Whistler côté été : un coup de coeur évident

Deux jours à Whistler pour découvrir une station qui sait parfaitement vivre sans la neige : nature, culture, bonnes adresses et cet art de vivre qui en a fait l’un de nos coups de cœur en Colombie-Britannique.

Après plusieurs jours de road trip et une étape entre Kamloops (Lillooet) et Whistler qui aura été assez exigeante, nous étions contents d’arriver. Et moi encore plus après le tronçon sur la Sea to Sky Highway! Whistler a été une récompense à la hauteur. Nous y sommes restés deux jours, soit assez de temps pour poser les valises, ralentir et découvrir une destination qu’il est facile d’aimer.

Parce que tout simplement Whistler est une belle destination. Très belle même. Elle est aussi très bien aménagée, agréable à parcourir à pieds et dotée d’un niveau de service qui participe énormément à l’expérience.

Soyons clairs cependant : Whistler est une station de montagne haut de gamme. Et il n’y a pas d’équivoque là dessus.

Un petit air de Chamonix… mais pas tout à fait

Pour donner un point de comparaison aux lecteurs français, Whistler peut, par certains aspects, évoquer Chamonix : une station de montagne connue internationalement, de grandes infrastructures sportives, une clientèle touristique et un niveau de gamme élevé. Mais la comparaison s’arrête assez vite.

Whistler nous a paru plus étendue, plus ouverte et organisée autour d’un véritable art de vivre en montagne. Le luxe est incontestablement là — le prix des hébergements et de l’immobilier se charge rapidement de vous le rappeler — mais il n’est pas particulièrement ostentatoire. Il se trouve plutôt dans le cadre, la qualité des aménagements, les services et cette impression que tout a été pensé pour rendre le séjour agréable.

Et après plusieurs jours sur la route, parfois dans des situations un peu aventureuses, nous avons eu pendant deux jours une véritable sensation de slow life en vacances. Marcher. Prendre un café. Flâner dans les magasins. Regarder les gens passer avec leur chien. Aller au lac. Dîner. Entrer dans une boutique. Ne pas regarder constamment l’heure.

Bref : ralentir.

Whistler Village : tout est là

Le cœur de Whistler est particulièrement agréable à parcourir à pied. On y trouve évidemment les commerces et restaurants que l’on attend d’une grande destination touristique, mais aussi un bureau de poste (belle occasion d’envoyer des cartes à ses proches, avec le tampon de Whistler), de quoi faire ses courses, des espaces pour les enfants, des pubs et de nombreuses (petites) boutiques.

Et c’est justement dans ces commerces indépendants que nous avons le mieux perçu cet art de vivre : décoration, objets artisanaux, tricots pour la maison, plaids, cosmétiques ou produits fabriqués localement…

Même commander un café peut devenir une expérience. 😅

Certains établissements prennent littéralement leur temps : préparation minutieuse, présentation travaillée, décor particulièrement soigné. Vous n’êtes pas forcément venu uniquement chercher votre dose de caféine ; vous êtes aussi venu passer un moment. Et tomber amoureux, des London Fogs en ce qui me concerne.

Côté restauration dans le Village, en revanche, nous avons trouvé certaines adresses un peu plus « attrape-touristes ». Rien de très surprenant pour une destination de cette importance : il faut simplement accepter de chercher un peu si l’on veut autre chose que l’offre la plus évidente.

🚗 Un mot sur le stationnement: Whistler est très bien aménagée, mais se garer à proximité de certains sites n’est pas toujours évident, surtout lorsqu’il y a du monde. Avant de partir vers un lac ou une activité, vérifiez les possibilités de stationnement plutôt que de présumer que vous pourrez vous garer juste devant.

Une station de ski qui a parfaitement compris l’été

Whistler est évidemment mondialement connue pour les sports d’hiver et a accueilli une partie des épreuves des Jeux olympiques d’hiver de Vancouver en 2010.

Les anneaux olympiques sont d’ailleurs toujours là. Mais ce qui nous a surtout frappés, c’est la manière dont la station exploite ses infrastructures une fois la neige disparue. L’été ne donne absolument pas l’impression d’être une saison d’attente avant le retour des skieurs.

Whistler devient notamment un immense terrain de jeu pour le VTT. Les cyclistes embarquent avec leurs vélos depuis le centre de la station, dans les cabines téléphériques (gondolas), gagnent les hauteurs puis redescendent par les pistes aménagées sur la montagne.

