouest, dans les zones frontalières de l’ancien bloc de l’Est, jusque dans des régions proches de Strasbourg. Le Canada n’est pas un acteur périphérique : il est un acteur central des équilibres géopolitiques du XXe siècle.

Moment absolument marquant de la visite : la rencontre avec un vétéran, ancien pilote de CF-104 Starfighter. Il nous parle de son parcours, de son engagement juste après le lycée, de ses études financées par l’armée, de sa formation, de son métier d’ingénieur électronique devenu pilote, de ses missions, de ses bases, de ses appareils. Il nous explique les différences entre les formations d’hier et celles d’aujourd’hui, les six mois de formation qui suffisaient autrefois, contre les parcours longs et complexes actuels.

Et là, l’expérience devient presque irréelle : l’un des appareils exposés dans la section guerre froide est un avion qu’il a lui-même piloté.

Ce n’est plus un musée.
C’est une scène de film et en même temps l’histoire rejoint le réel.

L’échange est unique. Rare. Incarné. Il force le respect. Il donne un visage aux vitrines, et aux personnes qui ont accepté de s’engager. Une voix aux objets. Une humanité aux machines.

Ce ne sont plus des collections.
Ce sont des vies.

Cette visite se poursuit dans la Partie 2, consacrée aux régiments fondateurs de Calgary, aux conflits mondiaux, à la marine, aux missions ONU et à la mémoire du sacrifice.

À suivre : Partie II — régiments fondateurs, campagnes de la Seconde Guerre mondiale, marine, Enigma, diversité des héritages, maintien de la paix, et la mémoire du sacrifice.

🦬 Head-Smashed-In Buffalo Jump : un site grandiose, spirituel et incontournable en Alberta

Plongez au cœur du site UNESCO Head-Smashed-In Buffalo Jump : culture Blackfoot, chasse au bison, légendes, rituels et paysages saisissants de l’Alberta.

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, Head-Smashed-In Buffalo Jump est l’un des lieux les plus puissants pour comprendre l’histoire des peuples Blackfoot (Niitsitapi), la relation sacrée avec le bison et l’ingéniosité millénaire des techniques de chasse qui ont façonné les Prairies pendant près de 6 000 ans.

C’est un site spectaculaire, mais aussi un lieu de mémoire. On y vient pour les paysages infinis, pour les bisons, pour la falaise… et on en repart avec un regard différent sur la manière dont les peuples autochtones vivaient en harmonie avec cet environnement. On découvre aussi un centre d’interprétation qui, malgré un contenu très riche, gagnerait aujourd’hui à être modernisé et à proposer davantage d’explications en français.

🌾 Un musée encastré dans la colline, face aux Prairies

La première surprise, c’est l’architecture du musée : le bâtiment est littéralement encastré dans la colline. Depuis le plateau, il se fond presque dans le relief, comme pour ne pas perturber la ligne naturelle des plaines. C’est un geste architectural fort, qui respecte le caractère sacré du paysage.

À l’intérieur, de grandes baies vitrées ouvrent sur une vue saisissante : les Prairies à perte de vue, une lumière changeante, un ciel immense. On imagine sans difficulté les immenses troupeaux de bisons, ou inii, qui se déplaçaient autrefois sur ces terres.

🪶 Niitsitapi, “les vrais humains” : les peuples Blackfoot

Head-Smashed-In Buffalo Jump se trouve sur le territoire des Niitsitapi, que l’on appelle souvent les Blackfoot. Le centre d’interprétation consacre plusieurs espaces à leur culture, à leur histoire et à leur présence aujourd’hui. On y apprend par exemple quelques mots de la langue :

  • Oki : bonjour
  • Inii : bison
  • Pis’kun : buffalo jump
  • Niitsitapi : “vrais humains”, les peuples Blackfoot
  • Naápiikoan : personne non-Blackfoot

Plusieurs panneaux évoquent aussi la vie actuelle des communautés Blackfoot, leurs drapeaux, les pow-wow, les célébrations et la façon dont cette culture continue de vivre aujourd’hui. C’est un point très positif du musée.

On remarque toutefois que certains textes de l’exposition utilisent encore le terme “Indian”, une terminologie héritée d’époques passées, aujourd’hui jugée inappropriée et blessante. On sent que le contenu mériterait une mise à jour pour refléter un vocabulaire plus respectueux et actuel.

🪨 L’origine du nom “Head-Smashed-In”

Le nom du site vient d’une ancienne légende Blackfoot. Un jeune garçon, fasciné par les bisons, voulait assister à la chasse de très près. Il se serait posté sous la falaise, dans une cavité rocheuse, pour voir les animaux tomber devant lui. Mais lors de la grande chasse, les bisons se sont précipités du haut de la falaise et les carcasses se sont accumulées. On raconte que le garçon aurait été retrouvé la tête écrasée, ce qui aurait donné au lieu son nom dramatique : Head-Smashed-In.

Au-delà de l’anecdote, cette histoire rappelle la puissance du bison, la force de la nature et le caractère sacré de ce paysage. On ne domine pas ce lieu : on cohabite avec lui.

💡 Le savais-tu ?

Pendant près de 6 000 ans, les peuples Blackfoot ont chassé le bison sur ce site sans épuiser les troupeaux. En quelques décennies seulement, la chasse européenne à une échelle quasi industrielle, a pratiquement fait disparaître les bisons des Prairies nord-américaines.

🐃 Comment fonctionnait un buffalo jump ?

Le buffalo jump n’était pas une chasse improvisée. C’était une opération extrêmement coordonnée, qui combinait connaissance fine du terrain, compréhension du comportement animal et rituels spirituels. Le mot blackfoot pour désigner ce type de site est Pis’kun.

🔸 Avant la chasse : chants et préparation spirituelle

Avant de conduire les bisons vers la falaise, la communauté faisait appel à une Femme dotée de dons spirituels. Par son chant, elle invoquait l’esprit du bison. Ce chant, dit-on, “voyageait sur la plaine” et établissait un lien entre les humains et les animaux. La chasse n’était pas qu’un acte de survie : c’était aussi un acte sacré.

🔸 Imiter le loup, rassurer comme un veau

Les bisons craignent naturellement les loups. Les chasseurs Blackfoot utilisaient cette connaissance à leur avantage :

  • Certains rabatteurs portaient des peaux de loups, dont l’odeur suffisait à affoler et orienter les bisons dans une direction donnée.
  • Un autre chasseur, plus petit, portait une peau de jeune bison. Son gabarit faisait croire au troupeau qu’il s’agissait d’un calf (veau) perdu ou en détresse. Les femelles, très protectrices, avaient tendance à se diriger vers lui.

Ces techniques reposaient sur une observation très fine du comportement animal : peur des prédateurs, instinct maternel, dynamique de groupe. Les troupeaux sont d’ailleurs menés par une femelle leader, que les autres suivent quasi systématiquement.

🔸 Les drive lanes : guider le troupeau vers la falaise

Sur le plateau, des rabatteurs se positionnaient en éventail pour empêcher les bisons de se disperser. Ils criaient, agitaient des peaux, utilisaient le relief et le vent pour orienter les animaux. Peu à peu, le troupeau se retrouvait canalisé dans des couloirs de rabattage, les drive lanes.

Dans le musée, une grande maquette du Pis’kun rend cette organisation très concrète. On y voit le plateau où paissent les bisons, puis la falaise, et enfin la zone de traitement des carcasses au pied du saut. La maquette montre le gathering basin, où les animaux étaient rassemblés, puis les drive lanes matérialisées par des cairns de pierres, de branches et de bouses. Le troupeau était conduit vers le bord, jusqu’au moment de panique où se produisait la stampede, la course désespérée qui projetait les bisons dans le vide. En bas, toute la communauté se mobilisait sur le kill site, puis dans la zone de transformation des carcasses. On réalise alors l’ampleur de la coopération nécessaire pour chaque chasse.

Un bison mâle adulte peut peser jusqu’à une demi-tonne, et un veau naît déjà autour de 40 kg. La force dégagée par une stampede de plusieurs dizaines d’animaux est difficile à imaginer… tant qu’on n’a pas vu ce site.

