Une autre façon de découvrir Calgary: trois heures à la banque alimentaire

Trois heures de bénévolat, une organisation impressionnante et une belle leçon d’humanité. Retour sur une expérience qui m’a fait découvrir Calgary sous un angle différent.

Sur ce blog, je vous emmène régulièrement découvrir différentes facettes de la ville : ses bonnes adresses, son histoire, ses musées, ses événements ou encore ses activités familiales. Mais une ville ne se résume pas à ses attractions, à la consommation et à ce qu’on peut s’offrir ou s’acheter.

Pour vraiment comprendre un endroit, il faut comprendre les personnes qui y vivent, leurs défis, leurs réussites, et aussi les mécanismes de solidarité qui permettent à une communauté de prendre soin des plus vulnérables. C’est ce que j’ai découvert récemment en passant une matinée comme bénévole à la Calgary Food Bank (La banque alimentaire de Calgary).

Une organisation impressionnante

Avant cette expérience, j’imaginais la banque alimentaire comme beaucoup de gens : un lieu où l’on collecte des dons avant de les redistribuer aux personnes dans le besoin, sans plus.

La réalité est plus complexe. Derrière chaque distribution se cache une organisation remarquablement bien huilée. Les colis ne sont pas préparés au hasard. Ils sont adaptés à la taille des familles, à leurs besoins spécifiques et aux éventuelles restrictions alimentaires.

Au cours de mon bénévolat, j’ai aidé à la préparation des protéines. Selon les besoins, les colis pouvaient contenir du bœuf, du poulet, de la viande halal, des œufs ou encore du lait. Les familles avec de jeunes enfants reçoivent également des produits adaptés aux bébés, notamment du lait et des couches. On pense aussi aux femmes, en ajoutant aux colis des produits pour les besoins intimes, dans les colis qui le nécessitent.

J’ai également été impressionnée par le nombre de personnes nécessaires pour faire fonctionner un quart de distribution. Pour un shift d’environ trois heures, il faut près de vingt-cinq personnes, encadrés par une poignée de personnes présentes de façon régulière, souvent des retraités qui donnent généreusement de leur temps semaine après semaine. Il faut donc des personnes qui récupèrent les tickets avec les besoins de chaque foyer et sélectionne les différents (produits en conserve, huiles, légumes et fruits, céréales/petit déjeuners, pains, produits laitiers, riz….), ceux qui préparent les compléments à joindre à chaque cadi ( yaourt, laits végétaux , protéines etc), ceux qui vont ensuite concrètement emmener ces cadis aux voitures ou aux personnes qui viennent récupérer leur colis.

Cette organisation repose donc autant sur les dons alimentaires et financiers, que sur l’engagement humain.

Une réalité qui m’a surprise

Comme beaucoup de personnes, j’avais probablement une vision incomplète du profil des bénéficiaires. Je pensais spontanément aux personnes sans emploi. Pourtant, j’ai découvert une réalité beaucoup plus nuancée. Parmi les personnes aidées figurent des travailleurs, des étudiants et des parents seuls.

Des personnes qui, malgré leurs efforts, peinent à faire face à l’augmentation du coût de la vie. Cette réalité m’a particulièrement marquée.

Calgary est souvent présentée comme une ville prospère, et elle l’est sans conteste. Elle compte parmi les villes les plus dynamiques du Canada, elle compte beaucoup de millionnaires et accueille de nombreuses entreprises. Pourtant, comme partout ailleurs, la prospérité n’est pas répartie de manière uniforme. Derrière les vitrines des centres commerciaux, les tours de bureaux et les nouveaux quartiers résidentiels, certaines familles doivent faire des arbitrages difficiles pour boucler leur budget.

Cette matinée rappelle qu’une ville se compose aussi d’une multitude de réalités.

La dignité avant tout

S’il y a un mot qui résume cette expérience, pour moi, c’est sans doute celui-ci : dignité. À aucun moment je n’ai eu l’impression que l’objectif était simplement de distribuer de la nourriture. Tout est pensé pour répondre aux besoins des familles avec respect. Les colis sont adaptés aux situations de chacun. Les préférences et restrictions alimentaires sont prises en compte. Les produits sont sélectionnés avec soin.

Mais ce sont les petits détails qui m’ont le plus touchée. J’ai appris que lorsqu’il y a un anniversaire dans la famille bénéficiaire, un gâteau est ajouté au colis. Dans les cas où c’est un enfant qui fête son anniversaire un cadeau accompagne également la distribution. Ces gestes font preuve d’une délicatesse et d’une attention remarquables.