Ajoutez les randonnées, les lacs, le paddle, la baignade et toutes les activités de plein air : Whistler a réussi à devenir une véritable destination quatre saisons.

Et les paysages restent évidemment au rendez-vous.

L’Audain Art Museum : un vaisseau dédié à l’art au milieu des arbres

Whistler ne se résume heureusement pas au sport et aux activités de montagne. Nous avons visité l’Audain Art Museum. C’est un lieu remarquable à commencer par son architecture. Le bâtiment contemporain semble être installé au milieu de la végétation sans chercher à la dominer. Le bois apporte de la chaleur tandis que de grandes surfaces vitrées maintiennent une ouverture permanent vers l’extérieur.

À certains endroits, on a presque l’impression d’être dans une capsule posée au milieu de la forêt. La collection permet notamment de découvrir des œuvres autochtones qui dialoguent avec d’autres périodes et formes de création, jusqu’à l’art contemporain. C’est finalement un musée que l’on apprécie autant pour ce qu’il contient que pour la manière dont il a été pensé : le bâtiment, les œuvres et la forêt participent ensemble à l’expérience.

Au bord de Nita Lake

Pour découvrir un autre visage de Whistler, il faut également s’éloigner un peu du Village et rejoindre le lac. Nous avons notamment beaucoup apprécié le secteur de Nita Lake. L’été, on y nage, fait du paddle ou profite simplement du bord de l’eau, entouré par la forêt et les montagnes. Difficile de faire beaucoup plus agréable.

Nous sommes revenus dans ce secteur pour dîner au Nita Lake Lodge, un très bel hôtel installé au bord du lac. Le cadre est superbe, la décoration soignée, l’accueil excellent et l’assiette à la hauteur. C’est exactement le genre d’endroit qui résume assez bien ce que Whistler sait faire : proposer une expérience haut de gamme sans nécessairement tomber dans le luxe tapageur.

Et une petite scène nous a permis de mesurer jusqu’où peut aller ce niveau de service. À l’entrée du Lodge, nous avons discuté avec un fromager français. Il venait de préparer un plateau de fromages destiné à une réception privée organisée ailleurs. Pour venir récupérer le plateau ?

Un voiturier avait été envoyé.

Voilà. Nous sommes à Whistler. 😅 Le luxe est parfois une suite présidentielle et du champagne. Ici, il peut aussi prendre la forme d’un voiturier spécialement mandaté pour récupérer votre plateau de fromages.

Une destination très facile à aimer

Au bout de ces deux jours, Whistler aura été l’un de nos véritables coups de cœur du voyage. Un de ses moments phares. Il y a bien sûr des contreparties. La destination est chère, très touristique et certaines choses nécessitent un peu d’organisation, notamment le stationnement. Mais nous avons surtout retenu la qualité de vie que la station parvient à mettre en scène.

On peut commencer la journée dans un café, partir marcher, visiter un musée, regarder les VVTistes dévaler la montagne, se baigner ou faire du paddle dans un lac puis terminer autour d’une bonne table. Le tout entouré de montagnes et de forêts.

Et malgré les hôtels, les propriétés luxueuses (n’hésitez pas à récupérer un magazine avec des annonces de vente de propriétés pour vous faire une idée des prix des biens dans le secteur), les boutiques, les restaurants et toutes ces infrastructures, Whistler n’a jamais complètement domestiqué son environnement.

Nous allions d’ailleurs en avoir une dernière démonstration en mode réalité non augmentée. Le jour du départ, nous quittons notre logement en voiture. Nous avons parcouru quoi… 500 mètres ?

Et là, pile devant notre véhicule, un jeune ours brun essaie de traverser la route. Nous avons ralenti pour le laisser passer, il semblait stressé par la circulation. Tout le monde s’immobilise dans les deux sens du trafic. L’animal, visiblement beaucoup moins enthousiaste que nous à l’idée de cette rencontre, finit par traverser et disparaître.

Nous avions emprunté cette même zone plusieurs fois pour aller dîner tranquillement les soirs. Quelques jours auparavant, les panneaux « You are in bear country » rencontrés sur la route pouvaient encore donner l’impression de concerner surtout les grandes étendues sauvages que nous venions de traverser.

Pas vraiment.

À Whistler, vous pouvez boire un café préparé pendant dix minutes, visiter un superbe musée d’art contemporain, faire livrer votre plateau de fromages par voiturier…

et croiser un ours à 500 mètres de chez vous.