🔸 Après la chasse : respect absolu de l’animal

Pour les Niitsitapi, le bison n’était pas une simple “ressource” mais un parent non humain. Tout était utilisé :

  • viande fraîche ou séchée,
  • peaux pour les tipis, vêtements et mocassins,
  • tendons pour les arcs et les cordes,
  • os pour fabriquer outils, aiguilles et armes,
  • graisse pour la cuisine ou les lampes,
  • organes et estomac utilisés comme récipients naturels.

L’un des éléments les plus fascinants exposés au musée est la technique utilisée pour faire bouillir l’eau : les Blackfoot creusaient un trou qu’ils imperméabilisaient en broyant des os de bisons, avant d’y verser de l’eau chauffée avec des pierres brûlantes. Ingénieux, écologique et terriblement efficace.

🐕 Les chiens, compagnons indispensables des Blackfoot

Avant l’arrivée des chevaux sur les Plaines, les Niitsitapi vivaient et se déplaçaient avec l’aide précieuse de leurs chiens. Ces animaux étaient de véritables alliés du quotidien. Ils tiraient notamment un travois, une sorte de brancard composé de deux longues perches (les mêmes qui formaient l’armature du tipi) reliées entre elles.

Lorsque les groupes se déplaçaient, les perches du tipi étaient démontées et fixées derrière le chien, et la grande peau qui formait l’enveloppe du tipi était roulée et attachée dessus. Les chiens transportaient ainsi une partie du campement, permettant au groupe de voyager plus vite et plus loin.

Tout ce que les chiens ne pouvaient pas porter était réparti entre les hommes et les femmes, chacun contribuant à l’effort collectif.
On comprend alors à quel point la vie sur les Plaines reposait sur une organisation fine, où humains, chiens et bisons jouaient chacun un rôle essentiel.

📜 Les Blackfoot Winter Counts : un calendrier de mémoire

Un autre élément marquant de l’exposition est le panneau consacré aux Winter Counts. Il s’agit de calendriers pictographiques, parfois peints sur des peaux de bisons, où chaque année est résumée par un symbole :

  • une bataille,
  • une épidémie,
  • un hiver particulièrement rude,
  • un événement spirituel,
  • l’arrivée d’un groupe ou d’un objet nouveau.

Chaque pictogramme représente une année entière de souvenirs, racontée ensuite oralement par les gardiens de la mémoire. C’est un système d’archives à la fois artistique, historique et profondément humain.

✨ Napi, le Créateur et le filou sacré

Le musée consacre aussi un espace à Napi, figure centrale de la spiritualité Blackfoot. Napi est à la fois créateur, enseignant et filou sacré. La tradition raconte qu’il a :

  • créé les deux premiers bisons, l’un partant au nord, l’autre au sud,
  • modelé le premier humain à partir de boue,
  • doté les humains de dons et de responsabilités,
  • insisté sur le fait que nous ne devons pas être paresseux, mais faire notre part dans ce monde.

Cette histoire donne une profondeur supplémentaire à la relation entre les Niitsitapi, le bison et le paysage : tout est lié, tout a été pensé pour fonctionner ensemble.

🏛️ Un musée riche… mais qui vieillit

Le centre d’interprétation a beaucoup de potentiel : les contenus sont riches, les maquettes sont parlantes, les panneaux mettent en avant la culture Blackfoot et dénoncent clairement les ravages causés par la chasse massive et éffrénée européenne. On y voit par exemple les manteaux de chasseurs de peaux (hide hunters) et les témoignages du quasi-extermination du bison au XIXe siècle. Ces chasseurs ont décimé les populations de bisons, pour le simple plaisir de la chasse, estimant sans doute à tort que la ressource était inépuisable. On a des récits de carcasses de bisons empilées par dizaines et laissées à pourrir en plein air, par ces chasseurs peu soucieux de durabilité.

Mais lorsqu’on a précédemment visité le Royal Alberta Museum (RAM) d’Edmonton, la comparaison peut être au désavantage de ce site. Head-Smashed-In souffre d’un côté un peu ancien: typographie datée, vitrines un peu chargées, terminologie à actualiser et absence de panneaux en français. Rien qui empêche la visite d’être intéressante, mais assez pour donner envie d’une mise à jour à la hauteur de l’importance du site.

📅 Quand visiter Head-Smashed-In Buffalo Jump ?

Après cette visite, je recommanderais :

  • Septembre – octobre : probablement la meilleure période. Les températures sont encore agréables, les paysages d’automne sont magnifiques et le vent reste supportable.
  • Été (juillet–août) : sur le plateau, il peut faire très chaud et il y a peu d’ombre. Prévoyez chapeau, eau et crème solaire.
  • Juste après les premières neiges : c’est là que les routes secondaires, comme la 785, deviennent vraiment traîtresses.
  • En hiver : le site reste ouvert, mais les conditions sont rudes. À réserver aux plus motivés (et bien équipés).

📍 Infos pratiques

Adresse : 275068 Secondary Highway 785, Fort Macleod, Alberta, Canada.

Distance depuis Calgary : environ 1 h 30 à 2 h de route en voiture (selon le trafic et la météo).

Accès recommandé : privilégier la Highway 2. Éviter la route 785 en automne et en hiver : gravillons, neige fondue et ornières profondes peuvent rendre la conduite difficile et endommager la voiture.

Horaires : généralement ouvert du mercredi au dimanche, de 10 h à 17 h (fermé le lundi et le mardi – vérifier les horaires à jour avant la visite).

Tarifs indicatifs :

  • Adultes : 15 CAD
  • Seniors (65+) : 13 CAD
  • Jeunes (7–17 ans) : 10 CAD
  • Enfants (0–6 ans) : gratuit
  • Famille (2 adultes + jeunes) : 40 CAD

🚗 La route 785 : notre mésaventure à ne pas reproduire

Pour gagner quelques minutes, notre GPS nous a proposé de passer par la route 785. Mauvaise idée! Sur près de 23 km, nous avons roulé sur un mélange de gravillons et de neige fondue, avec des ornières profondes par endroits. Nous avons vraiment eu peur que la voiture ne s’embourbe ou ne cale.

Les gravillons sont aussi un risque pour la carrosserie et le pare-brise, surtout lorsqu’on croise d’autres véhicules. Résultat : une voiture repeinte couleur boue de la tête aux pieds, et un bon stress en prime. Clairement, je ne recommande pas cet itinéraire, surtout en automne et en hiver.

🧭 Bilan : un site qui marque durablement

Malgré un musée qui mériterait une modernisation et des panneaux à actualiser, Head-Smashed-In Buffalo Jump reste un lieu majeur en Alberta. On y comprend :

  • l’ingéniosité des peuples Blackfoot,
  • la profondeur de leur relation au bison,
  • la dimension spirituelle de la chasse,
  • l’ampleur des ravages causés par la colonisation et la chasse industrielle.

Entre la falaise, les plaines, les histoires de Napi, les Winter Counts et les reconstitutions du Pis’kun, c’est un endroit qui reste longtemps en tête. Si vous aimez l’histoire, les grands espaces et les cultures autochtones, c’est une visite à faire au moins une fois lors d’un séjour en Alberta. 🦬

La Calgary Public Library :Lieu de culture et de vie

La Central Library de Calgary est bien plus qu’une simple bibliothèque. Entre architecture spectaculaire, espaces dédiés aux enfants, lieux d’étude, expositions culturelles et ateliers créatifs, ce bâtiment emblématique d’East Village est devenu un véritable lieu de vie. Découvrez pourquoi cette bibliothèque moderne figure parmi les lieux les plus remarquables du monde selon le magazine Time.

Au cœur d’East Village se trouve l’un des lieux à ne pas râter de Calgary : la Calgary Central Public Library. Dès l’extérieur, son architecture contemporaine attire le regard. Sa façade géométrique claire, avec ces tuiles apposées de manière irrégulière contraste avec les immeubles plus anciens du quartier et donne déjà un aperçu de ce qui attend les visiteurs à l’intérieur.

Un réseau de bibliothèques à l’échelle de la ville

Le bâtiment dont il est question dans cet article est la Calgary Central Library, mais il faut savoir que cette bibliothèque fait partie d’un réseau bien plus large. La Calgary Public Library compte aujourd’hui 22 bibliothèques réparties dans toute la ville, permettant aux habitants d’accéder facilement aux livres, aux ressources éducatives et aux activités culturelles dans leur quartier.

