Nous étions partis de Calgary avec une idée assez simple : prendre la direction de l’Ouest et aller jusqu’au Pacifique.
Après Jasper, les forêts de Colombie-Britannique, Kamloops, les paysages presque lunaires de Lillooet et les montagnes de Whistler, nous approchons enfin du but. Mais avant Vancouver, la route nous réserve encore quelques surprises.
Squamish, premier parfum de côte Ouest

En quittant Whistler vers Vancouver, la Sea to Sky Highway continue d’offrir des paysages magnifiques. Nous faisons notamment une halte à Squamish, petite ville dont le développement est assez impressionnant.

L’ambiance y est déjà différente. Petits commerces, artisanat, marché, produits locaux, alimentation bio, cafés… On commence à retrouver cette fameuse ambiance typique de la côte ouest nord-américaine et une certaine douceur de vivre que nous avions déjà ressentie à Whistler. Squamish semble être l’une de ces villes autrefois relativement discrètes qui prennent progressivement de l’importance, portées par leur cadre exceptionnel et leur proximité avec Vancouver.
Puis nous reprenons la route. Et, au bout d’un moment, il apparaît.
Le Pacifique. Ou plus exactement Howe Sound, cette immense avancée de mer qui s’enfonce entre les montagnes. Après tous ces kilomètres, le moment a quelque chose d’un peu particulier.

Nous sommes partis des Prairies, avons traversé les Rocheuses puis une bonne partie de la Colombie-Britannique. Cette fois, nous sommes arrivés au bout du continent.

Vancouver, des retrouvailles pour nous

Vancouver n’était pas une découverte pour nous. Nous avions déjà visité la ville plusieurs années auparavant et en avions gardé un excellent souvenir. Ce retour avait donc aussi des airs de retrouvailles. Et le charme fonctionne toujours.
Vancouver est une métropole nord-américaine avec tout ce que cela implique : de grands immeubles, beaucoup de verticalité, une circulation parfois importante et un stationnement qui peut rapidement devenir sportif dans certains secteurs.

C’est également une ville chère, ce que l’immobilier, les restaurants et certains services se chargent assez rapidement de rappeler.
Et puis il existe un autre Vancouver. Dans certaines parties du centre-ville, la grande richesse de la métropole côtoie une précarité très visible ainsi que les conséquences de la crise des drogues qui touche la région. Le contraste peut être saisissant et fait aussi partie de la réalité de la ville.
Mais Vancouver possède un avantage extraordinaire : son environnement. Ici, la grande ville rencontre directement la montagne et l’océan. Et grâce à l’influence du Pacifique, le climat est aussi sensiblement plus doux que celui que nous connaissons à Calgary.
Canada Place : regarder vivre le port
S’il y a un endroit où prendre immédiatement la mesure de la situation géographique de Vancouver, c’est son bord de mer Canada Place. On peut évidemment s’y promener, profiter de la vue et rejoindre facilement différents secteurs du centre-ville. Et nous pourrions rester très longtemps simplement à regarder ce qui se passe sur l’eau.

Les hydravions assurent un véritable ballet : ils arrivent, amerrissent, repartent et s’envolent au-dessus de la baie. Certains transportent des touristes, d’autres permettent tout simplement de rejoindre différentes destinations de la région. Et Vancouver est également un important point de départ pour les croisières vers l’Alaska.
Lors de notre passage, un véritable monstre des mers attendait son départ : le Discovery Princess. Et au moment de quitter le port de Vancouver, le bateau nous a gratifiés de quelques notes particulièrement reconnaissables : celles de The Love Boat, la série connue en France sous le nom de La Croisière s’amuse. Le clin d’œil est plutôt bien trouvé : le bateau emblématique de la série était le Pacific Princess.
Il fallait évidemment que je raconte ça. 😅
Stanley Park : Vancouver, la nature et les Premières Nations

Impossible de parler de Vancouver sans évoquer Stanley Park. Pour sa situation et ses paysages, évidemment. La forêt occupe une place unique à quelques minutes seulement des immeubles du centre-ville et, depuis le littoral, on profite de superbes perspectives sur l’eau et la ville. Mais Stanley Park est également intéressant pour une autre dimension de Vancouver : la présence des Premières Nations dans la fabrique culturelle de la ville.

Elle se retrouve dans l’espace public, les noms, certaines indications en langues autochtones, les œuvres et les représentations que l’on rencontre. À Brockton Point, les célèbres poteaux sculptés permettent notamment d’observer les traditions artistiques de différentes Premières Nations de la côte Nord-Ouest.
Lorsque l’on vit en Alberta, la différence visuelle est frappante. Les formes, les couleurs et certaines représentations animales ou spirituelles appartiennent à des traditions artistiques différentes de celles que l’on rencontre dans les Prairies. C’est aussi cela, traverser l’Ouest canadien : les paysages changent, et les cultures également.
Gastown et Granville Island : oui, ce sont des incontournables!