A eux seuls, ils témoignent d’une conviction profonde : les personnes qui traversent une période difficile méritent d’être aidées sans perdre leur dignité. Cette attention à l’humain m’a profondément marquée.

Trois heures qui comptent

L’une des choses qui m’a le plus surprise est sans doute la simplicité de l’engagement demandé. Mon bénévolat n’a duré qu’environ trois heures.

Trois heures seulement.

Dans une semaine chargée, cela peut sembler peu. Pourtant, lorsque l’on voit le volume de travail accompli et le nombre de familles qui bénéficieront de cette aide, on comprend rapidement que ces quelques heures ont un véritable impact. Cette expérience m’a également rappelé que le bénévolat ne nécessite pas toujours un engagement de plusieurs mois ou de plusieurs années. Ce qui peut être pourrait être un frein pour certains. Parfois, quelques heures suffisent pour contribuer concrètement à quelque chose de plus grand que soi.

Une leçon inattendue

En quittant la banque alimentaire ce jour-là, je ne suis pas repartie avec le sentiment d’avoir accompli un exploit. Je suis surtout repartie avec davantage d’humilité. Cette matinée m’a rappelé une chose essentielle : nous ne sommes pas des électrons libres évoluant chacun dans notre coin. Nous sommes reliés les uns aux autres.

Une communauté fonctionne parce que certaines personnes donnent de leur temps, de leur énergie ou de leurs ressources lorsque d’autres traversent une période difficile. Et au cours d’une vie, il peut arriver de se retrouver de l’un ou l’autre côté de cette chaîne de solidarité.

C’est sans doute la plus belle leçon que je retiendrai de cette expérience.

Calgary est une ville que j’apprends à découvrir depuis mon installation en Alberta. Cette matinée m’en a montré un visage différent. Un visage moins visible que celui des attractions touristiques ou des grandes avenues du centre-ville.

Mais un visage profondément humain.

Et finalement, c’est peut-être celui qui m’a le plus touchée.

Cassis Bistro : un petit goût de France au cœur de Calgary 🇫🇷🍷

Cassis Bistro, l’adresse française de référence à Calgary : cuisine de bistrot, produits canadiens, ambiance francophone et petits détails qui réveillent la nostalgie de la France.

Pendant longtemps, j’ai hésité à parler de Cassis Bistro sur le blog.

Après tout, lorsqu’on visite Calgary, ce n’est généralement pas pour aller manger français. Entre les steakhouses albertains, les restaurants de barbecue, les cuisines asiatiques ou les spécialités locales, les visiteurs ont souvent envie de découvrir ce qui fait l’identité culinaire de l’Ouest canadien.

Et pourtant.

Depuis mon installation à Calgary, j’ai compris qu’un restaurant français ne s’adresse pas uniquement aux touristes de passage. Il s’adresse aussi à ceux qui vivent ici : les Français expatriés, les francophones installés en Alberta, les Canadiens francophiles ou tout simplement les amateurs de cuisine française.

Lorsqu’une envie de France se fait sentir, Cassis Bistro est souvent l’une des premières adresses qui me vient à l’esprit.

Une adresse bien connue des amateurs de cuisine française

Situé dans le quartier de Killarney, à proximité d’une des bases militaires de la ville, Cassis Bistro fait partie des adresses qui ont su traverser les années sans perdre leur identité.

Derrière le restaurant se trouve Gilles, installé au Canada depuis plus de vingt ans. Cet établissement reflète parfaitement un certain équlibre: suffisamment français pour rappeler les bistrots de l’Hexagone, suffisamment canadien pour mettre en valeur les produits locaux.

C’est probablement ce qui explique sa longévité.

Une ambiance française sans les clichés

Contrairement à l’image que l’on se fait parfois d’un bistrot français, Cassis Bistro ne mise pas sur les nappes vichy rouges et blanches ni sur une décoration cliché.

L’établissement privilégie une ambiance plus contemporaine : tables en bois, éclairage tamisé, petites bougies et décoration sobre. Les tables sont volontairement assez sobres dans leur présentation, ce qui contribue à l’atmosphère chaleureuse du lieu. Et puis il y a tous ces petits détails que les Français remarquent immédiatement.

Les serviettes de table sont en tissu.

Le foie gras est servi avec un véritable couteau Opinel.

Le gros sel est présenté dans un petit contenant en porcelaine qui rappelle celles que l’on trouve dans certaines régions françaises, notamment à proximité des marais salants.