L’histoire des bibliothèques publiques à Calgary remonte au début du XXᵉ siècle. La première bibliothèque de la ville a ouvert ses portes en 1912, grâce notamment à la générosité de donateurs privés et de philanthropes.

Parmi eux figure Andrew Carnegie, industriel écossais devenu l’un des grands mécènes de son époque. Carnegie a financé la construction de centaines de bibliothèques publiques en Amérique du Nord, convaincu que le savoir devait être accessible au plus grand nombre.

À Calgary, sur les 100 000 dollars nécessaires à l’ouverture de la première Central Library, Andrew Carnegie a contribué à hauteur de 80 000 dollars. Cette participation majeure a poussé la ville à compléter le financement afin de permettre la réalisation du projet.

Plus d’un siècle plus tard, l’esprit reste le même : faire de la bibliothèque un lieu ouvert, accessible et vivant.

Une architecture spectaculaire

Le bâtiment actuel s’élève sur quatre étages et a nécessité un investissement d’environ 245 millions de dollars canadiens. Il est le fruit d’une collaboration entre le cabinet d’architecture américano-norvégien Snøhetta et la firme canadienne DIALOG, dont le projet commun a remporté un concours international de design en 2013. Leur proposition se distingue par une architecture aux lignes évoquant une forme ovale et par un intérieur spectaculaire organisé autour d’un vaste atrium central, baigné de lumière grâce à une grande verrière. Le regard voyage le long des courbes de bois, les lignes élégantes, les plafonds travaillés et les grandes ouvertures qui donnent au lieu une atmosphère à la fois chaleureuse, calme et impressionnante.

La bibliothèque s’organise autour de vastes espaces ouverts, comme des paliers/plateaux, reliés par de larges escaliers et des passerelles qui offrent de très beaux points de vue sur les différents niveaux. Le côté contemporain de l’espace fait que l’on ne circule pas de manière linéaire. Les immenses baies vitrées laissent entrer la lumière et permettent aussi d’observer la ville sous un angle différent.

On est loin de l’image vieillotte, figée ou austère que l’on peut parfois avoir d’une bibliothèque. C’est un lieu où on prend le temps de rester, circuler, s’installer, lire, travailler ou simplement admirer.

La construction du bâtiment a été achevé en 2018. En 2019, la nouvelle bibliothèque a été classée par le magazine Time parmi les 100 lieux les plus remarquables du monde.

Prouesse technique et espace

La construction de la Central Library a également représenté une véritable prouesse technique. Avant même de pouvoir bâtir l’édifice, il a fallu commencer par un chantier particulier : encapsuler une section du CTrain, la ligne de métro léger qui traverse le site. Sur environ 135 mètres, la voie de la ligne rouge de Calgary Transit, qui sort d’un tunnel juste sous l’emplacement de la bibliothèque, a dû être entièrement recouverte et intégrée dans une structure protectrice. Cette première étape, lancée en mai 2014 et achevée en septembre 2015, a représenté à elle seule un investissement d’environ 25 millions de dollars et a permis de sécuriser la ligne tout en rendant possible la construction du bâtiment au-dessus.

La bibliothèque a finalement ouvert ses portes au public le 1er novembre 2018, lors d’une inauguration marquée par la présence d’une figure emblématique du Canada : l’astronaute Chris Hadfield, venu consacrer officiellement ce nouveau lieu dédié au savoir. Une présence hautement symbolique pour un bâtiment qui célèbre à la fois la curiosité, l’apprentissage et l’exploration — qu’elle soit intellectuelle ou… spatiale. 🚀

Un lieu de culture et de mémoire

La Calgary Public Library est un lieu où l’on vient emprunter des livres, mais pas seulement. C’est aussi un espace où l’histoire, la culture et la mémoire dialoguent.

On y trouve notamment des sections consacrées à l’histoire de l’Ouest canadien et aux cultures autochtones. Certains panneaux de bienvenue mettent en avant plusieurs langues autochtones, ce qui rappelle que Calgary s’inscrit dans une histoire plus large, ancienne et plurielle.

Lors de ma dernière visite, une exposition évoquait également la Seconde Guerre mondiale et les camps. Ce type de contenu donne à réfléchir et rappelle, sans grands discours, l’importance de transmettre l’histoire pour ne pas la reproduire. La bibliothèque devient alors aussi un lieu de vigilance, d’éducation et de conscience collective.

Un espace pour apprendre à tout âge

La bibliothèque accueille des visiteurs de tous âges et répond à des besoins très différents.

Les plus grands y trouvent des espaces pour réviser, travailler ensemble, faire des recherches ou simplement se poser dans un environnement calme et agréable. On y croise des étudiants, des adolescents, des adultes venus travailler seuls ou en groupe.

La bibliothèque propose également des activités et des ateliers, y compris pour les enfants. Il peut s’agir d’ateliers créatifs, de couture ou d’autres initiatives qui montrent que l’apprentissage ici ne se limite pas à la lecture. On vient aussi pour découvrir, expérimenter et développer de nouvelles compétences.

Un vrai lieu d’accueil pour les enfants

L’espace enfants mérite aussi d’être évoqué. C’est un véritable univers pensé pour eux.

On y trouve une grande quantité de livres, avec une vraie variété de thèmes, de formats et de niveaux. Mais il y a aussi des jeux, des installations pour grimper, manipuler, construire et imaginer. Tout est pensé pour donner envie aux enfants d’explorer.

C’est un lieu vivant, intelligent et accueillant, qui montre qu’une bibliothèque peut être aussi un espace de curiosité, de mouvement et de plaisir. Chaque âge a été pris en compte.

Un lieu de vie au cœur de la ville

Autre atout : la présence d’un café à l’intérieur. Cela renforce encore cette impression de lieu ouvert, moderne et habité, où l’on peut passer du temps sans se sentir bousculé ou intimidé.

On peut venir pour lire, pour travailler, pour accompagner ses enfants, pour visiter une exposition ou simplement pour faire une pause dans sa journée. C’est cette diversité qui rend la Calgary Public Library si intéressante : elle ne s’adresse pas à un seul public, mais à toute la ville.

Un lieu où chacun trouve quelque chose qui l’intéresse

C’est sans doute ce qui fait la force de cette bibliothèque. On y trouve à la fois :

  • des espaces de lecture,
  • des zones de travail et de révision,
  • des ateliers et activités,
  • un espace enfants riche et ludique,
  • des expositions culturelles et historiques,
  • et un café pour prolonger la visite.

Autrement dit, un lieu où chacun peut trouver quelque chose qui l’intéresse.

Dans une époque où les espaces publics de qualité sont précieux, la Calgary Public Library apparaît comme un équipement municipal multi facettes. C’est un lieu de culture, de rencontre, de transmission et de respiration au cœur de la ville.

Et même si vous n’êtes pas venu chercher un livre, cela vaut vraiment la peine d’y entrer.

Fortuna’s Row : une escapade culinaire entre Amérique latine classique et modernité à Calgary

Sur 17th Avenue à Calgary, Fortuna’s Row revisite les saveurs de l’Amérique latine dans un décor élégant et moderne. Une adresse vibrante où cuisine créative et ambiance chaleureuse se rencontrent.

Cela faisait un moment que j’avais envie de découvrir la cuisine sud-américaine. Une curiosité culinaire qui me trottait dans la tête depuis quelque temps.

À première vue, ce n’est pourtant pas forcément la cuisine que l’on imagine trouver à Calgary. Lorsque l’on pense à la scène gastronomique de la ville, on pense plutôt aux steakhouses, aux influences nord-américaines ou encore à la cuisine asiatique très présente. On pourrait presque croire — à tort — que la gastronomie latino-américaine y est peu représentée.

Et pourtant.

Au détour de la 17th Avenue SW, une adresse est venue répondre à cette envie : Fortuna’s Row, un restaurant qui propose une interprétation moderne et créative des cuisines d’Amérique latine.

Par une froide soirée d’hiver — la neige encore visible sur les trottoirs — nous avons poussé la porte de ce restaurant installé derrière une façade de briques rouges.