Nous n’allons pas prétendre vous révéler un secret : si vous cherchez quoi voir à Vancouver, Gastown apparaîtra dans à peu près tous les guides. Et pour cause. Le quartier permet de retrouver une architecture plus ancienne au milieu d’une ville largement moderne. Et oui, vous finirez probablement devant la célèbre Steam Clock, comme tout le monde. 😅 Toutes les demi-heures, elle attire son petit groupe de curieux venus attendre son sifflement et ses jets de vapeur.
Très touristique ? Absolument. À voir quand même ? Pour moi, oui.
Autre classique : Granville Island et son Public Market. Le trajet peut déjà faire partie du plaisir si vous empruntez l’un des petits bateaux qui assurent les traversées, ce sont des sortes de taxis aquatiques qui permettent de découvrir la ville autrement.


Sur place : marché, nourriture, commerces et cette ambiance très caractéristique qui mérite largement qu’on y consacre du temps.


Vancouver avec des enfants
Vancouver fonctionne également très bien comme destination familiale. Le Vancouver Aquarium, situé dans Stanley Park, constitue évidemment une une sortie possible.



Nous avons également apprécié Science World, que l’on pourrait grossièrement présenter aux Français comme un cousin du Palais de la Découverte : sciences, expérimentations, manipulations et activités permettant aux enfants d’apprendre en testant. C’est le genre d’endroit qui permet aussi de varier les journées lorsque tout le monde n’a pas envie d’enchaîner les visites urbaines.
Et pour une pause nettement moins éducative mais unanimement approuvée par notre famille : Vancouver possède également un Lindt Café. Oui. On peut acheter ses chocolats… mais aussi les boire. 😅

Une ville tournée vers l’Asie
On ne peut pas comprendre Vancouver uniquement en regardant sa géographie. Il faut aussi regarder sa population — et donc aussi son assiette. La ville possède une très importante influence asiatique, fruit des différentes vagues d’immigration qui ont participé à son histoire et continuent de façonner son identité.


Pour les gourmands, c’est une excellente nouvelle. Cuisine japonaise, chinoise, coréenne… l’offre est immense et il est possible de trouver d’excellentes adresses dans des gammes de prix très différentes.
C’est probablement l’un des aspects que nous apprécions particulièrement à Vancouver : on sent que la ville regarde vers le Pacifique, géographiquement mais aussi culturellement. Et puisque nous sommes Français, signalons quand même qu’il est possible d’y retrouver quelques repères familiers, notamment Ladurée et PAUL.
On ne se refait pas. 😌


Une ville où le football prend aussi sa place
Notre passage avait cette fois une saveur particulière. Vancouver venait tout juste de vivre la Coupe du monde 2026, dont elle avait été l’une des villes hôtes. Autour du stade, certaines traces de l’événement étaient encore visibles. Mais nous avons surtout remarqué la présence du football dans la ville : maillots dans les rues, supporters et visibilité croissante d’un sport que l’on n’associe pas forcément spontanément au Canada depuis l’Europe.

Vancouver possède évidemment déjà son club, les Whitecaps, mais il était intéressant d’observer la ville quelques semaines seulement après avoir accueilli le plus grand événement du football mondial. Quelque chose semble être en train de prendre. Et je ne vais certainement pas m’en plaindre.

Et si vous avez davantage de temps : Victoria
Cette fois-ci, notre itinéraire ne nous permettait pas de poursuivre davantage. Mais lors d’un précédent voyage, nous avions profité de Vancouver pour rejoindre Victoria, sur Vancouver Island. Et si votre planning le permet, je recommande chaudement cet ajout.
Le ferry fait déjà partie du voyage : on quitte le continent et navigue au milieu des îles avant de rejoindre Vancouver Island. Victoria possède une atmosphère très particulière. Son héritage britannique donne parfois l’impression qu’un petit morceau d’Angleterre a été transporté sur la côte Ouest canadienne. Le port, l’architecture, les jardins et cette douceur de vivre en font une très belle extension d’un séjour à Vancouver.
Le Pacifique, enfin
Vancouver était l’objectif symbolique de notre voyage. Pas parce que nous ne connaissions pas la ville, mais parce que cette fois, nous y étions arrivés par la route depuis Calgary. Lorsque l’on prend l’avion, les Rocheuses, les forêts, les plateaux arides, les canyons et les milliers de kilomètres qui séparent les Prairies du Pacifique disparaissent en à peine heure avant d’atterrir à Vancouver, depuis Calgary.
Par la route, c’est une autre expérience, on comprend physiquement les distances. On voit les paysages changer. On découvre à quel point une même province peut passer de forêts presque infinies à des terres arides avant de retrouver montagnes, lacs et océan.
Et puis, après tout cela, on arrive à Vancouver. Devant nous, il n’y a plus de montagne à franchir pour continuer vers l’Ouest. On est arrivés au bout (du monde).
Il y a le Pacifique. Promesse tenue. 🌊