Au fond de la salle, des films français sont projetés en continu sur un mur. Selon les soirs, vous pourrez apercevoir Fernandel, Louis de Funès ou encore The Artist avec Jean Dujardin. Aucun de ces détails n’est essentiel à lui seul. Mais mis bout à bout, ils créent une atmosphère qui parle immédiatement aux francophones.

Une cuisine française adaptée au Canada

L’une des grandes qualités de Cassis Bistro est de ne pas chercher à reproduire la France à l’identique. Le restaurant compose intelligemment avec les réalités canadiennes et les ressources locales. Les moules marinières sont préparées avec des moules de l’Île-du-Prince-Édouard.

Le foie gras constitue un autre excellent exemple de cette adaptation. En raison de la réglementation canadienne, il n’est pas importé de France. Cassis Bistro travaille avec des producteurs québécois et le produit est ensuite préparé sur place par le chef.

Cette approche permet au restaurant de préserver l’esprit de la cuisine française tout en valorisant des producteurs canadiens.

Une carte qui évolue peu… et c’est une qualité

Dans un monde où certains restaurants changent complètement leur menu plusieurs fois par an, Cassis Bistro a choisi une autre voie.

La carte évolue peu.

Pour certains, cela pourrait sembler surprenant. Pour moi, c’est plutôt le signe d’une maison qui connaît ses forces et qui ne cherche pas à suivre toutes les tendances du moment.

Les grands classiques demeurent :

  • les moules marinières ;
  • le foie gras ;
  • le tartare de bœuf ;
  • le steak-frites ;
  • les plats de poisson ;
  • la tapenade

Cette stabilité permet à l’équipe de perfectionner des recettes éprouvées tout en proposant suffisamment de variété grâce au poisson du marché et aux plats du jour.

Les habitués savent qu’ils retrouveront leurs favoris lors de leur prochaine visite.

Dans mon assiette

Au fil de nos visites, nous avons eu l’occasion de goûter plusieurs plats de la carte.

Les moules marinières figurent parmi nos valeurs sûres. Servies dans une sauce crémeuse au vin blanc, elles constituent une belle porte d’entrée dans l’univers du restaurant.

Le foie gras est également un incontournable. Accompagné de pain noir et de ses condiments, il rappelle immédiatement certaines tables françaises tout en mettant en avant le savoir-faire de la maison.

Le tartare de bœuf est préparé dans la plus pure tradition du bistrot français.

Les plats de poisson, quant à eux, évoluent davantage selon les arrivages et les inspirations du chef.

Lors de l’une de nos visites, nous avons également dégusté un magnifique magret de canard accompagné d’une purée particulièrement onctueuse.

Des plats généreux, bien exécutés, qui privilégient les produits et les saveurs plutôt que les effets de mode.

Et les desserts ?

Je dois avouer que nous n’arrivons pas toujours jusqu’au dessert.

Les portions sont suffisamment généreuses pour que nous quittions souvent la table déjà parfaitement rassasiés.

J’ai toutefois eu la chance de goûter une excellente île flottante lors de l’une de nos visites. Copieuse, gourmande et délicieusement régressive, elle m’a immédiatement rappelé certains desserts de mon enfance.

Elle n’est malheureusement pas toujours à la carte, ce qui la rend sans doute encore plus appréciable lorsqu’elle fait son apparition.

Un restaurant pour les occasions spéciales

Soyons honnêtes : Cassis Bistro n’est pas l’adresse où nous allons toutes les semaines.

Les prix reflètent le niveau de la cuisine, du service et des produits utilisés.

C’est plutôt le genre d’endroit que nous choisissons pour célébrer une occasion particulière ou tout simplement lorsque la nostalgie de la France se fait sentir.

Informations pratiques

Cassis Bistro

Adresse : 2505 17 Avenue SW, Calgary, Alberta

Je vous recommande vivement de réserver votre table à l’avance.

Le restaurant est présent sur OpenTable, mais n’hésitez pas non plus à appeler directement. Selon les périodes, cela peut parfois permettre d’obtenir une table alors que l’application affiche complet.

Pensez également à vérifier les horaires d’ouverture avant votre visite, ceux-ci pouvant évoluer selon la saison ou les jours fériés.

Mon avis

Calgary compte plusieurs boulangeries et pâtisseries françaises ou d’inspiration française. Certaines sont excellentes et méritent largement le détour.

