De Jasper à Kamloops : à la découverte de l’immensité de la Colombie-Britannique

De Jasper à Kamloops, notre road trip entre en Colombie-Britannique par le spectaculaire mont Robson. Forêts luxuriantes, longues routes isolées puis paysages de plus en plus arides : un bel exemple de la diversité de l’Ouest canadien.

Après les glaciers, les lacs et les cascades de Jasper, notre road trip vers l’ouest continue. Cette fois, nous quittons l’Alberta pour entrer en Colombie-Britannique, destination Kamloops.

Sur le papier, cette deuxième étape est plus une journée de transition. Elle concentre moins de sites touristiques célèbres que Jasper, et Kamloops est davantage une ville-étape qu’une destination touristique en soi.

En revanche la route menant à Kamloops mérite qu’on la regarde. Parce qu’elle donne un premier aperçu assez parlant de l’immensité et de la diversité des paysages de la Colombie-Britannique.

Quelques kilomètres et nous voilà déjà en Colombie-Britannique (BC)

Depuis Jasper, il ne faut finalement pas rouler très longtemps avant de quitter l’Alberta.

Bienvenue en Colombie-Britannique ! Et premier petit avantage de ce passage vers l’ouest : nous changeons de fuseau horaire et gagnons une heure. Une heure de plus dans une journée de road trip, on ne va certainement pas la refuser.

Mais pour comprendre ce qui nous attend, il faut peut-être commencer par un chiffre : la Colombie-Britannique s’étend sur près de 945 000 km². Pour donner un ordre de grandeur: c’est environ 1,7 fois la superficie de la France métropolitaine. Donc, dire « nous partons en Colombie-Britannique » ne signifie pas grand-chose quant aux paysages que l’on va rencontrer. Et nous allons en avoir une belle démonstration.

Le mont Robson ouvre les portes de la BC !

Peu après avoir franchi la frontière provinciale, impossible de manquer l’une des attractions majeures du secteur : le mont Robson. Culminant à 3 954 mètres, c’est le plus haut sommet des Rocheuses canadiennes.

Et pour une entrée en Colombie-Britannique, le décor est plutôt réussi.

Montagnes, sommets perdues dans les nuages, forêts, végétation dense : tout est vert et semble immense. À partir de là, si vous aimez les arbres, rassurez-vous : vous allez en voir. Beaucoup. 😅

La route se poursuit au milieu de paysages boisés qui semblent parfois ne jamais devoir finir. Quelques localités apparaissent de temps en temps, mais elles sont tellement petites qu’elles ressemblent davantage à des lieux-dits. C’est beau. Et c’est très, très peu peuplé.

Avola : déjeuner au milieu de nulle part

Et puis il faut bien manger. Nous nous sommes arrêtés à Avola, dans une station-service au bord de la route.

Avola, comment vous dire ? Ce n’est pas exactement l’endroit où vous allez hésiter entre douze restaurants recommandés par le Michelin. 😅 Quelques bâtiments, une station-service, la route, la forêt autour de nous… et voilà. C’est avant tout un lieu de passage pour les routiers. Nous avons mangé là. A l’arrière du Truck, et encore une fois merci la glacière!

🧊 ASTUCE ROAD TRIP — LA GLACIÈRE

Achetez 2 ou 3 sacs de glaçons ou de crushed ice au supermarché et placez-les tels quels, sans les percer, dans votre glacière avec boissons, sandwichs, salades et fruits frais. Quand la glace fond, videz l’eau et rechargez au prochain grocery store. Simple, économique et très pratique !

Et quelque part, c’est aussi ça, le road trip. Cela participe aussi aux souvenirs et aux anecdotes.

Comme pour notre première étape, mieux vaut donc anticiper : carburant, eau, nourriture, téléphone chargé et cartes disponibles hors connexion. Les services sont espacés et la couverture mobile n’est pas garantie.

Des forêts magnifiques… et la réalité des incendies

Cette traversée nous confronte également à une autre réalité de l’Ouest canadien : les feux de forêt. Nous venons de quitter Jasper, où les stigmates de l’incendie de 2024 sont encore visibles. En Colombie-Britannique, la question est d’actualité. Sur certaines portions, la fumée commence à affecter la visibilité du paysage lui-même.

Lorsque l’on vit dans l’Ouest canadien, on entend régulièrement parler de wildfires, de qualité de l’air et de fumées pouvant voyager sur de très grandes distances. Sur la route cette « information » devient beaucoup plus concrète.

Ces paysages sont magnifiques, mais ils sont aussi vulnérables. Et les conditions peuvent évoluer : en période de feux, vérifier la situation avant de prendre la route fait partie des précautions élémentaires.

Et soudain… Kamloops

Pendant une bonne partie du trajet, notre vision de la Colombie-Britannique est donc faite de montagnes et de forêts à perte de vue. Conforme à l’idée que nous en avions gardé, après notre premier voyage il y a des années. Et puis nous approchons de Kamloops.

Et là… Mais où sont passés les arbres ? Le changement est assez drastique. Les paysages verdoyants traversés pendant des heures laissent place à un environnement beaucoup plus sec. Les collines prennent des teintes jaunes et brunes, la végétation devient plus basse et clairsemée.

Ca aussi c’est la Colombie-Britannique. C’est ce contraste qui nous a frappés : en quelques heures de route, sans changer de province, nous avons l’impression d’être arrivés dans une région complètement différente. Et on comprend un peu mieux ce que représentent ces fameux 945 000 km².

Kamloops : une très bonne étape

Après les longues portions isolées de la journée, Kamloops c’est la ville. On y retrouve hôtels, restaurants, commerces, stations-service et tout ce qui permet de souffler — et surtout de se poser avant de repartir.

Kamloops possède évidemment ses propres activités — et même un aéroport, donc rendons à Kamloops ce qui appartient à Kamloops 😅 — mais nous n’en ferions pas une destination de plusieurs jours dans le cadre de ce road trip. Nous avons néanmoins beaucoup apprécié le secteur aménagé au bord de la rivière.

Le parc longeant l’eau est agréable et bien entretenu, avec des espaces permettant de se promener et de profiter des berges. Une zone de baignade permet même de se mettre à l’eau. Pendant l’été, le secteur s’anime également avec des activités et événements en soirée.

Après plusieurs heures de voiture, c’est exactement le genre d’endroit où l’on apprécie de pouvoir marcher un peu et retrouver de l’animation.

Et surtout : profitez de Kamloops pour tout ce qui est Carburant, boissons, nourriture, éventuellement quelques médicaments ou produits oubliés…

Pour la suite de notre trajet, nous allons être très contents de l’avoir fait.

Une étape qui donne l’échelle du pays

L’intérêt de cette étape est la suivante: elle donne une idée assez vertigineuse de l’échelle et de la diversité de l’Ouest canadien.

En quelques heures, les contraste est réel. Et pourtant, nous n’avons parcouru qu’une petite partie de cette immense province.

Pour l’étape suivante, direction Lillooet puis Whistler. Google nous annonce environ quatre heures de route. Quatre heures.

Nous en reparlerons. 😅

De Calgary à Jasper : glaciers, cascades et immensité sur l’Icefields Parkway

De Calgary à Jasper, la route fait partie du voyage. Glacier Athabasca, cascades, lacs, sources chaudes et paysages spectaculaires : découvrez notre première étape vers l’Ouest canadien, avec nos conseils pratiques pour préparer ce road trip dans les Rocheuses.

Cet article inaugure une série sur Arly in Calgary. Cette fois, nous allons pousser plus loin les escapades au départ de Calgary et prendre la route vers l’ouest, à travers les Rocheuses puis la Colombie-Britannique.

Au fil de ces articles, je vous emmènerai sur les différentes étapes possibles d’un road trip, avec les lieux qui valent le détour mais aussi quelques conseils très concrets tirés de notre expérience. Car dans l’Ouest canadien, le trajet fait souvent autant partie du voyage que la destination.

Une précision importante : ce road trip a été effectué en été. Dans les Rocheuses, météo et saison influencent l’état des routes et l’accessibilité de certains sites. Vérifiez toujours les conditions et ouvertures avant de partir.

Ces précautions prises, direction Jasper.

Après Lake Louise, le voyage commence vraiment

Depuis Calgary, on prend la direction de Banff puis Lake Louise. Mais passé Lake Louise, le voyage change de dimension.

L’Icefields Parkway propose comme horizon les montagnes et dévoile pendant plusieurs heures sommets, lacs et immenses vallées. La route prend parfois de la hauteur et des zones permettent de s’arrêter en sécurité pour admirer le paysage ou pique-niquer.

Nous n’avons pas prévu d’arrêt à Peyto Lake, que nous connaissions déjà. Magnifique mais extrêmement populaire, il peut être pris d’assaut pendant la belle saison. Avec plusieurs heures de route devant nous, nous avons choisi de ne pas essayer de tout faire. En revanche, afin d’effectuer une première pause, il est tout à fait possible de s’arrêter à Elbow lake, très beau, facile d’accès et moins fréquenté. C’est aussi cela, un road trip : faire des choix.

Entre Lake Louise et Jasper, les services sont par ailleurs peu nombreux. Nous avions donc fait le plein et embarqué boissons et déjeuner dans une glacière avant de partir. Même logique pour le téléphone : téléchargez vos cartes hors connexion et partez batterie chargée. Le réseau disparaît régulièrement — avec un effet secondaire plutôt agréable et inattendue: pendant quelques heures, le téléphone redevient essentiellement… un appareil photo.