Une atmosphère à la fois brute et élégante

Le décor mêle béton brut, briques apparentes et éclairages chaleureux, créant une ambiance à la fois contemporaine et accueillante. De grandes suspensions circulaires en fibres naturelles flottent au-dessus des tables diffusant une lumière douce qui réchauffe les lieux.

Les tables rondes en pierre, les chaises en cannage et les banquettes confortables donnent à la salle une atmosphère presque méditerranéenne.

Au fond du restaurant, un bar occupe l’espace avec ses étagères en bois éclairées, ponctuées de plantes suspendues et de bouteilles soigneusement alignées.

L’ensemble est à la fois industriel, élégant et vivant. Un décor qui pourrait tout aussi bien se trouver à Montréal, New York ou Mexico City… mais nous sommes bien à Calgary.


La cuisine ouverte : le spectacle commence

L’un des aspects les plus appréciables de Fortuna’s Row est sans doute sa cuisine ouverte. Installés au comptoir, nous avons pu observer les chefs travailler à quelques mètres de nous. Les gestes sont précis, rapides, presque chorégraphiés. Les assiettes prennent forme sous nos yeux, dressées avec minutie avant de rejoindre la salle.

Au centre de la cuisine trône un impressionnant four en briques, rappel des traditions culinaires latino-américaines et véritable cœur de l’activité. Cette proximité avec les chefs transforme le dîner en véritable expérience. On voit les plats se construire, les sauces être nappées, les garnitures ajoutées avec précision. Chacun connait son rôle et l’exécute avec minutie, le mot brigade prend tous son sens.


Une cuisine inspirée par l’Amérique du Sud

La carte de Fortuna’s Row s’inspire largement des cuisines d’Amérique latine — Pérou, Mexique, Argentine ou encore Équateur — tout en intégrant des produits locaux et une approche résolument contemporaine.

Le menu s’organise autour de petites assiettes et de plats à partager, permettant de découvrir plusieurs saveurs au fil du repas.

On y retrouve notamment :

  • ceviche
  • empanadas
  • pupusas
  • pollo saltado
  • plats de poisson et de viande grillée

L’ensemble repose sur un jeu subtil entre acidité, épices, textures et fraîcheur, caractéristique des cuisines latino-américaines.


Des assiettes aussi belles que savoureuses

Chez Fortuna’s Row, les plats sont aussi soignés visuellement qu’en bouche.

Parmi les plats les plus visuellement marquants, difficile de ne pas mentionner les tortillas noires, avec lequel nous avons débuté notre repas. Leur couleur profonde contraste avec les garnitures et les sauces aux teintes chaudes. Servies avec une préparation généreuse et relevée, elles offrent un jeu intéressant entre croustillant, onctuosité et épices. Un plat qui illustre parfaitement l’esprit de la cuisine du restaurant : à la fois audacieux, moderne et profondément ancré dans des influences latino-américaines.

Puis nous avons partagé un plat de bœuf sirloin remarquable. La cuisson est parfaitement maîtrisée et la viande est incroyablement tendre. Le couteau s’y enfonce facilement, la texture est fondante. Le bœuf repose dans une sauce douce et veloutée, qui vient envelopper la viande sans masquer sa saveur.

Enfin, nous avons choisi un bol particulièrement coloré, où les ingrédients sont disposés avec soin On y découvre des crevettes délicates, des légumes croquants finement râpés, des algues, des champignons et des herbes fraîches, le tout ponctué de graines de sésame. Chaque bouchée offre un mélange de textures et une belle fraîcheur, donnant à l’ensemble un équilibre très agréable.

Dans chacune de ces assiettes, on retrouve ce fil conducteur qui traverse toute la carte : une cuisine inspirée des traditions sud-américaines, mais revisitée avec créativité et finesse.


Le concept “Let Us Feed You”

Fortuna’s Row propose également une expérience appelée “Let Us Feed You”.

Dans ce format, le chef compose lui-même le repas pour la table, en sélectionnant plusieurs plats à partager. Une manière idéale de découvrir différentes spécialités de la carte et de se laisser surprendre par les propositions du moment.

Ce concept renforce l’esprit convivial du restaurant et transforme le dîner en expérience culinaire guidée et conviviale.


Un final plein d’humour

Pour conclure le repas, les desserts continuent de faire voyager les papilles avec des inspirations latino-américaines. Mais c’est surtout un petit détail qui nous a fait sourire : un biscuit en forme de cochon, posé comme un clin d’œil amusant pour terminer la soirée.

Un geste simple mais qui reflète bien l’esprit du lieu : une cuisine sérieuse dans sa maîtrise, mais jamais prétentieuse.


Une adresse vibrante sur 17th Avenue

Avec son décor travaillé, sa cuisine inventive et son atmosphère animée, Fortuna’s Row fait partie de ces restaurants qui illustrent l’évolution de la scène gastronomique de Calgary.

C’est une adresse idéale pour :

  • un dîner entre amis
  • une soirée en amoureux
  • découvrir une cuisine latino-américaine moderne
  • vivre une expérience culinaire originale dans la ville

Une belle surprise qui prouve que, même à Calgary, les influences culinaires venues d’Amérique latine ont toute leur place à table.


📍 Fortuna’s Row
1214 17 Ave SW
Calgary, Alberta


Waterton Lakes National Park : l’escapade nature aux portes du Montana

Situé à la frontière entre l’Alberta et le Montana, Waterton Lakes National Park offre des paysages spectaculaires entre lac, montagnes et patrimoine historique. Découvrez le Prince of Wales Hotel, la frontière lacustre et les conseils pratiques pour organiser votre visite.

À environ trois heures de route au sud de Calgary, niché à la frontière entre le Canada et les États-Unis, se trouve un joyau encore relativement préservé du tourisme de masse : Waterton Lakes National Park.

Moins médiatisé que Banff ou Jasper, Waterton n’en est pas moins spectaculaire. Ici, les Rocheuses plongent littéralement dans les eaux d’un lac aux reflets changeants, dans une atmosphère à la fois paisible et grandiose.


Le Prince of Wales Hotel : un air d’Écosse dans les Rocheuses

Impossible d’évoquer Waterton sans parler de son emblème : le majestueux Prince of Wales Hotel.

Perché sur une colline balayée par les vents, cet hôtel tout de bois vêtu domine le lac avec une élégance presque irréelle. Construit dans les années 1920, il rappelle l’influence britannique encore très présente dans l’Ouest canadien.

À l’intérieur, le charme opère immédiatement : boiseries, ambiance feutrée, grandes baies vitrées… sans oublier le personnel vêtu de tartan rouge, clin d’œil assumé aux traditions écossaises. Le lieu a quelque chose d’intemporel, presque cinématographique.


Un lac partagé entre deux pays

Le lac qui borde l’hôtel — Upper Waterton Lake — possède une particularité géographique fascinante : il est partagé entre le Canada et les États-Unis.

Sans barrière physique visible, la frontière traverse discrètement ses eaux. Une moitié se trouve en Alberta, l’autre au Montana. Une curiosité qui rappelle à quel point la nature, elle, ignore les lignes tracées par les hommes.

Le saviez-vous ? Une frontière invisible… au milieu de l’eau

Upper Waterton Lake possède une particularité géographique assez rare : il est partagé entre deux pays.

Sa partie nord se situe en Alberta (Canada), tandis que sa partie sud se prolonge dans le Montana (États-Unis). Aucune barrière, aucune bouée ne matérialise physiquement la frontière : seule une ligne imaginaire traverse le lac.

Cette configuration fait de Waterton un site transfrontalier unique, relié côté américain au Glacier National Park. Les deux parcs forment ensemble la première Réserve internationale de la paix au monde (1932), pensée comme un symbole durable d’amitié entre le Canada et les États-Unis.

Un détail fascinant quand on contemple ces paysages où la nature, elle, ne connaît aucune frontière.


Waterton Townsite : charme alpin et maisons en rondins

En contrebas de l’hôtel se déploie la petite ville de Waterton, souvent appelée Waterton Townsite.

On y découvre de superbes log cabins — ces maisons en rondins de bois massif typiques de l’Ouest nord-américain. Loin de la simple cabane rustique, beaucoup sont de véritables résidences de villégiature : vastes, élégantes, parfaitement intégrées dans le paysage.