En revanche, lorsqu’il s’agit de retrouver une véritable expérience de bistrot français, avec une cuisine soignée, un service majoritairement francophone, une ambiance chaleureuse et une identité assumée, Cassis Bistro occupe une place à part.

Le restaurant ne cherche pas à recréer Paris au cœur de Calgary.

Il propose quelque chose de plus intéressant : une rencontre entre la culture française et les produits canadiens, entre le savoir-faire de l’Hexagone et les richesses de l’Alberta.

Et parfois, lorsque l’on vit loin de la France, c’est exactement ce dont on a besoin.

Stampede Bowl : quand Calgary transforme un match de football en célébration albertaine

Découvrez le Stampede Bowl à Calgary : un match des Stampeders où football canadien, chevaux, cowbells, traditions albertaises et ambiance familiale se rencontrent.

À la télévision, on voit probablement un match de football canadien. Depuis les tribunes du McMahon Stadium, l’expérience est plus riche. Elle est dans le bruit des cloches qui s’élève après un touchdown. Dans les drapeaux rouges qui surgissent devant les gradins. Dans les papas, les grands-pères et les enfants qui agitent des pompons sans se poser de questions. Dans cette cavalière qui traverse le terrain au galop, bannière des Stampeders au vent, pendant que les feux d’artifice éclatent derrière elle.

Bienvenue au Stampede Bowl.

Ce match est encore une tradition toute jeune. La première édition a eu lieu en juillet 2025. Cette année marquait donc seulement la deuxième édition du Stampede Bowl. L’an dernier, nous y étions déjà, sans vraiment comprendre que Calgary était peut-être en train d’installer un nouveau rendez-vous annuel. Cette fois, le message était plus clair : ce n’est pas un simple match placé avant le Stampede. C’est une manière d’ouvrir la saison du Stampede à la façon de Calgary. Cette année les adversaires/invités étaient les Argonautes de Toronto.

Un match de football, oui. Mais pas seulement.

Le Stampede Bowl n’est pas intéressant parce qu’il permettrait de raconter les règles du football américain. D’autres, spécialistes de ce sport, le feraient mieux que moi. Ce qui m’a frappée, c’est plutôt la façon dont le match absorbe les codes de la ville et de la province.

À Calgary, le football ne se contente pas d’être du football. Il emprunte au monde du ranch, au Stampede, à la culture western, à l’esprit de communauté et à cette façon très nord-américaine de transformer un événement sportif en fête populaire et en spectacle. Le résultat est étonnant, mais jamais dissonant. Ce n’est pas une caricature de cowboys posée sur un match. C’est plus subtil que cela. Tout semble venir naturellement : les chapeaux, les chevaux, les cloches, les drapeaux, la musique, les familles, les bénévoles, les supporters en rouge. On est dans un stade, mais Calgary parle son langage.

McMahon Stadium, un lieu qui a déjà son histoire

Le match se déroule au McMahon Stadium, un stade qui fait partie de l’histoire sportive de Calgary. C’est ici qu’a eu lieu la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de 1988. Rien que cela donne au lieu une place particulière dans l’imaginaire de la ville. On y voit encore la torche olympique d’ailleurs. Aujourd’hui, le stade est la maison des Calgary Stampeders, mais aussi celle de l’équipe de football de l’Université de Calgary (U of C comme on l’appelle ici), les UCalgary Dinos, reconnaissables à leur symbole de taureau furieux avec son anneau dans les naseaux.

Ce n’est pas un stade ultra-moderne comme ceux que l’on associe parfois à la NFL. Il a quelque chose de plus simple, plus petit, de plus direct. Les gradins sont rouges et bleus, les structures sont visibles, le public est proche du terrain. On sent que le lieu appartient aux habitués autant qu’à l’équipe. J’ai aussi remarqué un détail important : une loge entière est réservée aux personnes à mobilité réduite, très bien placée, avec une vraie visibilité sur le terrain. Pas reléguée dans un coin. Pas traitée comme une option. Intégrée au stade.

Le match commence avant le match : le tailgating

Avant même d’entrer dans le stade, l’ambiance est déjà lancée sur le parking. C’est le principe du tailgating, cette tradition nord-américaine qui consiste à s’installer près de son véhicule avant le match. On arrive avec son truck, on ouvre le coffre, on sort de quoi manger, parfois un barbecue, des boissons, des chaises pliantes. On discute, on grignote, on se met en condition. Le match n’est pas seulement ce qui se passe entre le coup d’envoi et le coup de sifflet final. C’est une sortie complète. Et là encore, cela dit quelque chose de la culture locale : on ne vient pas uniquement consommer un spectacle. On vient prendre sa place dans une ambiance.