Le glacier Athabasca : spectaculaire, mais pas que…

L’un des grands arrêts de cette route est évidemment le glacier Athabasca, qui fait partie du champ de glace Columbia. Le site est impressionnant. Mais ce qui marque peut-être davantage encore — et désole — ce sont les traces de son recul. Des indications permettent de constater jusqu’où descendait autrefois le glacier. Lorsqu’on réalise la distance qui sépare certains repères de sa position actuelle, la notion de « recul des glaciers » cesse d’être une formule abstraite entendue dans un documentaire. On marche sur un terrain autrefois recouvert de glace.

Sunwapta et Athabasca Falls : tous à l’eau !

En poursuivant vers Jasper, deux cascades méritent l’arrêt : Sunwapta Falls et Athabasca Falls.

À Sunwapta, l’eau s’engouffre dans un superbe environnement de forêt et de montagnes. À Athabasca Falls, ce n’est pas tant la hauteur qui impressionne que le débit et la force avec laquelle l’eau a façonné la roche. Le site est bien aménagé pour observer les chutes depuis différents points de vue. Et c’est l’une des choses particulièrement plaisantes sur cette route : le paysage n’est jamais répétitif.

Jasper été 2024…et maintenant

Bien avant d’atteindre la ville, on aperçoit les traces de l’immense incendie qui a frappé Jasper à l’été 2024. Deux ans plus tard, des secteurs entiers portent toujours les stigmates du feu. Des troncs noircis se dressent sur les pentes et, dans la ville, la reconstruction se poursuit.

Mais la végétation revient aussi. On observe simultanément les traces de la catastrophe et la manière dont la nature commence à reprendre sa place.

Certaines zones restent susceptibles d’être fermées ou soumises à des restrictions en raison des conséquences de l’incendie. Vérifiez donc les informations officielles avant votre visite.

Medicine Lake et Maligne Lake

Sur la route de Maligne Lake, Medicine Lake mérite un arrêt. Outre sa beauté, son niveau varie considérablement au cours de l’année : une partie de l’eau s’évacue par un réseau souterrain avant de réapparaître plus loin dans la vallée.

Au bout de la route, Maligne Lake est à juste titre l’une des stars du parc. Immense, entouré de montagnes, il mérite déjà d’être contemplé depuis ses rives. Nous avons choisi d’y faire la croisière vers Spirit Island. Et je la recommande chaudement. Pas uniquement pour les paysages — magnifiques — mais aussi pour les explications données pendant la navigation sur le lac et son environnement.

Petite précision beaucoup moins poétique : les moustiques. Ils semblent eux aussi avoir parfaitement identifié le potentiel touristique de Maligne Lake. Prévoyez en conséquence!

Miette Hot Springs et Jasper Lake

Autre excursion possible : Miette Hot Springs. La route s’enfonce dans la montagne, le réseau téléphonique disparaît et les sources chaudes offrent une agréable parenthèse. L’accès étant saisonnier, vérifiez son ouverture avant de partir. Et ne réduisez pas Jasper à ses sites les plus célèbres. Jasper Lake nous a marqués par son incroyable impression d’ouverture. Le lac, très peu profond, les montagnes et l’espace qui s’étend devant soi donnent presque l’impression d’être face à la mer.

Le mot qui revient le plus pendant ce road trip : immense.

Les montagnes sont immenses. Les distances sont immenses. Les forêts sont immenses.

Et nous, au milieu de tout cela, beaucoup moins.

Une parenthèse inattendue au Fairmont Jasper Park Lodge

Après les glaciers, cascades et kilomètres, Jasper nous a réservé une surprise beaucoup plus raffinée : le Fairmont Jasper Park Lodge.

Je reconnais volontiers la beauté des Fairmont historiques que nous avons fréquentés au Canada. En revanche, leur conception très traditionnelle et nord-américaine du luxe n’est pas nécessairement celle à laquelle je suis la plus sensible. Et jusqu’ici, l’assiette ne m’avait jamais réellement surprise au regard des prix. À Jasper, ce fut différent. Installé au bord du superbe lac Beauvert, le resort offre un cadre magnifique. La décoration nous a beaucoup plu, le service était au niveau attendu et, cette fois, nous avons vraiment très bien mangé.

Ce n’est qu’après notre repas que nous avons appris que le chef était français. Je plaide donc non coupable de chauvinisme prémédité.

Même sans y séjourner, c’est une très belle adresse pour s’offrir une parenthèse « premium » à Jasper.

Vous êtes chez les animaux, pas l’inverse

Les panneaux signalant la faune sauvage ne sont pas décoratifs. Gardez vos distances, ne nourrissez jamais les animaux et ne créez pas un arrêt dangereux pour obtenir une photo. Les indications relatives aux ours doivent également être prises au sérieux.

« Bear country » signifie avant tout que nous sommes dans leur environnement.

Avant de prendre la route : notre pense-bête

✓ Vérifiez l’état des routes et l’ouverture des sites. Notre trajet a été effectué en été.

✓ Faites le plein avant les longues portions isolées.

✓ Emportez eau et nourriture. Les services sont limités entre Lake Louise et Jasper.

✓ Téléchargez cartes et itinéraires hors connexion.

✓ Partez avec téléphone et batterie externe chargés.

✓ Ne construisez pas un programme trop serré. Les arrêts font partie du voyage.

✓ Respectez la faune. Observez à distance et ne nourrissez jamais les animaux.

✓ Vérifiez aussi les activités. Une route ouverte ne signifie pas nécessairement que les croisières ou équipements saisonniers le sont.

Et surtout : regardez autour de vous.

Une autre façon de découvrir Calgary: trois heures à la banque alimentaire

Trois heures de bénévolat, une organisation impressionnante et une belle leçon d’humanité. Retour sur une expérience qui m’a fait découvrir Calgary sous un angle différent.

Sur ce blog, je vous emmène régulièrement découvrir différentes facettes de la ville : ses bonnes adresses, son histoire, ses musées, ses événements ou encore ses activités familiales. Mais une ville ne se résume pas à ses attractions, à la consommation et à ce qu’on peut s’offrir ou s’acheter.

Pour vraiment comprendre un endroit, il faut comprendre les personnes qui y vivent, leurs défis, leurs réussites, et aussi les mécanismes de solidarité qui permettent à une communauté de prendre soin des plus vulnérables. C’est ce que j’ai découvert récemment en passant une matinée comme bénévole à la Calgary Food Bank (La banque alimentaire de Calgary).

Une organisation impressionnante

Avant cette expérience, j’imaginais la banque alimentaire comme beaucoup de gens : un lieu où l’on collecte des dons avant de les redistribuer aux personnes dans le besoin, sans plus.

La réalité est plus complexe. Derrière chaque distribution se cache une organisation remarquablement bien huilée. Les colis ne sont pas préparés au hasard. Ils sont adaptés à la taille des familles, à leurs besoins spécifiques et aux éventuelles restrictions alimentaires.

Au cours de mon bénévolat, j’ai aidé à la préparation des protéines. Selon les besoins, les colis pouvaient contenir du bœuf, du poulet, de la viande halal, des œufs ou encore du lait. Les familles avec de jeunes enfants reçoivent également des produits adaptés aux bébés, notamment du lait et des couches. On pense aussi aux femmes, en ajoutant aux colis des produits pour les besoins intimes, dans les colis qui le nécessitent.

J’ai également été impressionnée par le nombre de personnes nécessaires pour faire fonctionner un quart de distribution. Pour un shift d’environ trois heures, il faut près de vingt-cinq personnes, encadrés par une poignée de personnes présentes de façon régulière, souvent des retraités qui donnent généreusement de leur temps semaine après semaine. Il faut donc des personnes qui récupèrent les tickets avec les besoins de chaque foyer et sélectionne les différents (produits en conserve, huiles, légumes et fruits, céréales/petit déjeuners, pains, produits laitiers, riz….), ceux qui préparent les compléments à joindre à chaque cadi ( yaourt, laits végétaux , protéines etc), ceux qui vont ensuite concrètement emmener ces cadis aux voitures ou aux personnes qui viennent récupérer leur colis.

Cette organisation repose donc autant sur les dons alimentaires et financiers, que sur l’engagement humain.

Une réalité qui m’a surprise

Comme beaucoup de personnes, j’avais probablement une vision incomplète du profil des bénéficiaires. Je pensais spontanément aux personnes sans emploi. Pourtant, j’ai découvert une réalité beaucoup plus nuancée. Parmi les personnes aidées figurent des travailleurs, des étudiants et des parents seuls.

Des personnes qui, malgré leurs efforts, peinent à faire face à l’augmentation du coût de la vie. Cette réalité m’a particulièrement marquée.

Calgary est souvent présentée comme une ville prospère, et elle l’est sans conteste. Elle compte parmi les villes les plus dynamiques du Canada, elle compte beaucoup de millionnaires et accueille de nombreuses entreprises. Pourtant, comme partout ailleurs, la prospérité n’est pas répartie de manière uniforme. Derrière les vitrines des centres commerciaux, les tours de bureaux et les nouveaux quartiers résidentiels, certaines familles doivent faire des arbitrages difficiles pour boucler leur budget.