L’ensemble dégage une atmosphère très estivale, presque balnéaire version montagnes.


Une destination surtout estivale

Waterton vit principalement au rythme de la belle saison.

L’été attire randonneurs, amateurs de kayak, cyclistes et amoureux de panoramas grandioses. À l’inverse, l’hiver y est beaucoup plus calme, certaines infrastructures fermant même partiellement.

C’est donc une destination idéale pour une escapade entre mai et septembre.


Un parc inclus dans le Pass Parcs Canada

Waterton fait partie du réseau Parcs Canada.

Concrètement, si vous avez déjà acheté un Discovery Pass pour Banff, Jasper ou d’autres parcs nationaux, l’entrée à Waterton est incluse — un excellent moyen d’optimiser votre abonnement lors d’un road trip en Alberta.


Aux portes de la frontière américaine

L’un des aspects les plus marquants de la visite reste la proximité immédiate avec les États-Unis.

Il est possible de rouler jusqu’à des zones signalées par des panneaux indiquant la frontière toute proche. En poursuivant la route, on atteint rapidement les postes douaniers : de l’autre côté commence le Montana.

Une sensation assez unique que de se retrouver à quelques kilomètres seulement d’un autre pays, au cœur d’un décor naturel aussi spectaculaire.


Conseils pratiques : prévoyez une veste, même en été

Même en été, le climat peut changer très vite à Waterton. Entre vents descendant des montagnes et averses soudaines, mieux vaut prévoir une petite veste de pluie ou un bon coupe-vent.

Le soleil peut laisser place aux nuages en quelques minutes… mais c’est aussi ce qui donne au lieu son atmosphère dramatique et ultra photogénique.


Infos pratiques pour organiser votre visite

  • 📍 Localisation : Waterton Lakes National Park se situe au sud de l’Alberta, à la frontière directe avec l’État du Montana.
  • 🚗 Temps de route depuis Calgary : environ 3 heures (environ 270 km) via l’AB-2 puis l’AB-5 — une route très agréable en été.
  • 🎟️ Accès au parc : le parc fait partie du réseau Parcs Canada. Le Discovery Pass (utilisé à Banff/Jasper) y est donc valide.
  • 🏨 Hébergement emblématique : le Prince of Wales Hotel est l’adresse iconique pour la vue sur le lac (même sans y dormir, le détour vaut le coup).
  • 🗓️ Meilleure période : de mai à septembre. En hiver, le village est beaucoup plus calme, et certaines infrastructures peuvent être fermées.
  • 🌦️ Météo : elle peut tourner vite. Prévoyez coupe-vent, imperméable et couches superposables.
  • 🛂 Frontière américaine : certaines routes mènent à quelques kilomètres seulement des postes douaniers. Passeport +ESTA requis si vous souhaitez traverser vers le Montana.

✨ Chic à la canadienne : 7 boutiques à découvrir au Chinook Mall (même si on n’achète rien !)

Calgary ne se résume pas aux grands espaces et au Wild West. Au Chinook Mall, on découvre un luxe canadien discret, chaleureux et profondément nord-américain. Une balade shopping chic.

Chinook Centre

Tout est parti d’un moment très simple. Quelques photos prises chez Williams Sonoma, envoyées à des proches . La réaction a été immédiate : « Mais… c’est tellement chic et super joli! »

Et c’est précisément là que l’idée de cet article est née.

Parce que non, Calgary ne se résume pas aux grands espaces, aux bottes de cow-boy et aux paysages de l’Ouest. Il existe ici une forme de luxe discret, chaleureux, profondément ancré ici, que l’on connaît moins bien en Europe — et qui mérite pourtant d’être évoqué.

Cet article n’est pas une invitation à consommer et à dépenser de manière inconsidérée. C’est une balade, une immersion, une façon d’observer un certain art de vivre canadien. Même si on n’achète rien, on en ressort inspiré.


🌿 Le luxe canadien : un style à part

Le luxe, au Canada, ne s’exprime pas comme à Paris, Milan ou Londres.

  • moins démonstratif
  • plus fonctionnel
  • très axé sur le confort
  • fortement influencé par le climat et la nature

On parle souvent de mountain luxury, de modern farmhouse ou de comfort chic : des lieux beaux et agréables, pensés pour être vécus au quotidien.


🛍️ Pourquoi le Chinook Mall est une référence à Calgary

Le Chinook Centre est sans conteste le centre commercial le plus haut de gamme de Calgary.

On y trouve :

  • une forte concentration de boutiques premium
  • une véritable expérience de shopping nord-américaine, avec magasins et Food Court
  • une ambiance calme, élégante, jamais oppressante

On y flâne sans pression, café à la main (double-double?), simplement pour le plaisir de regarder, de toucher les matières, de s’imprégner de l’atmosphère.


🍽️ Williams Sonoma — Le temple de l’art de vivre nord-américain

Chez Williams Sonoma on ets un peu face à une vision idéalisée du quotidien nord-américain.

Vaisselle raffinée, condiments, thés, casseroles en cuivre, linge de maison élégant, accessoires culinaires parfaitement mis en scène : tout évoque les repas de famille, les moments chaleureux, les grandes tablées, et certaines scènes de films ou d’émissions culinaires. Le magasin a une signature olfactive à part, car chaque jour on y fait bouillir dans une cocotte en fonte des épices dont l’odeur agréable se répand dans les lieux. Même sans achat, on repart avec des idées plein la tête. Certaines thématiques sont très liées à l’actualité, ainsi au moment de Noël, on retrouve tout un assortiment de douceurs typiques de cette période. On peut acheter des bases pour cocktail Bridgerton, des chocolats St Valentin ou encore de la vaisselle en lien avec le nouvel an lunaire asiatique. Mention spéciale pour les amateurs de thés, le magasin distribue les fameux thés Fortnum & Mason, incontournables de Londres, ainsi que différents cookies. Les emballages sont aussi très attractifs et peuvent apporter une touche déco dans votre cuisine.


🛋️ Pottery Barn — Le chic chaleureux

Pottery Barn incarne totalement le classic chic américain. Grands canapés, plaids épais, lampes élégantes, matières nobles : tout est pensé pour créer une sensation immédiate de confort et de chaleur. Une esthétique très catalogue « Ralph Lauren », bien différente des intérieurs européens plus formels.


🧸 Pottery Barn Kids — Des chambres qui font rêver

C’est souvent ici que les visiteurs européens sont le plus surpris. Chez Pottery Barn Kids, les chambres d’enfants deviennent de véritables univers : lits cabane, palettes douces, thèmes poétiques, textiles ultra cosy. On comprend vite que, culturellement, l’aménagement des chambres d’enfants occupe une place bien plus importante ici qu’en France.


🧥 Mackage — Le luxe canadien assumé

Mackage est une marque québécoise qui illustre bien le luxe canadien moderne. Ses manteaux et parkas se distinguent par des coupes flatteuses, des matières premium et un design élégant, pensé pour l’hiver urbain. À titre personnel, je trouve souvent leurs modèles plus contemporains et plus raffinés que certaines marques de parkas plus médiatisées à l’international.


🖤 Moose Knuckles — Une approche plus mode, plus affirmée

Moins connue en Europe, Moose Knuckles propose une vision plus audacieuse du vêtement d’hiver. Une marque pour celles et ceux qui aiment un style affirmé, sans compromis sur la qualité ni sur la protection contre le froid. Certains de leurs manteaux blancs pour femmes dégagent une certaine élégance chic qu’on ne peut pas rater.


❄️ Canada Goose — Une expérience en soi

Canada Goose reste incontournable, ne serait-ce que pour l’expérience proposée en boutique. Les espaces sont très pédagogiques : températures, performances, conditions extrêmes, on vous explique tout. Vous pouvez même voir exposé un patron du mythique « Big Red » lequel voit certains de ces éléments systématiquement repris dans les nouveaux modèles, tant ce modèle est la pierre angulaire de la marque. N’oublions pas que ces manteaux (matières et coupes) ont été utilisés pour des missions en Antarctique. C’est dire la robustesse, la fiabilité et le savoir fait de cette marque. On comprend pourquoi la marque est devenue un symbole du Canada moderne et du vêtement que l’on veut avoir pour affronter le froid.


