Je pensais aller voir un rodéo.

J’ai assisté au First Nations Rodeo & Relay de Calgary. Une soirée où le rodéo rencontre les traditions autochtones, les chevaux, les familles et l’esprit des Prairies.

Il y a des soirées dont on connaît déjà le scénario, ou en tout cas c’est ce que l’on croit. On sait à peu près ce qu’on va voir, ce qu’on va vivre, et ce qu’on va raconter ensuite.

Je pensais que celle-ci en faisait partie. En somme des chevaux. Des cow-boys. Des taureaux. Quelques épreuves de rodéo. Et probablement une ou deux belles photos pour mon fil photos et fin de l’histoire.

Je me suis trompée.


Samedi soir, les gradins du GMC Stadium se remplissent doucement. Autour de moi, beaucoup de chapeaux de cowboys. Des familles. un public varié. Une dame autochtone passe devant nous vêtue d’un magnifique regalia.

À l’entrée, les immenses lettres rouges l’annoncent déjà.

YAHOO.

Pas Yee-haw. Le rodéo de Calagary a pour cri de ralliement Yahoo, les vrais savent.


Puis le spectacle commence. Des personnalités liées à l’organisation du Rodéo prennent la parole et déclarent le rodéo ouvert, à leurs côtés des membres éminents des communautés autochtones. Des chants autochtones résonnent dans le stade.

Les premières épreuves commencent. Le programme annonce du team roping, du saddle bronc, du steer wrestling…

Au fil du spectacle je comprends quelque chose, certains concurrents reviennent. Le même concurrent apparaît en tie-down roping, puis plus tard dans une autre discipline. On découvre donc des athlètes capables d’exceller dans plusieurs spécialités au cours d’une même soirée.


Puis arrive le barrel racing. Je suis sensible aux performances des femmes, surtout dans ce milieu que l’on s’imagine très masculin. J’attendais cette épreuve. Sur l’écran géant, les noms défilent.

Parmi eux :

Quinley Inman.

Je ne sais pas encore qu’elle n’a que dix ans. Dix ans. Elle termine pourtant deuxième de sa série face à des concurrentes bien plus expérimentées. À moins de trois dixièmes de seconde de la première. Pendant quelques secondes, tout le stade oublie son âge. Elle n’est plus « la petite ». Elle est une concurrente et déja une très grande.


Quelques minutes plus tard, un autre nom attire mon attention. Jayce Carlson. Le speaker raconte qu’elle est championne. Puis il ajoute presque en passant qu’elle est aussi survivante d’un cancer du sein. Ce soir-là, les biographies racontent en disent au moins autant que les chronomètres.


Un peu plus tard encore, je remarque Cam Ousley. Puis Dontre’ Goff. Deux cow-boys noirs. Tous deux originaires de l’Oklahoma. L’un est double champion du monde. Hollywood nous a raconté une certaine histoire de l’Ouest. Le stade et la réalité en racontent une autre.


Les représentants des Premières Nations prennent la parole en milieu de soirée. Un discours retentit.

On entend ceci, pendant que des chevaux courent dans l’arène.

« The horse is a relative (le cheval est un parent/un membre de notre famille).

It is a helper (il est une aide).

It reflects the value of generosity. (il incarne la générosité)»

Ces mots m’interpellent Un relative. Pas un partenaire. Pas un outil.

Un parent.

Quelques minutes plus tard, c’est le bison, et nos avons eu la chance d’en voir un dans l’arène; on mesure alors sa force sa taille.

« It gave us the means to live upon this land (il nous a dinné les moyens de vivre sur cette terre).

It is a teacher (il est un enseignant).

Through it, we learn humility. (à travers lui nous apprenons l’humilité)»

Je note les phrases presque mot pour mot dans mon téléphone, tant ils me surprennent et m’émeuvent. J’étais juste venue voir du rodéo. Voilà qu’on me parle de générosité, d’humilité et de respect.


Entre deux compétitions, personne ne quitte vraiment son siège. Il n’y a pas « l’entracte ». À la place, un hoop dancer entre dans l’arène. Les cerceaux deviennent aigle, papillon, serpent. Puis viennent les chanteurs, accompagnés des tambours, ainsi que les danseuses en regalia. Ces prestations ne sont pas un intermède. Elles font partie de la soirée. Au même titre que le rodéo.


Puis arrive la dernière épreuve. On m’avait dit d’attendre le relay race.

Le présentateur explique les règles, mais on se dit qu’à voir en vrai ce sera étonnant. Les avertis sont impatients. Quant à nous, les novices on comprend pourquoi dès le premier changement de cheval. Tout semble partir dans tous les sens. Les chevaux arrivent au galop après un tour d’hippodrome. Les cavaliers sautent à terre. Ils remontent sur une nouvelle monture sans selle ni étriers.

Dans la cacophonie, Un cheval repart tout seul. Un cavalier retombe. Une équipe passe de la première à la dernière place en quelques secondes.

Le stade entier est debout.