Cette matinée rappelle qu’une ville se compose aussi d’une multitude de réalités.

La dignité avant tout

S’il y a un mot qui résume cette expérience, pour moi, c’est sans doute celui-ci : dignité. À aucun moment je n’ai eu l’impression que l’objectif était simplement de distribuer de la nourriture. Tout est pensé pour répondre aux besoins des familles avec respect. Les colis sont adaptés aux situations de chacun. Les préférences et restrictions alimentaires sont prises en compte. Les produits sont sélectionnés avec soin.

Mais ce sont les petits détails qui m’ont le plus touchée. J’ai appris que lorsqu’il y a un anniversaire dans la famille bénéficiaire, un gâteau est ajouté au colis. Dans les cas où c’est un enfant qui fête son anniversaire un cadeau accompagne également la distribution. Ces gestes font preuve d’une délicatesse et d’une attention remarquables.

A eux seuls, ils témoignent d’une conviction profonde : les personnes qui traversent une période difficile méritent d’être aidées sans perdre leur dignité. Cette attention à l’humain m’a profondément marquée.

Trois heures qui comptent

L’une des choses qui m’a le plus surprise est sans doute la simplicité de l’engagement demandé. Mon bénévolat n’a duré qu’environ trois heures.

Trois heures seulement.

Dans une semaine chargée, cela peut sembler peu. Pourtant, lorsque l’on voit le volume de travail accompli et le nombre de familles qui bénéficieront de cette aide, on comprend rapidement que ces quelques heures ont un véritable impact. Cette expérience m’a également rappelé que le bénévolat ne nécessite pas toujours un engagement de plusieurs mois ou de plusieurs années. Ce qui peut être pourrait être un frein pour certains. Parfois, quelques heures suffisent pour contribuer concrètement à quelque chose de plus grand que soi.

Une leçon inattendue

En quittant la banque alimentaire ce jour-là, je ne suis pas repartie avec le sentiment d’avoir accompli un exploit. Je suis surtout repartie avec davantage d’humilité. Cette matinée m’a rappelé une chose essentielle : nous ne sommes pas des électrons libres évoluant chacun dans notre coin. Nous sommes reliés les uns aux autres.

Une communauté fonctionne parce que certaines personnes donnent de leur temps, de leur énergie ou de leurs ressources lorsque d’autres traversent une période difficile. Et au cours d’une vie, il peut arriver de se retrouver de l’un ou l’autre côté de cette chaîne de solidarité.

C’est sans doute la plus belle leçon que je retiendrai de cette expérience.

Calgary est une ville que j’apprends à découvrir depuis mon installation en Alberta. Cette matinée m’en a montré un visage différent. Un visage moins visible que celui des attractions touristiques ou des grandes avenues du centre-ville.

Mais un visage profondément humain.

Et finalement, c’est peut-être celui qui m’a le plus touchée.

Cassis Bistro : un petit goût de France au cœur de Calgary 🇫🇷🍷

Cassis Bistro, l’adresse française de référence à Calgary : cuisine de bistrot, produits canadiens, ambiance francophone et petits détails qui réveillent la nostalgie de la France.

Pendant longtemps, j’ai hésité à parler de Cassis Bistro sur le blog.

Après tout, lorsqu’on visite Calgary, ce n’est généralement pas pour aller manger français. Entre les steakhouses albertains, les restaurants de barbecue, les cuisines asiatiques ou les spécialités locales, les visiteurs ont souvent envie de découvrir ce qui fait l’identité culinaire de l’Ouest canadien.

Et pourtant.

Depuis mon installation à Calgary, j’ai compris qu’un restaurant français ne s’adresse pas uniquement aux touristes de passage. Il s’adresse aussi à ceux qui vivent ici : les Français expatriés, les francophones installés en Alberta, les Canadiens francophiles ou tout simplement les amateurs de cuisine française.

Lorsqu’une envie de France se fait sentir, Cassis Bistro est souvent l’une des premières adresses qui me vient à l’esprit.

Une adresse bien connue des amateurs de cuisine française

Situé dans le quartier de Killarney, à proximité d’une des bases militaires de la ville, Cassis Bistro fait partie des adresses qui ont su traverser les années sans perdre leur identité.

Derrière le restaurant se trouve Gilles, installé au Canada depuis plus de vingt ans. Cet établissement reflète parfaitement un certain équlibre: suffisamment français pour rappeler les bistrots de l’Hexagone, suffisamment canadien pour mettre en valeur les produits locaux.

C’est probablement ce qui explique sa longévité.

Une ambiance française sans les clichés

Contrairement à l’image que l’on se fait parfois d’un bistrot français, Cassis Bistro ne mise pas sur les nappes vichy rouges et blanches ni sur une décoration cliché.

L’établissement privilégie une ambiance plus contemporaine : tables en bois, éclairage tamisé, petites bougies et décoration sobre. Les tables sont volontairement assez sobres dans leur présentation, ce qui contribue à l’atmosphère chaleureuse du lieu. Et puis il y a tous ces petits détails que les Français remarquent immédiatement.

Les serviettes de table sont en tissu.

Le foie gras est servi avec un véritable couteau Opinel.

Le gros sel est présenté dans un petit contenant en porcelaine qui rappelle celles que l’on trouve dans certaines régions françaises, notamment à proximité des marais salants.

Au fond de la salle, des films français sont projetés en continu sur un mur. Selon les soirs, vous pourrez apercevoir Fernandel, Louis de Funès ou encore The Artist avec Jean Dujardin. Aucun de ces détails n’est essentiel à lui seul. Mais mis bout à bout, ils créent une atmosphère qui parle immédiatement aux francophones.

Une cuisine française adaptée au Canada

L’une des grandes qualités de Cassis Bistro est de ne pas chercher à reproduire la France à l’identique. Le restaurant compose intelligemment avec les réalités canadiennes et les ressources locales. Les moules marinières sont préparées avec des moules de l’Île-du-Prince-Édouard.

Le foie gras constitue un autre excellent exemple de cette adaptation. En raison de la réglementation canadienne, il n’est pas importé de France. Cassis Bistro travaille avec des producteurs québécois et le produit est ensuite préparé sur place par le chef.

Cette approche permet au restaurant de préserver l’esprit de la cuisine française tout en valorisant des producteurs canadiens.

Une carte qui évolue peu… et c’est une qualité

Dans un monde où certains restaurants changent complètement leur menu plusieurs fois par an, Cassis Bistro a choisi une autre voie.

La carte évolue peu.

Pour certains, cela pourrait sembler surprenant. Pour moi, c’est plutôt le signe d’une maison qui connaît ses forces et qui ne cherche pas à suivre toutes les tendances du moment.

Les grands classiques demeurent :

  • les moules marinières ;
  • le foie gras ;
  • le tartare de bœuf ;
  • le steak-frites ;
  • les plats de poisson ;
  • la tapenade

Cette stabilité permet à l’équipe de perfectionner des recettes éprouvées tout en proposant suffisamment de variété grâce au poisson du marché et aux plats du jour.

Les habitués savent qu’ils retrouveront leurs favoris lors de leur prochaine visite.

Dans mon assiette

Au fil de nos visites, nous avons eu l’occasion de goûter plusieurs plats de la carte.

Les moules marinières figurent parmi nos valeurs sûres. Servies dans une sauce crémeuse au vin blanc, elles constituent une belle porte d’entrée dans l’univers du restaurant.

Le foie gras est également un incontournable. Accompagné de pain noir et de ses condiments, il rappelle immédiatement certaines tables françaises tout en mettant en avant le savoir-faire de la maison.

Le tartare de bœuf est préparé dans la plus pure tradition du bistrot français.

Les plats de poisson, quant à eux, évoluent davantage selon les arrivages et les inspirations du chef.

Lors de l’une de nos visites, nous avons également dégusté un magnifique magret de canard accompagné d’une purée particulièrement onctueuse.

Des plats généreux, bien exécutés, qui privilégient les produits et les saveurs plutôt que les effets de mode.

Et les desserts ?

Je dois avouer que nous n’arrivons pas toujours jusqu’au dessert.

Les portions sont suffisamment généreuses pour que nous quittions souvent la table déjà parfaitement rassasiés.

J’ai toutefois eu la chance de goûter une excellente île flottante lors de l’une de nos visites. Copieuse, gourmande et délicieusement régressive, elle m’a immédiatement rappelé certains desserts de mon enfance.

Elle n’est malheureusement pas toujours à la carte, ce qui la rend sans doute encore plus appréciable lorsqu’elle fait son apparition.

Un restaurant pour les occasions spéciales

Soyons honnêtes : Cassis Bistro n’est pas l’adresse où nous allons toutes les semaines.

Les prix reflètent le niveau de la cuisine, du service et des produits utilisés.

C’est plutôt le genre d’endroit que nous choisissons pour célébrer une occasion particulière ou tout simplement lorsque la nostalgie de la France se fait sentir.

Informations pratiques

Cassis Bistro

Adresse : 2505 17 Avenue SW, Calgary, Alberta

Je vous recommande vivement de réserver votre table à l’avance.

Le restaurant est présent sur OpenTable, mais n’hésitez pas non plus à appeler directement. Selon les périodes, cela peut parfois permettre d’obtenir une table alors que l’application affiche complet.