Bienvenue au Canada. 🐻

De Kamloops à Whistler par Lillooet : la route qui devait durer quatre heures

De Kamloops à Whistler par Lillooet, changement de décor : canyons arides, paysages presque lunaires puis montagnes et forêts. Une route spectaculaire qui rappelle qu’ici, le trajet fait pleinement partie du voyage.

Dans l’épisode précédent de notre road trip vers l’Ouest, nous quittions Jasper pour entrer en Colombie-Britannique par le mont Robson avant de rejoindre Kamloops. Pour cette nouvelle étape, direction Lillooet puis Whistler.

Notre GPS nous annonce environ quatre heures de route.

Quatre heures. Nous en reparlerons vous avais je dit. 😅

Car cette étape va nous offrir certains des paysages les plus surprenants de notre voyage, mais aussi nous rappeler une règle importante : dans l’Ouest canadien, le temps indiqué par le GPS et le temps qu’il faut réellement consacrer à une route sont parfois deux choses très différentes.

Un Canada auquel on ne s’attend pas forcément

Nous quittons Kamloops et les paysages secs découverts la veille se poursuivent. Et plus nous avançons, plus ils deviennent spectaculaires.

Canyons, poussière, végétation basse, reliefs déclinant toutes les nuances de brun et d’ocre… Par endroits, le décor paraît presque martien.

Dans l’imaginaire européen, ce sont probablement des paysages que l’on associerait plus volontiers à certains secteurs de l’Arizona ou du Colorado qu’au Canada. Et pourtant, nous sommes bien en Colombie-Britannique.

C’est une beauté brute, sauvage, parfois presque austère, qui permet surtout de mesurer une nouvelle fois la diversité de cette immense province. Dans ce territoire apparemment hostile, un élément devient particulièrement visible : l’eau.

La rivière agit comme un véritable cordon de vie. Les petites localités apparaissent le long de son cours, installées là où l’eau a rendu la présence humaine possible.

Et tout autour : l’immensité, le vide.

Une route qui fait partie du spectacle

La route aussi devient progressivement spectaculaire. Elle épouse les reliefs, forme des lacets, longe les canyons, monte et redescend. À certains endroits, lorsqu’on regarde le paysage, on se demande presque comment quelqu’un a pu décider qu’il fallait réussir à faire passer une route ici. C’est peut-être ce qui m’a le plus frappée : la puissance de la nature d’un côté et l’obstination humaine de l’autre.

Face à ces montagnes, ces canyons et ces kilomètres de territoire presque inhabité, l’humain paraît minuscule. Et pourtant, il a réussi à tracer un passage. Des points de vue aménagés permettent heureusement de s’arrêter en sécurité à plusieurs endroits. Profitez-en : certains panoramas sur la rivière et les canyons sont magnifiques et permettent aussi de mieux observer la façon dont l’eau et le relief ont façonné le territoire.

Je ne suis personnellement pas une grande amatrice du vide et de l’altitude — autant être honnête ! — et certaines portions m’ont donc paru éprouvantes. Mais même avec cette sensibilité, impossible de ne pas reconnaître à quel point le paysage est impressionnant.

📸 Mais… où sont les photos ?

Il n’y en a quasiment pas. 😅 Moi que ma famille surnomme « Tintin reporter » parce que je photographie absolument tout pour le blog, j’ai passé une bonne partie du trajet côté passager… penchée vers le conducteur pour ne pas regarder le vide. Voilà. Je pense que ça vous donne une assez bonne idée de mon état. 😂

Quatre heures sur Google ? Pas vraiment

C’est probablement le conseil principal de cette étape : ne construisez pas votre journée autour du temps annoncé par votre GPS. La route est sinueuse, avec de fortes montées et descentes, et les possibilités de dépassement sont parfois limitées. On peut donc passer un bon moment derrière un poids lourd, un autocar, un camping-car ou une caravane sans pouvoir le dépasser en sécurité. Les caravanes/mobiles homes sont très courants au Canada et peuvent également être loués par des voyageurs qui ne sont pas nécessairement habitués à conduire un véhicule de ce gabarit. Ajoutez à cela les pentes et les virages : les vitesses peuvent considérablement diminuer.

Après Lillooet, nous nous sommes ainsi retrouvés derrière un car touristique qui progressait autour de 40 km/h dans la montagne.

Impossible de passer. Nous avons donc adapté la vitesse, jusqu’à ce quil soit possible de doubler.

Whistler n’allait pas partir.