C’est un joyeux bazar. Mais un joyeux bazar parfaitement orchestré. Et surtout…On encourage tout le monde. Même les derniers.


Quand les vainqueurs montent sur scène, ils ne repartent pas avec une coupe. Ils repartent avec une immense boucle de ceinture finement ouvragée. Dans le monde du rodéo, c’est bien ça le trophée. C’est un morceau d’histoire que l’on porte à la taille.


En quittant le stade, je repense à cette phrase entendue au tout début.

« Tonight, we honour the spirit of the prairie. (ce soir nous honorons l’esprit des prairies) »

Je crois que c’est précisément ce que j’ai vu. Pas un spectacle folklorique. Pas une carte postale du Far West. Mais une soirée où le sport, les familles, les chevaux, les bisons, les chants, les enfants, les champions, les anciens et les Premières Nations racontent ensemble une histoire des Prairies. Une histoire de cette terre que nous habitons.

Le Stampede de Calgary 🤠🐎 : The Greatest Outdoor Show on Earth

Plongez dans l’univers du Calgary Stampede : un événement légendaire mêlant rodéos spectaculaires, traditions autochtones, déjeuners pancakes et fierté cowboy. Découvrez son histoire, ses fondateurs et son ambiance unique !

Chaque mois de juillet à Calgary, il y a un moment où la ville se transforme. Les cravates cèdent leur place aux bandanas, les souliers de ville aux cowboy boots, et les immeubles s’habillent de fresques western. Ce moment, c’est le Calgary Stampedethe Greatest Outdoor Show on Earth. Et ce n’est pas qu’un slogan… c’est une institution, un concentré d’histoire, de traditions, de fierté locale et de pur plaisir ! 🎡🎶 Cette année il s’est tenu du 4 au 13 juillet inclus.

Un rêve devenu réalité grâce aux Big Four 🌾🐴

L’idée du Stampede, on la doit à un certain Guy Weadick, artiste de spectacles de rodéo originaire de New York (USA). Passionné par l’Ouest et son héritage, il rêve d’un événement grandiose qui célébrerait les cowboys, les éleveurs et la culture ranch de l’Alberta. 💭

Mais un tel projet coûte cher, même pour l’époque. C’est là qu’entrent en scène les fameux Big Four : George Lane, Patrick Burns, A.E. Cross et A.J. McLean – quatre puissants éleveurs et hommes d’affaires de l’Alberta. Convaincus par la vision de Weadick, ils financent l’aventure. Sans eux, le Stampede de 1912 n’aurait sans doute jamais vu le jour. 🤝

Petite anecdote 💘 : Weadick était marié à Florence « Flores » LaDue, célèbre cowgirl et championne de lasso. Elle aussi participe au premier Stampede, et devient l’une des premières femmes à entrer dans la légende du rodéo canadien.

À l’origine, cet événement devait être unique, une sorte de grande fête western ponctuelle. Mais l’enthousiasme du public a laissé des traces…

Un retour marquant après la guerre : le Stampede de la Victoire 🕊️🎉

Il faudra attendre 1919 pour revoir le Stampede à Calgary, cette fois sous le nom de Victory Stampede, pour célébrer la fin de la Première Guerre mondiale. Le succès est au rendez-vous.

Mais ce n’est qu’en 1923 que l’événement devient pérenne et annuel, fusionnant avec l’exposition agricole de la ville. Le Calgary Stampede tel qu’on le connaît aujourd’hui était né ! 🎈

Les peuples autochtones, au cœur de la célébration 🪶

Dès 1912, les Nations autochtones sont invitées à participer – une décision rare et audacieuse à l’époque. Aujourd’hui encore, le Elbow River Camp rassemble les nations Siksika, Tsuut’ina, Piikani, Stoney Nakoda et Kainai. Tipis décorés, danses, artisanat, pow-wows, cuisine traditionnelle : c’est un espace d’échange, de célébration, et de respect des cultures des Premières Nations. 🧡

Et leur implication ne se limite pas au camp : ils sont également associés aux rodéos et aux grands moments du Stampede, en signe de reconnaissance pour leurs terres ancestrales. Le Stampede leur rend hommage et affirme leur place au cœur du récit albertain.

Plus d’un million de visiteurs chaque année ! 🎟️🌍

Avec plus de 1,2 million de visiteurs sur dix jours, le Stampede est l’un des plus grands festivals au Canada. Sachant que la ville compte en temps normal 1,4 millions d’habitants. Les hôtels et lieux d’hébergements sont tous pris d’assaut et réservés longtemps à l’avance. Venir au Stampede ça se prépare! Locaux, touristes, passionnés de rodéo ou simples curieux s’y retrouvent pour vivre un moment suspendu. La ville devient un immense terrain de jeu, bruyant, festif et coloré. 🎊

La parade d’ouverture 🎺🐎

Tout commence avec la parade du Stampede, une tradition vieille de plus de 110 ans. Elle traverse le centre-ville de Calgary dans un défilé spectaculaire de fanfares, cavaliers, chars décorés, délégations autochtones, anciens tracteurs et groupes costumés. 🎷

Chaque année, un Parade Marshal est désigné. Il ou elle donne le ton de la fête. Parmi les plus célèbres : Le Prince Charles (désormais roi) en 1977, Walt disney en 1965, Christopher Reeve en 1993, Kevin Costner en 2022, Chris Hadfield en 2001 et en 2013, ou encore des figures du sport et de la musique canadienne. Cette année l’honneur est revenu à Shania Twain.