Pensez également à vérifier les horaires d’ouverture avant votre visite, ceux-ci pouvant évoluer selon la saison ou les jours fériés.

Mon avis

Calgary compte plusieurs boulangeries et pâtisseries françaises ou d’inspiration française. Certaines sont excellentes et méritent largement le détour.

En revanche, lorsqu’il s’agit de retrouver une véritable expérience de bistrot français, avec une cuisine soignée, un service majoritairement francophone, une ambiance chaleureuse et une identité assumée, Cassis Bistro occupe une place à part.

Le restaurant ne cherche pas à recréer Paris au cœur de Calgary.

Il propose quelque chose de plus intéressant : une rencontre entre la culture française et les produits canadiens, entre le savoir-faire de l’Hexagone et les richesses de l’Alberta.

Et parfois, lorsque l’on vit loin de la France, c’est exactement ce dont on a besoin.

Stampede Bowl : quand Calgary transforme un match de football en célébration albertaine

Découvrez le Stampede Bowl à Calgary : un match des Stampeders où football canadien, chevaux, cowbells, traditions albertaises et ambiance familiale se rencontrent.

À la télévision, on voit probablement un match de football canadien. Depuis les tribunes du McMahon Stadium, l’expérience est plus riche. Elle est dans le bruit des cloches qui s’élève après un touchdown. Dans les drapeaux rouges qui surgissent devant les gradins. Dans les papas, les grands-pères et les enfants qui agitent des pompons sans se poser de questions. Dans cette cavalière qui traverse le terrain au galop, bannière des Stampeders au vent, pendant que les feux d’artifice éclatent derrière elle.

Bienvenue au Stampede Bowl.

Ce match est encore une tradition toute jeune. La première édition a eu lieu en juillet 2025. Cette année marquait donc seulement la deuxième édition du Stampede Bowl. L’an dernier, nous y étions déjà, sans vraiment comprendre que Calgary était peut-être en train d’installer un nouveau rendez-vous annuel. Cette fois, le message était plus clair : ce n’est pas un simple match placé avant le Stampede. C’est une manière d’ouvrir la saison du Stampede à la façon de Calgary. Cette année les adversaires/invités étaient les Argonautes de Toronto.

Un match de football, oui. Mais pas seulement.

Le Stampede Bowl n’est pas intéressant parce qu’il permettrait de raconter les règles du football américain. D’autres, spécialistes de ce sport, le feraient mieux que moi. Ce qui m’a frappée, c’est plutôt la façon dont le match absorbe les codes de la ville et de la province.

À Calgary, le football ne se contente pas d’être du football. Il emprunte au monde du ranch, au Stampede, à la culture western, à l’esprit de communauté et à cette façon très nord-américaine de transformer un événement sportif en fête populaire et en spectacle. Le résultat est étonnant, mais jamais dissonant. Ce n’est pas une caricature de cowboys posée sur un match. C’est plus subtil que cela. Tout semble venir naturellement : les chapeaux, les chevaux, les cloches, les drapeaux, la musique, les familles, les bénévoles, les supporters en rouge. On est dans un stade, mais Calgary parle son langage.

McMahon Stadium, un lieu qui a déjà son histoire

Le match se déroule au McMahon Stadium, un stade qui fait partie de l’histoire sportive de Calgary. C’est ici qu’a eu lieu la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de 1988. Rien que cela donne au lieu une place particulière dans l’imaginaire de la ville. On y voit encore la torche olympique d’ailleurs. Aujourd’hui, le stade est la maison des Calgary Stampeders, mais aussi celle de l’équipe de football de l’Université de Calgary (U of C comme on l’appelle ici), les UCalgary Dinos, reconnaissables à leur symbole de taureau furieux avec son anneau dans les naseaux.

Ce n’est pas un stade ultra-moderne comme ceux que l’on associe parfois à la NFL. Il a quelque chose de plus simple, plus petit, de plus direct. Les gradins sont rouges et bleus, les structures sont visibles, le public est proche du terrain. On sent que le lieu appartient aux habitués autant qu’à l’équipe. J’ai aussi remarqué un détail important : une loge entière est réservée aux personnes à mobilité réduite, très bien placée, avec une vraie visibilité sur le terrain. Pas reléguée dans un coin. Pas traitée comme une option. Intégrée au stade.

Le match commence avant le match : le tailgating

Avant même d’entrer dans le stade, l’ambiance est déjà lancée sur le parking. C’est le principe du tailgating, cette tradition nord-américaine qui consiste à s’installer près de son véhicule avant le match. On arrive avec son truck, on ouvre le coffre, on sort de quoi manger, parfois un barbecue, des boissons, des chaises pliantes. On discute, on grignote, on se met en condition. Le match n’est pas seulement ce qui se passe entre le coup d’envoi et le coup de sifflet final. C’est une sortie complète. Et là encore, cela dit quelque chose de la culture locale : on ne vient pas uniquement consommer un spectacle. On vient prendre sa place dans une ambiance.

Quand un touchdown déclenche un galop

Dans beaucoup de stades, un touchdown déclenche de la musique, des cris, des écrans lumineux. À Calgary, il déclenche aussi le galop d’une cavalière. À chaque touchdown des Stampeders, une cavalière, cheveux au vent, traverse le bord du terrain à toute vitesse avec le drapeau rouge de l’équipe. Les feux d’artifice partent en arrière-plan, les supporters se lèvent, les cloches se mettent à sonner. C’est spectaculaire, mais surtout très cohérent. Le cheval n’est pas un accessoire posé là pour faire couleur locale. Il est au cœur de l’imaginaire du Stampede, de l’histoire ranch de l’Alberta, du nom même des Stampeders.

Ce moment résume presque tout : le sport professionnel, la culture western, l’identité albertaine et le sens du spectacle réunis en quelques secondes.

Les cowbells : le bruit de Calgary

Dans les gradins, on n’entend pas seulement des applaudissements. On entend aussi des cloches. Des cowbells. Des vraies petites cloches rouges aux couleurs des Stampeders, que les supporters agitent dès qu’il faut encourager l’équipe ou célébrer une action. Évidemment, nous sommes repartis avec la nôtre. Et je peux dire qu’elle sonne bien et fort! Une cloche rouge, avec le cheval blanc des Stampeders. Pas l’objet le plus discret du monde, mais probablement l’un des souvenirs les plus justes de cette soirée.

Parce qu’au fond, cette cloche raconte mieux l’ambiance qu’un maillot ou une casquette. Elle dit le bruit du stade. Elle dit le côté ranch assumé. Elle dit aussi cette manière très calgarienne de faire la fête sans trop se prendre au sérieux.

Des drapeaux, des pompons et des supporters qui jouent le jeu

À chaque moment fort, les drapeaux surgissent dans les tribunes. De grandes bannières rouges des Stampeders se lèvent devant les supporters. Elles ondulent au-dessus des gradins, pendant que le stade crie et que les cowbells résonnent. Mais l’image qui m’a le plus amusée, ce sont peut-être les pompons. Pas seulement dans les mains des cheerleaders. Dans les mains des enfants, des mères, des pères, des grands-pères, des supporters en maillot et chapeau de cowboy. Tout le monde participe. Personne ne semble se demander si c’est ridicule. C’est précisément ce qui rend l’ambiance attachante.

Il y a une vraie ferveur. De vrais fans. Des maillots portés avec fierté. Des habitués qui connaissent les chants, les moments, les rituels. Et l’atmosphère reste joyeuse, familiale, bon enfant. On n’est pas dans une grosse machine intimidante. On est dans une fête populaire.

La “World’s Fastest Cow” : l’humour local en plein milieu du terrain

À la pause, le stade a droit à une animation très sérieusement baptisée World’s Fastest Cow. Le principe ? Une course contre une personne déguisée en vache. Cette année, le concurrent de la fameuse “vache” était un ancien grand nom du football. Et tout le stade jouait le jeu. Parce qu’ici, faire courir une « vache  » sur un terrain de football pendant le Stampede Bowl n’a rien d’absurde. C’est presque logique. C’est exactement ce type de détail qui ne se transmet pas vraiment à la télévision. Sur un écran, on voit une animation. Dans le stade, on comprend l’esprit : un mélange d’autodérision, de références ranch, de spectacle familial et de plaisir collectif.

Des cheerleaders, une fanfare et un stade qui ne laisse jamais retomber l’énergie

Entre deux actions, les cheerleaders des Stampeders prennent le relais. Portés, acrobaties, pancartes “Make some noise” et “Get loud”, chorégraphies, sourires. Tout est fait pour maintenir l’énergie. Il y a aussi la musique, les écrans géants, les animations avec le public. Et puis il y a le groupe musical du Stampede. Plusieurs fois récompensé au niveau mondial. Je suis une grande admiratrice de leurs performances, il s’agit du Calgray Stempede Showband. Talentueux, précis, très présent. Là encore, on n’est pas seulement dans un match. On est dans une mise en scène complète, où chaque pause devient un prétexte à rappeler que le Stampede approche.