👜 Tory Burch — Le chic américain encore discret en France

Tory Burch reste relativement peu connue en Europe. Cette marque américaine, propose dees sacs, chaussures et accessoires. Ils incarnent un chic preppy très nord-américain, élégant et très urbain.


👔 Et pour les hommes : Harry Rosen

Impossible de parler shopping premium à Calgary sans mentionner Harry Rosen. Véritable institution du luxe masculin canadien, l’enseigne propose une sélection de grandes maisons internationales dans une ambiance professionnelle, discrète et très orientée service.


💡 Le luxe accessible : se faire plaisir sans excès

Même sans gros budget, il est possible de repartir avec un joli souvenir :

  • un mug ou un torchon chez Williams Sonoma
  • une petite décoration saisonnière chez Pottery Barn
  • un accessoire intemporel chez Tory Burch

🕒 Conseils pratiques pour la visite

  • Meilleur moment : en semaine, en journée
  • Périodes intéressantes : Black Friday, Boxing Day (jour intéressant mais les magasins sont pris d’assaut)
  • Ambiance : calme, sûre, idéale pour flâner

Conclusion — Le luxe version canadienne

Calgary propose une vision du luxe différente : plus sobre, plus intégrée au quotidien. On ressort inspiré. Un aperçu du mode de vie nord-américain, loin du clinquant et tout aussi élégant.

Et c’est aussi ce contraste — entre Wild West et chic contemporain — qui fait tout le charme de la ville.

🏛️ Le Royal Alberta Museum : un joyau d’intelligence et de sens

Sans doute le plus beau musée que nous ayons visité au Canada jusque-là. Le Royal Alberta Museum d’Edmonton raconte l’histoire, la nature et les peuples de l’Alberta avec intelligence, sens et pédagogie, dans un parcours clair et captivant.

Il arrive que certaines visites dépassent les attentes. C’est exactement ce qui s’est produit au Royal Alberta Museum (RAM), en plein cœur du centre-ville d’Edmonton. Sans doute le plus beau musée que nous ayons visité au Canada jusque-là : riche, cohérent, moderne, et surtout remarquablement mis en scène.

Rien n’y est laissé au hasard : chaque objet semble à sa place, les parcours sont clairs, les thématiques bien identifiées. Le RAM réussit un équilibre rare entre exhaustivité et lisibilité. On ne se sent ni submergé, ni frustré. C’est un musée qui parle à tout le monde : adultes, enfants, passionnés d’histoire ou simples curieux de passage, comme nous l’étions.

👨‍👩‍👧‍👦 Un musée pensé pour la curiosité de tous

Le Royal Alberta Museum est un bel écrin architectural, il a de plus l’avantage d’être un lieu de transmission. On perçoit cela dans la façon dont les espaces sont organisés et dans la place laissée à l’interactivité.

Les enfants disposent d’une zone qui leur est dédiée dès l’arrivée 🧩 : jeux éducatifs, ateliers, expériences sensorielles, et de nombreux modules autour de la nature de l’Alberta. De quoi nourrir la curiosité des plus jeunes sans jamais les perdre, ou les noyer sous l’information.

Les adultes, eux, vont apprécier la cohérence du parcours et la qualité des explications bilingues 🇫🇷🇨🇦. Tout ici est pensé pour apprendre sans s’ennuyer, comprendre sans prise de tête, et s’émerveiller sans artifices.

🪲 Insectes, coraux et petites bêtes : la galerie des “Bugs”

Parmi les sections qui nous ont marquées, on peut citer sans hésitation celle consacrée aux insectes et autres “bugs”. Elle laisse une forte impression. Car c’est un véritable cabinet de curiosités vivantes.

On y croise des araignées 🕷️, des phasmes 🪳, des scorpions 🦂, des abeilles 🐝, des blattes et bien d’autres espèces fascinantes. Un joli aquarium de coraux 🐠 ajoute une touche de couleur et rappelle la diversité du vivant.

Les explications sont accessibles et pédagogiques, toujours en français ET en anglais. Un conseil cependant : attention si vous êtes arachnophobes ! 😅Vous risquez de faire des rencontres impressionnantes et velues!

🪶 Terres ancestrales, tipi et rencontre des mondes

La galerie d’histoire humaine est sans doute la plus belle partie du musée. Elle débute par les terres ancestrales de l’Alberta, habitées par les Premières Nations depuis des millénaires.

Les outils en silex, les objets artisanaux et les pièces cérémonielles racontent un lien profond avec la terre et la nature. Un tipi grandeur nature ⛺ occupe une place centrale : il symbolise à lui seul la continuité et la force des cultures autochtones.

On découvre les nations Déné, Nakoda, Blackfoot et bien d’autres encore, à travers leurs traditions, leurs savoir-faire et leurs “regalias” – ces tenues majestueuses, colorées et ornées qui incarnent la fierté de chaque peuple.

🦫 La Compagnie de la Baie d’Hudson et le commerce des fourrures

Vient ensuite la période des premiers échanges entre colons européens et peuples autochtones, marquée par le commerce des fourrures. La Compagnie de la Baie d’Hudson 🧭 joue ici un rôle clé : elle établit des postes de traite dans toute la région, échangeant peaux contre tissus, outils et couvertures.

Cette période a profondément bouleversé les modes de vie locaux, en introduisant de nouveaux produits mais aussi de nouvelles dépendances économiques.

💡 Le savais-tu ? La Compagnie de la Baie d’Hudson

Les fameuses couvertures à bandes colorées – blanche avec des rayures verte, rouge, jaune et bleue – étaient autrefois une monnaie d’échange prisée dans le commerce des fourrures. Elles symbolisaient le prestige et l’influence de la Compagnie.

Mais leur histoire est aussi marquée par la tragédie : les échanges commerciaux ont contribué à la propagation de maladies dévastatrices comme la variole parmi les communautés autochtones. Ces couvertures sont aujourd’hui des témoins silencieux d’un passé complexe.

Fondée au XVIIᵉ siècle, la Compagnie de la Baie d’Hudson a longtemps été un pilier du commerce canadien avant de fermer ses derniers grands magasins en 2025, après plus de 350 ans d’existence.

🎬 Écoles résidentielles : un espace de mémoire

Le musée aborde aussi avec sobriété le sujet difficile des écoles résidentielles. Dans une zone plus calme et tamisée, des films documentaires et des objets d’époque racontent cette page douloureuse de l’histoire canadienne.

Le ton est mesuré, sans excès. On y découvre la réalité des enfants séparés de leurs familles et de leurs langues. Un moment de silence, de respect, et de réflexion collective 🕊️.

⚙️ Prisonniers de guerre et soldats en Alberta

Pendant les deux guerres mondiales, l’Alberta a accueilli plusieurs camps de prisonniers de guerre. Le musée évoque ces épisodes méconnus à travers des lettres, photos et objets du quotidien.

Les prisonniers – souvent allemands ou italiens – étaient envoyés ici, dans des conditions climatiques extrêmes. Le RAM restitue avec pudeur cette partie de l’histoire, rappelant que même au cœur des Prairies, le monde en guerre a laissé des traces.

Des vitrines présentent aussi l’engagement de l’armée canadienne : uniformes, affiches, avions miniatures, maquettes. Loin de glorifier, le musée montre l’effort collectif d’un pays jeune confronté à la guerre.

🐎 De la vie rurale au hockey : une province en construction

La suite du parcours évoque la vie agricole et les débuts de la modernisation. On y voit la place du cheval et du rodéo 🤠, mais aussi la transformation progressive de l’Alberta au XXᵉ siècle.

Des objets liés à l’histoire des Edmonton Oilers 🏒 rappellent la passion du hockey, tandis qu’une section célèbre les Jeux olympiques d’hiver de Calgary 1988. L’histoire récente y trouve aussi une place, entre fierté et mémoire.

🦴 Dinosaures, faune et géologie : l’Alberta grandeur nature

À l’étage, changement de décor : bienvenue dans le monde de la nature et de la science. Les squelettes de dinosaures – dont un impressionnant Edmontosaurus – fascinent les visiteurs. On découvre aussi un paresseux géant, des ours, des castors et d’autres animaux emblématiques de la région, reconstitués dans leurs habitats naturels.