Quand un touchdown déclenche un galop

Dans beaucoup de stades, un touchdown déclenche de la musique, des cris, des écrans lumineux. À Calgary, il déclenche aussi le galop d’une cavalière. À chaque touchdown des Stampeders, une cavalière, cheveux au vent, traverse le bord du terrain à toute vitesse avec le drapeau rouge de l’équipe. Les feux d’artifice partent en arrière-plan, les supporters se lèvent, les cloches se mettent à sonner. C’est spectaculaire, mais surtout très cohérent. Le cheval n’est pas un accessoire posé là pour faire couleur locale. Il est au cœur de l’imaginaire du Stampede, de l’histoire ranch de l’Alberta, du nom même des Stampeders.

Ce moment résume presque tout : le sport professionnel, la culture western, l’identité albertaine et le sens du spectacle réunis en quelques secondes.

Les cowbells : le bruit de Calgary

Dans les gradins, on n’entend pas seulement des applaudissements. On entend aussi des cloches. Des cowbells. Des vraies petites cloches rouges aux couleurs des Stampeders, que les supporters agitent dès qu’il faut encourager l’équipe ou célébrer une action. Évidemment, nous sommes repartis avec la nôtre. Et je peux dire qu’elle sonne bien et fort! Une cloche rouge, avec le cheval blanc des Stampeders. Pas l’objet le plus discret du monde, mais probablement l’un des souvenirs les plus justes de cette soirée.

Parce qu’au fond, cette cloche raconte mieux l’ambiance qu’un maillot ou une casquette. Elle dit le bruit du stade. Elle dit le côté ranch assumé. Elle dit aussi cette manière très calgarienne de faire la fête sans trop se prendre au sérieux.

Des drapeaux, des pompons et des supporters qui jouent le jeu

À chaque moment fort, les drapeaux surgissent dans les tribunes. De grandes bannières rouges des Stampeders se lèvent devant les supporters. Elles ondulent au-dessus des gradins, pendant que le stade crie et que les cowbells résonnent. Mais l’image qui m’a le plus amusée, ce sont peut-être les pompons. Pas seulement dans les mains des cheerleaders. Dans les mains des enfants, des mères, des pères, des grands-pères, des supporters en maillot et chapeau de cowboy. Tout le monde participe. Personne ne semble se demander si c’est ridicule. C’est précisément ce qui rend l’ambiance attachante.

Il y a une vraie ferveur. De vrais fans. Des maillots portés avec fierté. Des habitués qui connaissent les chants, les moments, les rituels. Et l’atmosphère reste joyeuse, familiale, bon enfant. On n’est pas dans une grosse machine intimidante. On est dans une fête populaire.

La “World’s Fastest Cow” : l’humour local en plein milieu du terrain

À la pause, le stade a droit à une animation très sérieusement baptisée World’s Fastest Cow. Le principe ? Une course contre une personne déguisée en vache. Cette année, le concurrent de la fameuse “vache” était un ancien grand nom du football. Et tout le stade jouait le jeu. Parce qu’ici, faire courir une « vache  » sur un terrain de football pendant le Stampede Bowl n’a rien d’absurde. C’est presque logique. C’est exactement ce type de détail qui ne se transmet pas vraiment à la télévision. Sur un écran, on voit une animation. Dans le stade, on comprend l’esprit : un mélange d’autodérision, de références ranch, de spectacle familial et de plaisir collectif.

Des cheerleaders, une fanfare et un stade qui ne laisse jamais retomber l’énergie

Entre deux actions, les cheerleaders des Stampeders prennent le relais. Portés, acrobaties, pancartes “Make some noise” et “Get loud”, chorégraphies, sourires. Tout est fait pour maintenir l’énergie. Il y a aussi la musique, les écrans géants, les animations avec le public. Et puis il y a le groupe musical du Stampede. Plusieurs fois récompensé au niveau mondial. Je suis une grande admiratrice de leurs performances, il s’agit du Calgray Stempede Showband. Talentueux, précis, très présent. Là encore, on n’est pas seulement dans un match. On est dans une mise en scène complète, où chaque pause devient un prétexte à rappeler que le Stampede approche.