Une cavalière, un drapeau canadien et l’hymne

L’un des moments les plus marquants a eu lieu pendant l’hymne national, en tout début de rencontre. Une cavalière a traversé le stade à toute vitesse avec le drapeau canadien. Le public debout, le grand drapeau sur le terrain, la musique, les chapeaux, le cheval lancé au galop : difficile de faire plus canadien. Et difficile de faire plus albertain. Ce moment aurait pu être trop solennel. Il ne l’était pas. Il était impressionnant, mais simple. Spectaculaire, mais sans lourdeur. À l’image de l’événement.

Une ville qui célèbre aussi ceux qui la font vivre

Le Stampede Bowl ne se limite pas aux joueurs et au spectacle. Au cours du match, deux personnes de la communauté ont été mises à l’honneur sur l’écran géant. L’une est connue comme beer guy pendant les matchs. L’autre, en fauteuil roulant, accueille les spectateurs lors des rencontres. Tous deux vivent avec un handicap. Tous deux font partie de l’expérience du stade. Et ce soir-là, ils ont reçu le White Hat du maire de Calgary, ce chapeau blanc emblématique remis aux personnes qui incarnent l’hospitalité et l’esprit de la ville.

J’ai trouvé ce moment très parlant. Dans un stade, on applaudit évidemment les joueurs. Mais ici, on a aussi pris le temps de célébrer ceux qui rendent le lieu vivant, accueillant, humain. Cela ajoute une autre dimension à l’événement. Le Stampede Bowl ne raconte pas seulement le folklore western. Il raconte aussi une certaine idée de la communauté et du vivre ensemble dans la diversité.

Pas un match comme les autres

Ce soir-là, les Stampeders affrontaient les Argonauts de Toronto. Il y avait un score, des actions, des touchdowns, des supporters attentifs au jeu. Mais pour ma part, ce n’est pas ce que je retiens d’abord. Le Stampede Bowl n’est pas encore une vieille tradition. Il n’en est qu’à sa deuxième édition. Mais justement, c’est ce qui le rend intéressant : on a l’impression d’assister à la naissance d’un rituel.

Un rituel très calgarien. Pas un simple match avant le Stampede.

Une manière de dire que, pendant cette période de l’année, même le football se met à parler le langage de l’Alberta.

Je pensais aller voir un rodéo.

J’ai assisté au First Nations Rodeo & Relay de Calgary. Une soirée où le rodéo rencontre les traditions autochtones, les chevaux, les familles et l’esprit des Prairies.

Il y a des soirées dont on connaît déjà le scénario, ou en tout cas c’est ce que l’on croit. On sait à peu près ce qu’on va voir, ce qu’on va vivre, et ce qu’on va raconter ensuite.

Je pensais que celle-ci en faisait partie. En somme des chevaux. Des cow-boys. Des taureaux. Quelques épreuves de rodéo. Et probablement une ou deux belles photos pour mon fil photos et fin de l’histoire.

Je me suis trompée.


Samedi soir, les gradins du GMC Stadium se remplissent doucement. Autour de moi, beaucoup de chapeaux de cowboys. Des familles. un public varié. Une dame autochtone passe devant nous vêtue d’un magnifique regalia.

À l’entrée, les immenses lettres rouges l’annoncent déjà.

YAHOO.

Pas Yee-haw. Le rodéo de Calagary a pour cri de ralliement Yahoo, les vrais savent.


Puis le spectacle commence. Des personnalités liées à l’organisation du Rodéo prennent la parole et déclarent le rodéo ouvert, à leurs côtés des membres éminents des communautés autochtones. Des chants autochtones résonnent dans le stade.

Les premières épreuves commencent. Le programme annonce du team roping, du saddle bronc, du steer wrestling…

Au fil du spectacle je comprends quelque chose, certains concurrents reviennent. Le même concurrent apparaît en tie-down roping, puis plus tard dans une autre discipline. On découvre donc des athlètes capables d’exceller dans plusieurs spécialités au cours d’une même soirée.


Puis arrive le barrel racing. Je suis sensible aux performances des femmes, surtout dans ce milieu que l’on s’imagine très masculin. J’attendais cette épreuve. Sur l’écran géant, les noms défilent.

Parmi eux :

Quinley Inman.

Je ne sais pas encore qu’elle n’a que dix ans. Dix ans. Elle termine pourtant deuxième de sa série face à des concurrentes bien plus expérimentées. À moins de trois dixièmes de seconde de la première. Pendant quelques secondes, tout le stade oublie son âge. Elle n’est plus « la petite ». Elle est une concurrente et déja une très grande.


Quelques minutes plus tard, un autre nom attire mon attention. Jayce Carlson. Le speaker raconte qu’elle est championne. Puis il ajoute presque en passant qu’elle est aussi survivante d’un cancer du sein. Ce soir-là, les biographies racontent en disent au moins autant que les chronomètres.


Un peu plus tard encore, je remarque Cam Ousley. Puis Dontre’ Goff. Deux cow-boys noirs. Tous deux originaires de l’Oklahoma. L’un est double champion du monde. Hollywood nous a raconté une certaine histoire de l’Ouest. Le stade et la réalité en racontent une autre.


Les représentants des Premières Nations prennent la parole en milieu de soirée. Un discours retentit.

On entend ceci, pendant que des chevaux courent dans l’arène.

« The horse is a relative (le cheval est un parent/un membre de notre famille).

It is a helper (il est une aide).

It reflects the value of generosity. (il incarne la générosité)»

Ces mots m’interpellent Un relative. Pas un partenaire. Pas un outil.

Un parent.

Quelques minutes plus tard, c’est le bison, et nos avons eu la chance d’en voir un dans l’arène; on mesure alors sa force sa taille.

« It gave us the means to live upon this land (il nous a dinné les moyens de vivre sur cette terre).

It is a teacher (il est un enseignant).

Through it, we learn humility. (à travers lui nous apprenons l’humilité)»

Je note les phrases presque mot pour mot dans mon téléphone, tant ils me surprennent et m’émeuvent. J’étais juste venue voir du rodéo. Voilà qu’on me parle de générosité, d’humilité et de respect.


Entre deux compétitions, personne ne quitte vraiment son siège. Il n’y a pas « l’entracte ». À la place, un hoop dancer entre dans l’arène. Les cerceaux deviennent aigle, papillon, serpent. Puis viennent les chanteurs, accompagnés des tambours, ainsi que les danseuses en regalia. Ces prestations ne sont pas un intermède. Elles font partie de la soirée. Au même titre que le rodéo.


Puis arrive la dernière épreuve. On m’avait dit d’attendre le relay race.

Le présentateur explique les règles, mais on se dit qu’à voir en vrai ce sera étonnant. Les avertis sont impatients. Quant à nous, les novices on comprend pourquoi dès le premier changement de cheval. Tout semble partir dans tous les sens. Les chevaux arrivent au galop après un tour d’hippodrome. Les cavaliers sautent à terre. Ils remontent sur une nouvelle monture sans selle ni étriers.

Dans la cacophonie, Un cheval repart tout seul. Un cavalier retombe. Une équipe passe de la première à la dernière place en quelques secondes.

Le stade entier est debout.

C’est un joyeux bazar. Mais un joyeux bazar parfaitement orchestré. Et surtout…On encourage tout le monde. Même les derniers.


Quand les vainqueurs montent sur scène, ils ne repartent pas avec une coupe. Ils repartent avec une immense boucle de ceinture finement ouvragée. Dans le monde du rodéo, c’est bien ça le trophée. C’est un morceau d’histoire que l’on porte à la taille.


En quittant le stade, je repense à cette phrase entendue au tout début.

« Tonight, we honour the spirit of the prairie. (ce soir nous honorons l’esprit des prairies) »

Je crois que c’est précisément ce que j’ai vu. Pas un spectacle folklorique. Pas une carte postale du Far West. Mais une soirée où le sport, les familles, les chevaux, les bisons, les chants, les enfants, les champions, les anciens et les Premières Nations racontent ensemble une histoire des Prairies. Une histoire de cette terre que nous habitons.

Le Stampede ne commence pas en juillet

Bien avant les rodéos et les concerts, Calgary entre doucement dans la saison du Stampede. Retour sur un Stampede Breakfast organisé sur le territoire Tsuut’ina, entre traditions de l’Ouest, bénévolat, Premières Nations et esprit communautaire.

Qui dit: Calgary Stampede, dit dix jours de festivités qui transforment la ville chaque mois de juillet. Les rodéos, les concerts, les chapeaux de cow-boy, la parade d’ouverture et les célèbres pancakes font partie de l’imaginaire collectif.

Pourtant, les Calgariens le savent bien : le Stampede ne commence pas en juillet. Il s’installe progressivement dans la ville dès le mois de juin. Au fil des semaines, les choses vont crescendo. La ville est pavoisée. Les bénévoles reprennent du service, les associations communautaires commencent à communiquer autour de leurs premiers événements, les Miss Stampede multiplient les apparitions publiques et le premier Stampede Breakfast rassemble habitants et visiteurs autour d’une tradition typiquement albertaine.

Après les longs mois d’hiver, c’est aussi le retour de la vie à l’extérieur et d’une forme de vie sociale. Les terrasses se remplissent à nouveau quand le temps le permet. Les familles ressortent. On profite enfin des longues journées ensoleillées qui font tant aimer l’été albertain et le ciel unique de l’Alberta. C’est dans cette atmosphère de renaissance saisonnière que nous avons participé au premier Stampede Breakfast de la saison, organisé sur le territoire de la Nation Tsuut’ina.