La section géologique est splendide 💎 : météorites, pierres précieuses, quartz, fossiles… Les vitrines brillent et fournissent les explications appropriées. On y comprend la richesse des sous-sols albertains et la beauté brute de la nature.

Un atelier de restauration visible du public permet d’observer le travail patient des équipes du musée. Lors de notre visite, c’était au tour d’un éléphant naturalisé 🐘 d’être au programme pour une remise en état.

🛍️ La boutique : un concentré d’art et d’artisanat

Avant de partir, un détour s’impose par la boutique. C’est une échoppe à souvenirs riche et variée: on y trouve de vraies pépites ✨ – infusions et thés, savons artisanaux, plaids, livres, objets déco et créations d’artistes autochtones.

Bonne nouvelle : il est possible de commander en ligne une partie de ces articles sur le site du musée 🛒.

📍 Infos pratiques – Royal Alberta Museum

Adresse : 9810 103A Ave NW, Edmonton, AB T5J 0G2 🇨🇦

Horaires :
Mercredi, vendredi, samedi et dimanche : 10 h – 16 h
Jeudi : 10 h – 20 h
(Fermé lundi et mardi, sauf jours fériés – vérifier le calendrier avant votre visite.)

Tarifs :
Adulte : 21 $ | Aîné : 14 $ | Jeune (7–17 ans) : 10 $ | Enfant (≤6 ans) : gratuit | Famille : env. 50 $

Site officiel : royalalbertamuseum.ca

🧭 À savoir avant de visiter Edmonton

Comme dans de nombreuses grandes villes nord-américaines, certains quartiers d’Edmonton présentent une vulnérabilité sociale plus visible : personnes en situation de marginalité, addictions, logements précaires…
Ce n’est pas un phénomène propre à Edmonton, mais il peut surprendre les visiteurs européens.

L’hypercentre, notamment autour de certaines rues, peut donner une impression moins sécurisante — rien d’insurmontable, mais utile à savoir pour préparer sa visite et choisir ses déplacements.

Le Royal Alberta Museum se situe dans une zone fréquentée et accessible, et assez centrale.

✨ En conclusion

Le Royal Alberta Museum est plus qu’un musée : c’est un miroir de l’Alberta. Il raconte ses peuples, sa nature, ses luttes et ses renaissances. On y découvre une province à la fois fière, complexe et passionnante.

Même si Edmonton ne séduit pas toujours au premier regard, le RAM, lui, vaut à lui seul le voyage. Un joyau discret, intelligent et profondément humain 💖.

Calgary 1988 : quand les Jeux olympiques d’hiver ont changé la donne ⛷️🔥

Calgary a accueilli les Jeux olympiques d’hiver de 1988 🎿🔥 : 57 nations, 46 épreuves, des sites devenus emblématiques (Olympic Oval, COP, Nakiska…), un héritage sportif unique et… l’aventure inoubliable de l’équipe jamaïcaine de bobsleigh qui inspira Rasta Rockett 🇯🇲🎬.

En février 1988, Calgary a accueilli le monde entier pour les XVes Jeux olympiques d’hiver. Pendant deux semaines, la ville est devenue la scène d’un événement historique qui a marqué non seulement le sport, mais aussi l’identité de Calgary telle qu’on la connaît aujourd’hui.

Des chiffres qui parlent 📊

  • 57 nations venues des quatre coins du globe 🌍
  • 1 423 athlètes en compétition
  • 46 épreuves dans 6 sports et 10 disciplines
  • Des sports de démonstration qui allaient devenir iconiques : curling 🥌, short-track ⛸️, ski acrobatique 🎿

Les sites de compétition 🏟️

  • Canada Olympic Park (COP / WinSport) : tremplins de saut à ski, piste de bobsleigh/luge/skeleton.
  • Nakiska (Mont Allan, Kananaskis) : station créée spécialement pour le ski alpin ⛷️.
  • Canmore Nordic Centre : biathlon et ski de fond dans un décor de carte postale.
  • Olympic Oval (Université de Calgary) : première grande patinoire de vitesse couverte au monde – « The Fastest Ice in the World ».
  • Olympic Saddledome (et autres arénas) : hockey et patinage artistique.
  • McMahon Stadium : cérémonies d’ouverture et de clôture avec le chaudron olympique.
  • Olympic Plaza (downtown) : remises de médailles quotidiennes, aujourd’hui patinoire et lieu d’événements au cœur de la ville.

Des Jeux (presque) rentables 💰

Contrairement à bien d’autres éditions, Calgary 1988 a été les premiers JO d’hiver à afficher un surplus d’organisation : environ 32 M$ CA. Ce surplus a alimenté des fonds de dotation destinés à entretenir les installations et à soutenir le sport canadien à long terme.

Nuance : la « rentabilité » évoque le budget du comité organisateur. Si l’on inclut les investissements publics d’infrastructure, le bilan est plus nuancé. Mais l’héritage sportif et urbain, lui, est bien réel.

🇨🇦 Le saviez-vous ? Bilan du Canada en 1988

À domicile, le Canada a décroché 5 médailles : 2 argent 🥈 et 3 bronze 🥉 (aucune en or). Les stars de cette édition furent: Elizabeth Manley (argent en patinage artistique) et Brian Orser (argent). Ce résultat a déclenché une grande réflexion nationale sur le soutien au haut niveau – qui portera ses fruits dans les décennies suivantes.

Focus sur l’Alberta 🌄

🌟 Le saviez-vous ? Karen Percy, héroïne de Banff

Née à Banff (Alberta), Karen Percy a offert au pays deux médailles de bronze en ski alpin (descente et super-G) et a porté le drapeau lors de la cérémonie de clôture. Une icône locale qui a marqué l’histoire des Jeux.

Héritage et traces visibles aujourd’hui 🏅

  • Canada Olympic Park (WinSport) : site de loisirs (ski, snowboard, tubing, camps). Les tremplins de saut sont désormais hors d’usage.
  • Olympic Oval (UCalgary) : toujours un centre majeur du patinage de vitesse mondial, héritage technologique clé des Jeux. Nous avons pu assister au championnat du monde de vitesse sur ce site.
  • McMahon Stadium : avec le chaudron olympique toujours en place, rallumé à l’occasion d’événements. C’est le stade de l’université de Calgary (U of C), où se déroulent les matchs e football américain.
  • Olympic Plaza : lieu emblématique du centre-ville, aujourd’hui en transformation (en travaux) pour devenir un espace culturel et rassembleur.

⚠️ Mise à jour : la piste de bobsleigh de Calgary

La piste historique (vue dans Rasta Rockett) est fermée depuis 2019 en raison du remplacement intégral requis du système de réfrigération. Les travaux de rénovation initialement envisagés ont été mis en pause, puis suspendus faute de financement, et WinSport a officiellement annoncé en 2024 la décommission de la piste au profit d’un nouveau cap d’investissement.

Conséquence : pas d’exploitation hivernale de la piste depuis 2019. L’Ice House (piste d’élan glacée intérieure) demeure en service pour l’entraînement estival.

Jamaïque, bobsleigh et… Rasta Rockett 🇯🇲🎬

🔥 Le saviez-vous ? L’aventure jamaïcaine

En 1988, la Jamaïque participait pour la première fois aux Jeux d’hiver… en bobsleigh ! Leur histoire de persévérance – marquée par un crash spectaculaire en 4-man – a inspiré le film culte Cool Runnings (Rasta Rockett en VF, 1993). Un clin d’œil culturel indissociable de l’édition calgarienne.

En bref ✨

  • Une première mondiale avec l’Oval couvert
  • Des infrastructures encore debout et utilisées (ou en transformation)
  • Des souvenirs gravés dans la ville (McMahon, Olympic Plaza, COP)
  • Un héritage financier via des dotations
  • Le courage des athlètes canadiens – et Karen Percy devenue héroïne albertaine
  • Une place éternelle dans la culture pop grâce à la Jamaïque et Rasta Rockett

👉 La prochaine fois que vous passez devant le Canada Olympic Park ou que vous patinez à l’Olympic Plaza, souvenez-vous : vous marchez sur les traces d’un moment qui a mis Calgary sur la carte du monde 🌍✨.