Une mobilisation totale de la ville 🏙️❤️

Pendant le Stampede, Calgary entre en ébullition ! Les vitrines sont décorées, des élements de la culture western parsèment la villes (bottes de paille, selles…) les habitants enfilent chemises à carreaux et jeans Wrangler et les cowboy hats blancs deviennent omniprésents. C’est un moment de partage, d’unité, et de célébration collective. Peu importe d’où on vient, tout le monde joue le jeu, et c’est ce qui rend ce festival si spécial. 🤠 Personne ne semble déguisé ou n’est perçu de manière bizarre avec son chapeau et ses bottes de cowboy.

Les Stampede Grounds : manèges, concerts… et spectacles équestres inoubliables 🎢🎸🐎

Le cœur battant du festival se trouve aux Stampede Grounds : une immense foire où se mêlent manèges à sensations, concerts en plein air, concours agricoles… mais aussi, et surtout, les compétitions de rodéo, spectaculaires et impressionnantes, qui ont fait la réputation mondiale du Calgary Stampede. 💥

Chaque jour, le GMC Stadium se remplit jusqu’à la dernière place. Le public y vibre au rythme des performances des meilleurs cowboys et cowgirls du monde, venus du Texas, d’Australie, d’Alberta, et bien sûr de Calgary. 🤠🔥

Que peut-on y voir ?

  • 🏇 Rodéo à cru : des cavaliers tentent de rester sur un cheval sauvage sans selle pendant 8 secondes… et croyez-moi, chaque seconde compte !
  • 🐂 Rodéo à dos de taureau : adrénaline maximale ! Les compétiteurs défient des taureaux puissants et imprévisibles dans un face-à-face vertigineux.
  • 🤠 Capture de veau au lasso (tie-down roping) : il faut galoper, viser, attraper… et tout ça en quelques secondes.
  • 🔄 Courses de barils : des cavalières (souvent !) contournent trois barils dans une course contre la montre millimétrée.
  • 🚚 Courses de chuckwagons : une autre grande tradition du Stampede. Des attelages lancés à toute vitesse dans une chorégraphie folle de virages serrés et de chevaux lancés à fond.

Ces disciplines sont autant des démonstrations de talent que de bravoure. Les femmes et les hommes qui s’élancent dans l’arène ne sont pas que des athlètes : ce sont de véritables artistes de la prise de risque, au plus près de la tradition cow-boy. 🎯

Et dans tout cela, les locaux de l’étape sont évidemment les plus acclamés. La fierté de voir « un gars du coin » briller devant des milliers de spectateurs est palpable à chaque performance. 💪

Les déjeuners pancakes gratuits : un vrai rituel calgarien 🥞☕

Un des charmes les plus typiques du Stampede ? Les « free pancake breakfasts » ! Partout dans la ville, de bon matin, on vous sert gratuitement des pancakes chauds, du café et parfois du bacon. 🥓 Ce n’est pas une blague – c’est une tradition profondément enracinée et très attendue. Associations, entreprises, églises… tout le monde participe !

La fierté cowboy de l’Alberta 💛

Le Stampede, ce n’est donc pas qu’un festival. C’est une déclaration d’amour à l’héritage rancher, country, cowboy de l’Alberta. Ce n’est pas du folklore, c’est une identité assumée. Le chapeau blanc est un symbole de bienvenue. Les bottes sont faites pour marcher dans la poussière. Les boucles de ceinture racontent des histoires.

En résumé… le Stampede, c’est :

  • 🎡 10 jours de festivités
  • 🥞 Des pancakes gratuits en veux tu en voilà
  • 🎶 Des concerts et spectacles chaque soir
  • 🤠 Une ville entière en mode western
  • 🐎 Du rodéo, de l’émotion, de l’adrénaline
  • 🫶 Une atmosphère chaleureuse et inoubliable

Et vous ? Avez-vous déjà vécu le Stampede ? Ou rêvez-vous de vous plonger dans cette ambiance unique un jour ? Dites-le-moi en commentaire, et surtout… gardez votre chapeau à portée de main ! 🎩

👉 Et bien sûr, restez connectés, car dans le prochain article, je vous emmène explorer l’esthétique du Stampede : quels sont les éléments clés du look cowboy quand on se rend au Stampede ? Chapeaux blancs, bottes en cuir, franges, ceintures et bijoux turquoise… on décode tout ensemble pour briller dans l’arène comme en ville ! 🤠✨