Et cette matinée s’est révélée digne d’un article, alors que je ne l’avais pas anticipé du tout.

Bien plus que des pancakes

Participe à un Stampede Breakfast, c’est une démonstration de l’énergie déployée par les bénévoles. Alors que l’événement officiel n’a pas encore commencé, des dizaines de personnes donnent déjà de leur temps pour accueillir les visiteurs, préparer les repas, jouer de la musique, tenir des stands et faire vivre l’esprit du Stampede.

Cette générosité est l’une des choses qui me touchent le plus dans l’Ouest canadien. Tout semble organisé autour de l’idée de rassembler.

Autour de nous, les familles profitaient du soleil, les enfants découvraient les chevaux et notamment les Percherons attiraient les regards, les tours en calèche faisaient le bonheur des plus jeunes et la musique country live résonnait dans l’air, depuis une camion aménagé en scène musicale. On pouvait également découvrir de l’artisanat autochtone, avoir des goodies du Stampede, apprendre à manier le lasso ou encore assister à des démonstrations de danse en ligne

Plus qu’une fête, le Stampede célèbre un héritage. Celui des « ranchers », des éleveurs, des agriculteurs et de tous ceux qui ont contribué à façonner l’Alberta moderne. Ici, le monde de l’Ouest n’est pas un folklore sorti d’un musée. Il fait encore partie du quotidien de nombreuses familles et continue d’influencer profondément l’identité de la province.

Un lieu hautement symbolique

Le choix du lieu n’avait rien d’anodin. Ce premier Stampede Breakfast de la saison se tenait au Seven Chiefs Sportsplex and Jim Starlight Centre, sur le territoire de la Nation Tsuut’ina. C’est à dire sur le territoire d’une réserve autochtone. La présence des deux représentantes du Stampede m’a particulièrement plue: Miss Calgary Stampede et Miss Calgary Stampede First Nations Princess servaient côte à côte le petit-déjeuner aux visiteurs.

L’image était simple, mais forte.

Les Premières Nations sont les premiers habitants de ces terres. Les voir accueillir les visiteurs chez eux à l’occasion de l’un des événements les plus emblématiques de Calgary porte une dimension symbolique évidente. L’esprit de partage est une réalité dans ce sens là. Ce n’est pas seulement une invitation. C’est une participation active à une célébration qui fait aujourd’hui partie de l’identité de toute la région, et à laquelle ils ont été associés dès l’origine il y a plus de 100 ans.

J’ai trouvé beau de voir cette place leur être reconnue, et tout aussi beau de les voir l’occuper avec autant d’hospitalité.

Une surprise inattendue

Là je vais être honnête, j’abordais cette visite au sein d’une réserve avec une certaine réticence. Il y a quelque années, nous nous étions arrêtés dans une autre réserve autochtone en Alberta, pour y faire de l’essence. Je me souviens des bâtiments, des lieux, mais aussi du sentiment qui m’avait habitée en repartant. Nous n’y avons rencontré aucune hostilité.

Au contraire.

Mais j’avais été profondément attristée par l’impression de dénuement, d’isolement et de lourdeur qui se dégageait du lieu. Comme si les personnes que nous croisions portaient un poids invisible. Cette expérience m’avait bouleversé et fendu le cœur. C’est donc avec ce souvenir en tête que je suis arrivée sur le territoire Tsuut’ina. Et quelle différence.

Le mot qui me vient : la dignité

En découvrant le Seven Chiefs Sportsplex, ses installations sportives, ses patinoires, ses salles de conditionnement physique, ses espaces communautaires et les nombreux programmes destinés aux jeunes, j’ai ressenti un immense soulagement. Le bâtiment rend hommage aux chefs historiques de la Nation Tsuut’ina (Les Chefs Crowchild, Starlight, Big Belly; Big Plume…) tout en regardant résolument vers l’avenir .

Des jeunes jouaient au hockey. Des familles profitaient des installations. Des activités communautaires se déroulaient tout autour de nous. En quittant les lieux, je me suis tournée vers mon mari et je lui ai dit : « Quel bonheur de voir ça. »

Le mot qui m’est venu à l’esprit était simple.

La dignité.

Non pas le luxe. La dignité.

Des infrastructures qui permettent à une communauté de se rassembler. Des équipements qui donnent aux jeunes des opportunités. Des espaces dont les habitants peuvent être fiers. Des lieux qui disent à une communauté qu’elle mérite ce qu’il y a de mieux pour ses enfants. C’est exactement ainsi que les choses devraient être.

L’esprit du Stampede

En repartant, je me suis dit que cette matinée résumait finalement assez bien ce que j’apprécie dans le Stampede. Bien sûr, il y a les rodéos, les concerts et les festivités. Mais derrière tout cela, il y a surtout des gens. Des bénévoles qui donnent de leur temps. Des communautés qui ouvrent leurs portes. Des familles qui se retrouvent. Des moments de partage

Le Stampede n’avait pas encore commencé officiellement. Pourtant, son esprit était déjà bien là.

Ces objets qu’on voit en Alberta 🇨🇦 (et que vous remarquerez sans doute aussi)

En Alberta, certains objets du quotidien sont partout : gourdes YETI, sac Lululemon, bottines type Blundstone/Sorel, combo legging et UGG Tasman II… 👜👢🧊
Décryptage pour voyageurs et francophones. 🇨🇦✨

Vous arrivez en Alberta 🇨🇦 ? Que ce soit pour voyager, s’installer ou simplement passer quelques semaines — certains détails du quotidien attirent immédiatement l’attention 👀. Pas les paysages spectaculaires (ils parlent d’eux-mêmes), mais ces objets que l’on croise partout : sacs, chaussures, gourdes, silhouettes vestimentaires… 👜👢🧊

Pris séparément, ils peuvent sembler anodins. Ensemble, ils racontent une manière de vivre : un rapport très pragmatique au climat ❄️, une culture du confort assumé 🧘‍♀️, et une vie souvent rythmée par les déplacements et l’outdoor 🚗🏙️🌲. Pour un regard français ou francophone 🇫🇷, certains de ces “codes” attirent l’oeil… et c’est justement ce qui les rend intéressants 😊 et c’est exactement pour ça qu’on va en parler.


YETI : quand une marque parle le langage de l’Alberta 🧊🐎

Impossible de passer du temps en Alberta sans croiser du YETI 🧊 : glacières, gourdes, mugs, tasses à café, contenants en tout genre… On en voit dans les bureaux 🏢, dans la main des passants 🚶‍♀️, dans les voitures 🚙, et bien sûr en pleine nature 🌲.

La manière dont YETI s’implante et communique localement 🤝 devrait être étudiée. À Calgary, la marque a même ouvert un magasin physique au Chinook Centre 🛍️ — un lieu très “premium” de la ville. L’ensiegne lumineuse du magasin donne le ton l’univers est explicite : imagerie de rodéo 🐎, chapeau en l’air, codes cowboy… un clin d’œil direct à l’Alberta.

À l’intérieur, la logique continue 🧢 : grands visuels muraux qui mettent en scène des scènes très locales, comme une cavalière en épreuve de type barrel racing lors du Stampede 🏇🎡, avec une chemise en jean et un logo YETI visible. Et la marque va plus loin grâce à la personnalisation ✍️ : gravures avec des symboles qui parlent aux gens d’ici (truites 🎣, fers à cheval 🧲, références “Cowtown” 🤠). Le message est clair : “on vous comprend, on parle vos codes” 💬.


Le sac Lululemon : discret, accessible et partout 👜🍁

Autre objet impossible à ignorer : le petit sac Lululemon 👜, facçn mini tote bag en toile. Il est partout : à l’école 🎒, dans les transports 🚆, à la salle de sport 🏋️‍♀️, et chez les actifs qui travaillent downtown 🏙️. À force, on finit presque par se demander s’il n’est pas offert tant il est omniprésent 😄.

Son succès tient d’abord à son accessibilité 💸 : Lululemon peut proposer des articles coûteux, mais ce sac est offert lors du passage en caisse pour emballer les articles achetés, ce qui le rend facile à adopter. C’est un objet simple, pratique, “sans prise de tête” ✅.

Côté look, il varie pas mal 🎨 : base souvent blanche/noire/rouge (avec des déclinaisons et motifs selon les saisons), logo visible mais pas agressif. Rien de criard. Et surtout : il est utile au quotidien 🍱👟. On l’utilise pour le lunch du midi, une paire de chaussures de rechange au bureau, quelques essentiels, ou des affaires de sport.

Ce sac est un marqueur social silencieux 🤫 : il évoque une vie dynamique, mobile, organisée. Et comme Lululemon est une marque canadienne 🍁, il y a aussi une petite dimension “c’est d’ici” : on s’approprie naturellement un objet local devenu commun, sans forcément y penser 💛.


Blundstone / Sorel : lire le climat à travers son choix de chaussures👢❄️

Parmi les chaussures qu’on repère vite en Alberta, il y a les bottines type Chelsea 👢 — Blundstone en tête (même si la marque est australienne, elle a trouvé son public en Alberta), mais aussi des équivalents très solides (comme Sorel). Elles sont partout dès que l’automne arrive 🍂, puis reviennent en hiver lors des périodes plus douces, quand la neige fond (slush) et que le sol reste humide 🌧️.