🇨🇦 L’esprit olympique, toujours bien vivant

A Calgary, les Jeux olympiques d’hiver ne sont jamais vraiment du passé. À l’approche de la prochaine édition à Milano-Cortina, l’intérêt se fait déjà sentir : affiches dans les malls, portraits d’athlètes de Team Canada mis en avant, marques et sponsors qui revendiquent fièrement leur engagement. Dans une ville comme Calgary, cette effervescence a une saveur toute particulière : certains athlètes s’entraînent ici même, sur des sites hérités de 1988 ou devenus des centres d’excellence nationaux. En février, nous serons nombreux devant nos écrans, prêts à vibrer et à envoyer toutes nos bonnes ondes à la délégation canadienne — forte de plus de 200 athlètes. Et parce que l’olympisme, c’est aussi une culture populaire bien ancrée, j’avoue avoir moi-même cédé à la fièvre olympique en m’offrant quelques pièces de merchandising Team Canada signées Lululemon : casquette, bonnet, hoodie, t-shirt… de vrais petits objets collectors pour l’avenir. Quarante ans après 1988, une chose est sûre : à Calgary, l’esprit olympique ne s’est jamais éteint — il se transmet, se renouvelle… et se vit pleinement 🏅🔥.

🐎❄️ Skijor à Banff : sport, héritage et grand rendez-vous d’hiver en Alberta

Skijor à Banff : un évènement spectaculaire alliant cheval et ski, mais aussi un grand rendez-vous populaire de l’hiver en Alberta. Histoire, culture cowboy, ambiance, conseils pour s’habiller.

🤔 Qu’est-ce que le skijor ?

Le skijor est une discipline spectaculaire qui associe le cheval et le ski. Un cavalier en selle, lance son cheval au galop pendant qu’un skieur, tracté derrière lui à l’aide d’une corde, slalome entre des obstacles, saute des bosses et exécute des figures acrobatiques. 🎿🐴

C’est un sport bref, intense, impressionnant, où la coordination entre le cavalier, le skieur et le cheval est essentielle. Tout se joue en quelques secondes. ⚡


🧭 Des origines anciennes, profondément liées au Nord

Le skijor trouve ses racines en Scandinavie, où il était pratiqué à l’origine avec des chevaux ou des chiens pour se déplacer sur la neige. En arrivant en Amérique du Nord, la pratique s’est transformée et adaptée aux grands espaces, à la culture western et à la tradition équestre. 🌲❄️

En Alberta, son implantation fait donc sens.


🤠 Pourquoi le skijor a toute sa place en Alberta

L’Alberta est une terre de chevaux, de ranchs et de cowboys. Le lien avec l’animal y est ancien, respecté, transmis. Le skijor s’inscrit naturellement dans cette culture hippique, comme une autre manière d’honorer la relation entre l’humain, le cheval et le territoire. 🐎

C’est aussi une province où l’hiver est long, présent, structurant. Le skijor devient alors une célébration au cœur de l’hiver : un moment où l’on ne subit pas la saison, mais où on la vit pleinement. ❄️✨ Comme un pendant au Stampede.


🏔️ Le skijor à Banff : un événement devenu incontournable

À Banff, le skijor s’est imposé comme un rendez-vous populaire et fédérateur. Chaque année, l’événement se déroule sur un week-end de janvier. Depuis peu une seconde session a lieu aà Calgary aussi, en février, le samedi et le dimanche. 📅. Cette année nous avons assisté à celui de Banff (17 et 18 janvier 2026).

  • Horaires : de 14h00 à 15h30
  • Durée : environ 1 heure 30 de compétition

Le parcours traverse le cœur de la ville, tout se passe sur l’artère principale. La rue est bordée de spectateurs, les terrasses sont pleines, les balcons aussi. On vient en famille, entre amis, parfois de loin, simplement pour être là. 👀


🎉 Un rassemblement populaire… et identitaire

Le skijor n’est pas qu’une compétition. C’est un rassemblement, un moment collectif, une autre forme d’hommage à la culture albertaine.

  • la culture du cheval 🐴
  • l’héritage cowboy 🤠
  • l’importance du collectif 👥
  • le rapport assumé au froid 🧤

C’est une fête, mais une fête ancrée dans le réel.


👗 Skijor : un immense rendez-vous mode

Impossible de parler du skijor sans évoquer son coté stylistique. Comme au Stampede, le chapeau de cowboy est un must. 🤠

Le style Skijor a des éléments incontournables, ou du moins récurrents:

  • des chapeaux de cowboy en feutre (version hiver du chapeau de cowboy)
  • des chapeaux en fourrure, et autres chapka
  • des santiags bien (re)sorties du placard 👢
  • des jeans bootcut
  • des manteaux en fourrure, vraie ou fausse
  • des looks “ski” assumés, avec des combinaisons matelassées très 80’s 🎿🧊

Le skijor est clairement un endroit où l’on vient pour voir et être vu.


🧥 À propos des fourrures : une réalité locale

Il faut ici apporter une nuance importante pour un regard européen.

Au Canada, et particulièrement en Alberta, les hivers sont rudes. De nombreuses femmes portent encore des manteaux en vraie fourrure, souvent hérités d’une mère ou d’une grand-mère. 🧣

Il ne s’agit pas d’une tendance récente, ni d’un statement mode. Mais d’un vêtement fonctionnel, durable, transmis et qui servait à affronter le climat rigoureux de l’hiver.

Dans ce contexte, la fourrure fait partie du paysage, sans provocation ni justification.


🧤 Se couvrir reste essentiel

Même si le skijor est un événement social et esthétique, il ne faut pas oublier une chose : il fait froid. ❄️

Bonnet, bandeau ou chapeau de cowboy, gants chauds, bottes adaptées (cowboy ou non), couches thermiques… ✅

Et pour celles qui le souhaitent : oui, on peut être coquette, maquillée, apprêtée. C’est même très courant. 💄✨


🥃 Esthétique nord-américaine assumée

On croise aussi des détails très marqués : des flasques à alcool à l’ancienne, sorties des poches, une esthétique très nord-américaine, presque cinématographique, qui participe à l’ambiance et à l’imaginaire collectif du skijor. 🎬


✨ Mon look du jour : adapter le code

De mon côté, j’ai choisi d’adapter le code, plutôt que de l’imiter.

  • manteau puff extra long blanc 🤍
  • bottes mukluks
  • jean skinny noir
  • ceinture cowboy en cuir avec boucle turquoise
  • boucles d’oreilles à plumes turquoise 🪶
  • gilet cowboy
  • chapeau cowboy en feutre marron 🤠
  • bandana au cou
  • gants Watson jaunes “crazy horse” 🧤

Je n’ai pas cherché à me fondre dans l’uniforme ou à me « déguiser », mais à dialoguer avec l‘esthétique de l’évènement et les codes des tenues à la mode albertaine.

Dans la rue, des jeunes filles m’ont spontanément gratifié d’un: “I love your hat, You look lovely.” 💬

Et ça m’a fait plaisir. Parce que cela confirmait que le skijor reconnaît celles et ceux qui en comprennent l’esprit et pérpétuent son sens et son esthétique, quelle que soit leur trajectoire. 🤍


🌨️ Plus qu’un sport, un moment d’hiver à vivre

Le skijor, en Alberta, est bien plus qu’une discipline sportive. C’est une célébration hivernale, un hommage à une identité, à un territoire, à une culture vivante. 🌲🤠

Un événement bref, intense, populaire. À voir au moins une fois. Et à comprendre pour ce qu’il est vraiment. Mention spéciale à l’édition 2026 qui a battu un record de popularité et de fréquentation. Les femmes étaient aussi à l’honneur avec beaucoup de cavalières de qualité.

Petit conseil si vous souhaitez y assister prenez vos dispositions pour réserver un endroit où manger ou emporter votre repas car le jour J les restaurants sont pris d’assaut. Donc compliqué de manger sans réservation sans un bon temps d’attente. Arrivez assez tôt, car les places de parking sont vite prises d’assaut et donc difficiles de se garer près de l’artère principale.