Si vous devez récupérer les clés d’un hébergement ou arriver à une heure précise, prévoyez une vraie marge. Quatre heures de conduite théorique peuvent facilement devenir cinq ou six heures consacrées à cette étape avec déjeuner, pauses et conditions rencontrées. Nous ne nous sommes pas pris pour Fangio pour essayer de « récupérer » un éventuel retard. Et nous sommes arrivés quand nous sommes arrivés.

🚗 Pour profiter de la route sereinement

Prenez votre temps, soyez patient et partez reposé. Évitez de vous lancer sur cette route si vous êtes fatigué ou après avoir bu et, personnellement, je privilégierais clairement un trajet de jour.

Si vous êtes sensible au mal des transports ou au vide, regardez autant que possible la route devant vous plutôt que le ravin, évitez lecture et téléphone et anticipez si nécessaire auprès de votre pharmacien, pour le mal des transports.

Avalanche, chutes de pierres : la montagne continue de vivre

Sur certaines portions, la signalisation rappelle que l’on traverse également des zones d’avalanche ou de chutes de pierres. Ces panneaux interdisent l’arrêt, on ne se gare évidemment pas pour prendre une jolie photo : on poursuit simplement sa route prudemment jusqu’à la sortie de la zone. On aperçoit d’ailleurs parfois des morceaux de roche tombés au bord de la chaussée. Pas besoin d’être géologue pour comprendre le message : la montagne continue de vivre et de bouger autour de nous. Encore une fois, ces panneaux ne sont pas là pour rendre le voyage anxiogène. Ils font simplement partie de la lecture de la route dans un environnement où la nature impose encore largement ses règles.

Après Lillooet : pause déjeuner et toilettes sèches

Après Lillooet, des espaces aménagés permettent de s’arrêter pour manger, avec tables de pique-nique et toilettes sèches. Ah, les toilettes sèches canadiennes. 😭 Nous en avons rencontré beaucoup pendant ce voyage et, globalement, elles étaient entretenues et équipées de papier. Mais certaines sont incontestablement plus… rustiques que d’autres.

Celles-ci ont probablement remporté notre palme des moins glam et des plus acrobatiques du voyage. 😂 Gardez simplement votre petit gel hydroalcoolique dans la voiture : il n’y a évidemment pas d’eau courante dans les toilettes sèches pour se laver les mains.

Et lorsque vous vous installez pour déjeuner, regardez aussi les panneaux. You are in bear country. Une aire de pique-nique aménagée reste une petite installation humaine au milieu du territoire des animaux sauvages.

Si vous avez prévu un bear spray pour votre voyage, c’est précisément lorsque vous sortez de la voiture dans les secteurs où son port est recommandé qu’il doit être accessible, plutôt que laissé dans le véhicule. Familiarisez-vous avec son fonctionnement avant d’en avoir éventuellement besoin. Et évidemment, après le pique-nique : nourriture et déchets repartent avec vous ou dans les poubelles prévues à cet effet.

Highway 99 : mais jusqu’où allons-nous monter ?

Après Lillooet, nous prenons la Highway 99 vers Whistler. Et ça monte. Puis ça monte encore. À un moment, une pensée finit presque inévitablement par arriver : Mais jusqu’où allons-nous monter comme ça ?

La route s’accroche à la montagne. Les virages se succèdent et, par endroits, le paysage donne une incroyable sensation de hauteur. D’un côté, le vide. Face à nous, d’immenses montagnes couvertes de forêt ressemblent presque à des murs verts. C’est vertigineux, mais également magnifique. Puis progressivement, le mouvement s’inverse. Nous redescendons.

Et après les kilomètres de brun, d’ocre, de roche et de végétation basse, le vert revient. Les forêts deviennent plus denses. La végétation plus généreuse. Les fleurs réapparaissent. Le paysage change une nouvelle fois complètement de visage et nous comprenons que Whistler approche. Et dans la rivière on voit des installations d’arbres qui font penser à des barrages de castors.

Lorsque nous regardons finalement l’heure… Non. Nous n’avons pas mis quatre heures. 😅

La route impose son rythme

Google avait dit quatre heures.

Nous avions désormais compris qu’ici, c’est la route qui décide.

Alors nous avons pris notre temps et sommes arrivés à Whistler en milieu d’après midi. 😅Dans le prochain épisode, nous posons nos valises dans la très réputée station de Whistler!

Et après toutes ces heures passées en bear country, nous allons découvrir que les ours ne vivent pas uniquement au fin fond des montagnes… 🐻