Leur logique est simple : semelle crantée pour mieux accrocher 🦶, cuir traité et imperméable pour affronter pluie, slush et trottoirs mouillés 💦. Ce ne sont pas forcément les chaussures “les plus sexy”, mais elles sont fiables, durables et pensées pour la vraie vie ✅.

Autre détail important : dans leur version classique, elles ne sont souvent pas doublées 🧊. Beaucoup de personnes compensent avec des chaussettes épaisses 🧦 (parfois légèrement froncées à la cheville), ce qui apporte de la chaleur, évite les frottements et augmente le confort. Et côté praticité, elles sont imbattables ⏱️ : pas de lacets, pas de fermeture, on glisse le pied dedans et on ressort aussi vite — parfait pour les allers-retours constants entre intérieur et extérieur 🚪.


Legging Lululemon & UGG Tasman II : le confort assumé 🧘‍♀️🧦

Parmi les silhouettes qui surprennent souvent les visiteurs français 🇫🇷, il y a celle-ci : legging (souvent Lululemon) + UGG Tasman II + grosses chaussettes apparentes 🧦. De loin, on pourrait croire à une tenue “relax”, mais ici, c’est surtout une tenue logique 🧠.

Le legging est considéré comme un vêtement à part entière 👖 : confortable, extensible, pratique pour marcher, conduire, s’asseoir longtemps, enchaîner les activités… Et les Tasman II, à mi-chemin entre le chausson et la chaussure d’extérieur 🥿, apportent une chaleur immédiate grâce à leur doublure et leur semelle épaisse 🔥. Autre avantage de la semelle épaisse: elle isole le pied du froid et du contact avec le sol s’il est froid. Elles sont parfaites pour les trajets courts : déposer les enfants, faire une course rapide 🏫🏢🛒.

Cette combinaison illustre une autre hiérarchie des priorités 💡 : ici, le confort n’est pas opposé à l’efficacité, il en est souvent une condition. Là où, en France, la tenue reste plus fréquemment une “présentation de soi” 👗, en Alberta elle est souvent pensée comme un outil d’adaptation au quotidien, au rythme de vie… et au froid ❄️.


Ce que tout cela dit de l’Alberta 🧭🍁

Ces objets peuvent sembler anecdotiques pris séparément. Ensemble, ils font du sens 😊 : une culture du pragmatisme, du durable, de l’utile ✅, une manière de vivre très tournée vers l’adaptation au climat ❄️, et une approche assumée du confort 🧘‍♀️.

Pour un voyageur français ou francophone 🌍, les remarquer, c’est commencer à comprendre l’Alberta “de l’intérieur” : pas seulement ses paysages grandioses 🏔️, mais aussi ses codes du quotidien — ceux qu’on adopte sans s’en rendre compte… jusqu’à ce qu’on se surprenne à faire pareil 😄. Il n’est pas exclu qu’une paire de Tasmn II rejoigne un jour mes placards!

🏛️ Le Royal Alberta Museum : un joyau d’intelligence et de sens

Sans doute le plus beau musée que nous ayons visité au Canada jusque-là. Le Royal Alberta Museum d’Edmonton raconte l’histoire, la nature et les peuples de l’Alberta avec intelligence, sens et pédagogie, dans un parcours clair et captivant.

Il arrive que certaines visites dépassent les attentes. C’est exactement ce qui s’est produit au Royal Alberta Museum (RAM), en plein cœur du centre-ville d’Edmonton. Sans doute le plus beau musée que nous ayons visité au Canada jusque-là : riche, cohérent, moderne, et surtout remarquablement mis en scène.

Rien n’y est laissé au hasard : chaque objet semble à sa place, les parcours sont clairs, les thématiques bien identifiées. Le RAM réussit un équilibre rare entre exhaustivité et lisibilité. On ne se sent ni submergé, ni frustré. C’est un musée qui parle à tout le monde : adultes, enfants, passionnés d’histoire ou simples curieux de passage, comme nous l’étions.

👨‍👩‍👧‍👦 Un musée pensé pour la curiosité de tous

Le Royal Alberta Museum est un bel écrin architectural, il a de plus l’avantage d’être un lieu de transmission. On perçoit cela dans la façon dont les espaces sont organisés et dans la place laissée à l’interactivité.

Les enfants disposent d’une zone qui leur est dédiée dès l’arrivée 🧩 : jeux éducatifs, ateliers, expériences sensorielles, et de nombreux modules autour de la nature de l’Alberta. De quoi nourrir la curiosité des plus jeunes sans jamais les perdre, ou les noyer sous l’information.

Les adultes, eux, vont apprécier la cohérence du parcours et la qualité des explications bilingues 🇫🇷🇨🇦. Tout ici est pensé pour apprendre sans s’ennuyer, comprendre sans prise de tête, et s’émerveiller sans artifices.

🪲 Insectes, coraux et petites bêtes : la galerie des “Bugs”

Parmi les sections qui nous ont marquées, on peut citer sans hésitation celle consacrée aux insectes et autres “bugs”. Elle laisse une forte impression. Car c’est un véritable cabinet de curiosités vivantes.

On y croise des araignées 🕷️, des phasmes 🪳, des scorpions 🦂, des abeilles 🐝, des blattes et bien d’autres espèces fascinantes. Un joli aquarium de coraux 🐠 ajoute une touche de couleur et rappelle la diversité du vivant.

Les explications sont accessibles et pédagogiques, toujours en français ET en anglais. Un conseil cependant : attention si vous êtes arachnophobes ! 😅Vous risquez de faire des rencontres impressionnantes et velues!

🪶 Terres ancestrales, tipi et rencontre des mondes

La galerie d’histoire humaine est sans doute la plus belle partie du musée. Elle débute par les terres ancestrales de l’Alberta, habitées par les Premières Nations depuis des millénaires.

Les outils en silex, les objets artisanaux et les pièces cérémonielles racontent un lien profond avec la terre et la nature. Un tipi grandeur nature ⛺ occupe une place centrale : il symbolise à lui seul la continuité et la force des cultures autochtones.

On découvre les nations Déné, Nakoda, Blackfoot et bien d’autres encore, à travers leurs traditions, leurs savoir-faire et leurs “regalias” – ces tenues majestueuses, colorées et ornées qui incarnent la fierté de chaque peuple.

🦫 La Compagnie de la Baie d’Hudson et le commerce des fourrures

Vient ensuite la période des premiers échanges entre colons européens et peuples autochtones, marquée par le commerce des fourrures. La Compagnie de la Baie d’Hudson 🧭 joue ici un rôle clé : elle établit des postes de traite dans toute la région, échangeant peaux contre tissus, outils et couvertures.

Cette période a profondément bouleversé les modes de vie locaux, en introduisant de nouveaux produits mais aussi de nouvelles dépendances économiques.

💡 Le savais-tu ? La Compagnie de la Baie d’Hudson

Les fameuses couvertures à bandes colorées – blanche avec des rayures verte, rouge, jaune et bleue – étaient autrefois une monnaie d’échange prisée dans le commerce des fourrures. Elles symbolisaient le prestige et l’influence de la Compagnie.

Mais leur histoire est aussi marquée par la tragédie : les échanges commerciaux ont contribué à la propagation de maladies dévastatrices comme la variole parmi les communautés autochtones. Ces couvertures sont aujourd’hui des témoins silencieux d’un passé complexe.

Fondée au XVIIᵉ siècle, la Compagnie de la Baie d’Hudson a longtemps été un pilier du commerce canadien avant de fermer ses derniers grands magasins en 2025, après plus de 350 ans d’existence.

🎬 Écoles résidentielles : un espace de mémoire

Le musée aborde aussi avec sobriété le sujet difficile des écoles résidentielles. Dans une zone plus calme et tamisée, des films documentaires et des objets d’époque racontent cette page douloureuse de l’histoire canadienne.

Le ton est mesuré, sans excès. On y découvre la réalité des enfants séparés de leurs familles et de leurs langues. Un moment de silence, de respect, et de réflexion collective 🕊️.

⚙️ Prisonniers de guerre et soldats en Alberta

Pendant les deux guerres mondiales, l’Alberta a accueilli plusieurs camps de prisonniers de guerre. Le musée évoque ces épisodes méconnus à travers des lettres, photos et objets du quotidien.

Les prisonniers – souvent allemands ou italiens – étaient envoyés ici, dans des conditions climatiques extrêmes. Le RAM restitue avec pudeur cette partie de l’histoire, rappelant que même au cœur des Prairies, le monde en guerre a laissé des traces.

Des vitrines présentent aussi l’engagement de l’armée canadienne : uniformes, affiches, avions miniatures, maquettes. Loin de glorifier, le musée montre l’effort collectif d’un pays jeune confronté à la guerre.

🐎 De la vie rurale au hockey : une province en construction

La suite du parcours évoque la vie agricole et les débuts de la modernisation. On y voit la place du cheval et du rodéo 🤠, mais aussi la transformation progressive de l’Alberta au XXᵉ siècle.

Des objets liés à l’histoire des Edmonton Oilers 🏒 rappellent la passion du hockey, tandis qu’une section célèbre les Jeux olympiques d’hiver de Calgary 1988. L’histoire récente y trouve aussi une place, entre fierté et mémoire.