Une cavalière, un drapeau canadien et l’hymne

L’un des moments les plus marquants a eu lieu pendant l’hymne national, en tout début de rencontre. Une cavalière a traversé le stade à toute vitesse avec le drapeau canadien. Le public debout, le grand drapeau sur le terrain, la musique, les chapeaux, le cheval lancé au galop : difficile de faire plus canadien. Et difficile de faire plus albertain. Ce moment aurait pu être trop solennel. Il ne l’était pas. Il était impressionnant, mais simple. Spectaculaire, mais sans lourdeur. À l’image de l’événement.

Une ville qui célèbre aussi ceux qui la font vivre

Le Stampede Bowl ne se limite pas aux joueurs et au spectacle. Au cours du match, deux personnes de la communauté ont été mises à l’honneur sur l’écran géant. L’une est connue comme beer guy pendant les matchs. L’autre, en fauteuil roulant, accueille les spectateurs lors des rencontres. Tous deux vivent avec un handicap. Tous deux font partie de l’expérience du stade. Et ce soir-là, ils ont reçu le White Hat du maire de Calgary, ce chapeau blanc emblématique remis aux personnes qui incarnent l’hospitalité et l’esprit de la ville.

J’ai trouvé ce moment très parlant. Dans un stade, on applaudit évidemment les joueurs. Mais ici, on a aussi pris le temps de célébrer ceux qui rendent le lieu vivant, accueillant, humain. Cela ajoute une autre dimension à l’événement. Le Stampede Bowl ne raconte pas seulement le folklore western. Il raconte aussi une certaine idée de la communauté et du vivre ensemble dans la diversité.

Pas un match comme les autres

Ce soir-là, les Stampeders affrontaient les Argonauts de Toronto. Il y avait un score, des actions, des touchdowns, des supporters attentifs au jeu. Mais pour ma part, ce n’est pas ce que je retiens d’abord. Le Stampede Bowl n’est pas encore une vieille tradition. Il n’en est qu’à sa deuxième édition. Mais justement, c’est ce qui le rend intéressant : on a l’impression d’assister à la naissance d’un rituel.

Un rituel très calgarien. Pas un simple match avant le Stampede.

Une manière de dire que, pendant cette période de l’année, même le football se met à parler le langage de l’Alberta.

Goûts de France à Calgary.

À Calgary, certaines trouvailles ont le goût de la France. Fromages, crème fraîche, biscuits, sirops, endives ou produits bruts : voici mes adresses et mes repères pour retrouver ces petits trésors qui rappellent la maison et permettent aussi de transmettre un peu de culture française à ses enfants.

On est passé devant un nombre incalculable de fois, sans entrer…À chaque fois, on se disait la même phrase : “Il faudrait qu’on y aille.”

Et puis comme souvent, on ne prend pas le temps. Jusqu’à ce midi-là, à Marda Loop. On a enfin poussé la porte de cette fromagerie devant laquelle on était déjà passés tant de fois sans jamais s’arrêter. Et là, sans prévenir : comté, Istara, fromages de chèvre, Chips Superbon, bresaola, produits européens soigneusement alignés… Pas une copie. Pas une approximation. Des produits qu’on connaît vraiment, des produits qui nous parlent immédiatement.

Et ce moment-là, très simple en apparence, a déclenché quelque chose chez moi: l’idée de recenser quelques petites trouvailles que l’on fait quand on vit loin de la France. Ces petites victoires du quotidien, aussi.

Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’on ne s’intègre pas. Bien au contraire. On découvre, on apprend, on s’adapte, on construit une vie ici. Mais comme on dit parfois au Canada, on a la France tatouée sur le cœur. Et quand on vit loin de chez soi, tomber sur certaines saveurs, sur certains produits, sur certaines marques, cela fait du bien. Cela ramène des souvenirs, cela crée des moments un peu nostalgiques, des moments qualitatifs, des moments de rassemblement aussi.

Quand on est parent et qu’on élève ses enfants à l’étranger, cela prend même une autre dimension. Voir une confiture Bonne Maman, des petits beurres, un sirop Paquito ou une crème fraîche, ce n’est pas seulement se faire plaisir à soi. C’est aussi se dire : “Tiens, ça, je vais leur faire goûter. Ça aussi, ça fait partie de nous.” Derrière un produit très simple, il y a parfois une mémoire, une transmission, un petit morceau de culture que l’on continue à faire vivre.

Ces petits trésors qui rappellent la maison

Il y a des choses qu’on quitte sans trop y penser. Et puis un jour, au détour d’un rayon, on tombe dessus. Et là, sans prévenir, cela fait quelque chose. Ce ne sont pas forcément des produits rares. Ce ne sont pas forcément des produits luxueux. Ce sont parfois juste des produits du quotidien. Mais justement, c’est bien pour cela qu’ils comptent autant.