🦴 Dinosaures, faune et géologie : l’Alberta grandeur nature

À l’étage, changement de décor : bienvenue dans le monde de la nature et de la science. Les squelettes de dinosaures – dont un impressionnant Edmontosaurus – fascinent les visiteurs. On découvre aussi un paresseux géant, des ours, des castors et d’autres animaux emblématiques de la région, reconstitués dans leurs habitats naturels.

La section géologique est splendide 💎 : météorites, pierres précieuses, quartz, fossiles… Les vitrines brillent et fournissent les explications appropriées. On y comprend la richesse des sous-sols albertains et la beauté brute de la nature.

Un atelier de restauration visible du public permet d’observer le travail patient des équipes du musée. Lors de notre visite, c’était au tour d’un éléphant naturalisé 🐘 d’être au programme pour une remise en état.

🛍️ La boutique : un concentré d’art et d’artisanat

Avant de partir, un détour s’impose par la boutique. C’est une échoppe à souvenirs riche et variée: on y trouve de vraies pépites ✨ – infusions et thés, savons artisanaux, plaids, livres, objets déco et créations d’artistes autochtones.

Bonne nouvelle : il est possible de commander en ligne une partie de ces articles sur le site du musée 🛒.

📍 Infos pratiques – Royal Alberta Museum

Adresse : 9810 103A Ave NW, Edmonton, AB T5J 0G2 🇨🇦

Horaires :
Mercredi, vendredi, samedi et dimanche : 10 h – 16 h
Jeudi : 10 h – 20 h
(Fermé lundi et mardi, sauf jours fériés – vérifier le calendrier avant votre visite.)

Tarifs :
Adulte : 21 $ | Aîné : 14 $ | Jeune (7–17 ans) : 10 $ | Enfant (≤6 ans) : gratuit | Famille : env. 50 $

Site officiel : royalalbertamuseum.ca

🧭 À savoir avant de visiter Edmonton

Comme dans de nombreuses grandes villes nord-américaines, certains quartiers d’Edmonton présentent une vulnérabilité sociale plus visible : personnes en situation de marginalité, addictions, logements précaires…
Ce n’est pas un phénomène propre à Edmonton, mais il peut surprendre les visiteurs européens.

L’hypercentre, notamment autour de certaines rues, peut donner une impression moins sécurisante — rien d’insurmontable, mais utile à savoir pour préparer sa visite et choisir ses déplacements.

Le Royal Alberta Museum se situe dans une zone fréquentée et accessible, et assez centrale.

✨ En conclusion

Le Royal Alberta Museum est plus qu’un musée : c’est un miroir de l’Alberta. Il raconte ses peuples, sa nature, ses luttes et ses renaissances. On y découvre une province à la fois fière, complexe et passionnante.

Même si Edmonton ne séduit pas toujours au premier regard, le RAM, lui, vaut à lui seul le voyage. Un joyau discret, intelligent et profondément humain 💖.

🐎 RCMP et héritage militaire : sur les traces des uniformes rouges en Alberta

Des tuniques rouges de la RCMP aux régiments de Currie Barracks, l’Alberta a forgé l’image du Canada entre ordre, devoir et patrimoine. Suivez la piste des Mounties à Fort Macleod, Fort Calgary et au Military Museums de Calgary.

Peu d’images sont aussi emblématiques du Canada que celle du cavalier en tunique rouge et chapeau Stetson, droit sur sa monture dans les vastes plaines de l’Ouest. Symbole de l’ordre, du courage et de l’unité nationale, la Gendarmerie royale du Canada (RCMP) – ou Royal Canadian Mounted Police – est née au cœur de l’Ouest canadien. Et c’est en Alberta, notamment à Fort Macleod et Calgary, que son histoire a véritablement pris racine.


🏞️ Aux origines : la conquête de l’Ouest canadien

L’histoire de la RCMP débute en 1873, lorsque le gouvernement de John A. Macdonald crée la North-West Mounted Police (NWMP) pour faire régner la loi dans les territoires nouvellement intégrés, lutter contre le commerce illégal de whisky venu des États-Unis et affirmer la présence canadienne dans l’Ouest.

En 1874, quelque 300 hommes entreprennent la mythique Great March West, traversant plus de 1 300 km de prairies. L’année suivante, la NWMP fonde des postes permanents dont Fort Macleod (1874) – premier quartier général – et Fort Calgary (1875), au confluent des rivières Bow et Elbow. Ces forts deviendront les noyaux fondateurs de plusieurs villes de l’Ouest.

💡 Le savais-tu ?
Le Fort Calgary a été construit en 1875 par seulement une cinquataine d’officiers de la North-West Mounted Police. À l’époque, c’était un simple poste avec quelques bâtiments. C’est autour de ce fort que la future ville de Calgary s’est développée.

🧭 De la NWMP à la RCMP : naissance d’un symbole canadien

La North-West Mounted Police devient la Royal North-West Mounted Police en 1904, puis prend son nom actuel – Royal Canadian Mounted Police (RCMP) – en 1920 après fusion avec la Dominion Police. L’uniforme écarlate et la discipline “à la militaire” en font une icône nationale. Aujourd’hui encore, la RCMP est très présente en Alberta, notamment dans les zones rurales, et lors d’événements comme le Calgary Stampede, le Remembrance Day ou la Fête du Canada.

🪖 Calgary : une ville à l’âme militaire

Bien au-delà de l’énergie et du western, Calgary fut pendant une grande partie du XXe siècle une ville militaire stratégique, avec une forte implantation de régiments et de bases.

⚔️ Currie Barracks : un héritage vivant

Le site de Currie Barracks (sud-ouest de Calgary), établi dans les années 1930, a accueilli plusieurs unités emblématiques, dont le Lord Strathcona’s Horse (Royal Canadians) (régiment blindé) et le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI) (infanterie). Le secteur est aujourd’hui reconverti en Currie District, quartier résidentiel moderne où subsistent des bâtiments d’origine et des plaques commémoratives.

💡 Le savais-tu ?
Currie Barracks porte le nom du général Sir Arthur Currie, commandant du Corps canadien durant la Première Guerre mondiale. Si le site est devenu un quartier dynamique, son patrimoine militaire demeure très visible dans l’architecture et la toponymie.

🏛️ Le Musée militaire de Calgary

Le The Military Museums of Calgary, sur Crowchild Trail SW, est le plus grand complexe muséal militaire de l’Ouest canadien. On y découvre des véhicules blindés, uniformes, expositions interactives et un jardin du souvenir où fleurissent les coquelicots chaque 11 novembre. Un lieu de mémoire fort et une visite passionnante pour comprendre le rôle du Canada dans les grands conflits.

🏇 La RCMP dans la culture et la société albertaine

Au-delà du maintien de l’ordre, la RCMP est un symbole identitaire : on la retrouve dans les parades du Stampede, les cérémonies commémoratives et les reconstitutions historiques à Fort Macleod et Fort Calgary. Dans la culture populaire, les “Mounties” incarnent l’image noble du Canada.

📍 À visiter en Alberta : sur les traces de la RCMP

  • Fort Calgary National Historic Site – musée interactif sur la fondation du fort et la naissance de la ville.
  • Fort Macleod Museum – reconstitutions de la North-West Mounted Police, défilés en uniformes rouges.
  • The Military Museums of Calgary – collections armée/marine/aviation + espace RCMP.
  • Head-Smashed-In Buffalo Jump – contexte autochtone et expansion vers l’Ouest.

Idéal pour comprendre l’histoire de l’Alberta à la croisée du courage, du service et de la construction du pays. 🇨🇦

🧡 Vérité, réconciliation… et évolution

Parler de la RCMP en Alberta, c’est aussi reconnaître que son histoire ne se résume pas à l’image iconique du “Mountie” en tunique rouge. Comme d’autres institutions canadiennes, la police montée a été impliquée, à différentes périodes, dans l’application de politiques coloniales — notamment autour du système des pensionnats autochtones (residential schools). Des familles et des survivants ont témoigné du rôle joué par la police montée pour faire respecter la fréquentation de ces écoles par les enfants autochtones, y compris en allant chercher les enfants dans leurs familles, afin de les ramener dans ces pensionnats.

Mais l’histoire n’est pas figée. Aujourd’hui, dans l’élan de vérité et réconciliation qui anime le Canada, des signes forts montrent que les institutions évoluent. Lors du Calgary Stampede l’an dernier, l’une des images les plus marquantes pour moi a été de voir un officier de premier plan de la RCMP défiler lors de la parade : un homme autochtone, portant l’uniforme traditionnel des Mounties, tout en assumant visiblement son identité — notamment à travers ses cheveux longs tressés, symbole culturel fort. Cette image, à la fois puissante et émouvante, illustre un Canada qui tente d’avancer, de reconnaître son passé et de laisser coexister mémoire, identité et service public.

❤️ Une identité rouge et or : symbole de l’Ouest canadien

Des tuniques écarlates de la RCMP aux uniformes de Currie Barracks, l’histoire de Calgary est tissée d’un fil rouge : celui du service et de la mémoire. Ces silhouettes, autrefois autorité, sont devenues emblèmes patrimoniaux. Elles racontent comment l’Ouest s’est construit – entre ordre, devoir et découverte – et pourquoi, chaque automne, les coquelicots à la boutonnière continuent d’unir la communauté.