Les biscuits de l’enfance et du goûter

Il y a par exemple les petits beurres St Michel. Rien que le paquet suffit à réveiller quelque chose. Ce sont des biscuits simples, sans prétention, mais qui rappellent immédiatement le goûter, les placards de la maison, les habitudes les plus ordinaires et donc les plus précieuses aussi.

Dans le même esprit, on peut aussi tomber sur des crêpes dentelle au chocolat au lait, ces petites douceurs que l’on ne pense pas forcément chercher, mais qu’on est ravis de retrouver quand elles apparaissent devant nous. j’ai pu trouver ces petites merveilles sur amazon canada, par exemple. Les prix ne sont pas ceux de France évidemment, mais on peut choisir de se faire plaisir une fois de temps en temps.

L’indispensable absolu : la crème fraîche

Et puis il y a les produits qui ne relèvent même plus seulement du plaisir, mais bien de la nécessité culinaire. La crème fraîche, par exemple. Parce que, soyons honnêtes : cuisiner français sans crème fraîche, c’est inimaginable. Un gratin, une sauce, une quiche, certains plats mijotés… Sans crème fraîche, ce n’est plus tout à fait pareil. Ce n’est pas juste une habitude. C’est une manière de cuisiner. Une texture. Un goût. Un réflexe. J’ai erré pendant 9 mois avant de trouver cette crème fraîche!! On dit merci à Safeway, si vous y allez elle est du côté des paneers et sour cream.

Les produits qui évoquent immédiatement la France

Il y a aussi tous ces articles qui, dès qu’on les voit, nous renvoient tout de suite à quelque chose de très français : une confiture, un fromage, un biscuit, un sirop, une charcuterie, un produit un peu brut qu’on utilisera ensuite dans une recette maison. Tous ces produits ont en commun de recréer des repères très simples, mais très forts.

Les fromages et charcuteries qui déclenchent tout

La visite à la fromagerie de Marda Loop a justement remis cela en lumière. Parce que certains produits provoquent une réaction immédiate. Le comté en fait partie. Tout comme l’Istara, les fromages de chèvre ou encore la bresaola. Ce ne sont pas juste des aliments. Ce sont des goûts précis, des habitudes, une culture du repas, du partage, de l’apéritif, du dîner improvisé avec un bon pain. C’est aussi le plaisir de reconnaître quelque chose sans avoir besoin de l’expliquer.

Tomber sur ces produits-là à Calgary, ce n’est pas banal. Ce n’est pas anodin non plus. Cela rappelle qu’au-delà du changement de pays, certaines parties de nous restent façonnées par notre vie d’avant aussi.

Où trouver ces produits à Calgary ?

Avec le temps, on finit par repérer les enseignes qui ont ce dont on a besoin. Toutes ne jouent pas le même rôle, et toutes n’offrent pas la même diversité.

Real Canadian Superstore : l’adresse à retenir pour la diversité

Il faut forcément citer Real Canadian Superstore. À mon sens, c’est l’une des enseignes les plus intéressantes quand on essaie de retrouver certains repères culinaires français (et internationaux) à Calgary.

Pourquoi ? Parce qu’avec leurs très grandes surfaces et leur gros volume, les Superstore peuvent proposer davantage de diversité, en particulier du côté des fruits et légumes, mais pas seulement. C’est probablement, avec Walmart, l’enseigne qui se rapproche le plus de ce que l’on connaît en France en matière de variété d’offre. Je ne parle pas forcément ici de qualité, mais bien de diversité et de possibilités.

C’est typiquement là que l’on va plus facilement retrouver :

  • des endives ;
  • des betteraves déjà cuites sous vide, comme on en trouve en France ;
  • des crevettes entières avec la tête, utiles pour certaines préparations ;
  • plus largement, des produits bruts qui permettent ensuite de cuisiner à partir de l’ingrédient.

Et cela compte énormément quand on a une cuisine assez française dans sa manière de fonctionner. Parce qu’en France, on part souvent de l’ingrédient pour faire le repas. On transforme. On assemble. On cuisine à partir d’éléments simples. Pouvoir retrouver ce type de produits à Calgary fait donc une vraie différence. Autre avantage : les grandes enseignes comme Superstore ont aussi généralement de grosses sections de produits internationaux. Ce n’est pas systématique, bien sûr, et l’on ne trouve pas toujours les mêmes choses, mais c’est là qu’on a le plus de chances de tomber sur certains articles européens ou français.

Walmart : une autre option intéressante

Walmart fait aussi partie des enseignes à garder en tête pour des raisons assez proches. Là encore, les surfaces plus importantes permettent d’avoir une offre plus large et plus variée que dans des magasins plus petits (variété des fruits et légumes, rayon internationaux fournis). Ce n’est pas toujours l’enseigne à laquelle on pense en premier quand on parle de cuisine française, mais dans les faits, elle peut rendre service pour retrouver certains produits ou certains formats que l’on ne voit pas partout ailleurs.

Safeway : une petite section, mais de vraies trouvailles

Chez Safeway, l’offre est plus réduite, mais elle existe bel et bien. On y trouve une petite section de produits internationaux et européens, dans laquelle on peut faire de jolies découvertes. C’est notamment là que l’on peut tomber sur des sirops Paquito ,par exemple des sirops de grenadine comme on en connaissait en France, des biscuits la mère Poulard. On peut aussi y voir certaines confitures françaises (Bonne maman), ainsi que quelques biscuits et produits importés.

Safeway est aussi l’un des endroits où l’on peut parfois retrouver du Saint Agur, Tipiak ou du Leerdammer, ce qui mérite d’être souligné pour les amateurs de fromage. Ce n’est pas le magasin le plus fourni sur ce terrain-là, mais il a le mérite d’offrir, de temps en temps, ce petit rayon qui fait plaisir et qui provoque un arrêt immédiat du chariot.

HomeSense : la surprise à laquelle on ne pense pas

Et puis il y a l’adresse la plus inattendue de cette liste : HomeSense. On n’y va évidemment pas pour faire ses courses alimentaires de la semaine. Et pourtant, il ne faut surtout pas négliger leurs rayons alimentaires, parce qu’on y trouve parfois de très belles surprises, souvent à des prix intéressants.

On y a déjà trouvé plusieurs fois :

  • des biscuits La Mère Poulard ;
  • des sablés de type biscuits de l’abbaye, notamment aux fruits rouges ;
  • des biscuits St Michel de façon assez régulière.

C’est le genre d’endroit où l’on ne cherche rien de précis, mais où l’on est ravi de tomber sur ce type de produits. Et comme les prix sont souvent plutôt attractifs, cela vaut vraiment le coup de garder un œil sur les arrivages.

Des trouvailles qui vont au-delà du simple plaisir gourmand

Ce que j’aime dans toutes ces petites découvertes, c’est qu’elles dépassent largement la simple question de la gourmandise. Bien sûr, il y a le plaisir immédiat de retrouver un goût connu. Mais il y a aussi autre chose : le réconfort, la mémoire, la continuité. Le fait de pouvoir recréer ici des petits morceaux de là-bas. Quand on vit à l’étranger, tout n’a pas besoin d’être spectaculaire pour compter. Parfois, ce qui fait du bien, ce sont précisément ces choses modestes. Un paquet de biscuits. Un pot de crème fraîche. Une confiture. Un fromage qu’on reconnaît. Un sirop qu’on n’avait pas vu depuis longtemps.

Et quand on a des enfants, cela devient aussi une manière très concrète de transmettre quelque chose. De faire goûter. De raconter. De dire : “Nous, on connaissait ça.” Ou encore : “Tiens, ça, c’est très français.” Ce sont de petits gestes, mais ils participent à construire une continuité entre les générations, entre le pays d’origine et le pays de vie.

Ces petites victoires du quotidien

Au fond, c’est peut-être cela, le vrai sujet. Ces produits ne sont pas seulement des achats. Ce sont des petites victoires du quotidien. Des moments où l’on retrouve un repère. Des instants où l’on se sent un peu reconnecté à une partie de soi. Des occasions de cuisiner comme on aime, de partager comme on aime, de transmettre un peu de son histoire à ses enfants. On ne retrouvera jamais tout exactement comme en France. Et ce n’est pas le but non plus. Sinon la meilleure option aurait été de rester en France (LOL).

Mais retrouver suffisamment pour cuisiner, pour se souvenir, pour sourire devant un rayon, pour improviser un goûter ou un repas qui ressemble à ceux d’avant… cela compte énormément. Et finalement, cette visite à Marda Loop aura servi à cela : me rappeler qu’au milieu de toutes les découvertes que permet la vie à Calgary, il existe aussi ces petits trésors qui rappellent la maison.

Et honnêtement, quand on les trouve, ils font du bien.